Emploi : les défis de la Congolaise

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Le développement de la République Démocratique du Congo, en vue de sa transformation en pays émergent, requiert la mobilisation d’importantes ressources humaines et financières. Ce qui nécessite une

vision nouvelle dans la mise en œuvre des changements à opérer dans tous les domaines, notamment politique, économique, financier, judiciaire, social, sécuritaire, etc.

            Le vœu du grand nombre est de voir les femmes, qui représentent la catégorie nombreuse de la population

congolaise, jouer un rôle majeur dans tous les projets de développement. Pour ce faire, la sélection doit reposer sur les critères de compétence, de l’excellence, de la méritocratie, et non sur des bases sentimentales.

            Au plan des ressources humaines, notre pays dispose d’une abondante main-d’œuvre.  Avec près de 52 % de femmes sur l’ensemble de la population congolaise, on ne peut que déplorer le fait qu’une infime minorité arrive à franchir le seuil de l’université. La raison fondamentale est que bon nombre de filles en âge de scolarité ne vont pas à l’école, faute des moyens financiers pour leur prise en charge par leurs parents.

C’est pour pallier la carence des femmes cadres de haut niveau que le  gouvernement et ses partenaires extérieurs, dont l’Unicef, la Banque mondiale, les missions de coopération et d’autres organismes, ne cessent de militer pour que tous les enfants soient à l’école, filles comme garçons. D’où aussi la devise «toutes les filles à l’école » prônée par l’Etat congolais et exécutée par les structures éducatives œuvrant sur l’ensemble du territoire national.

Dans le secteur de l’emploi, il y a lieu de noter que le président Joseph Kabila avait annoncé, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, qu’il faudrait un quota de 33% de femmes au sein de l’administration publique, des entreprises et structures étatiquesc comme paraétatiques. Cette option a été levée dans l’optique de répondre favorablement à l’un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), relatif à l’égalité des chances entre hommes et femmes dans les institutions publiques et privées.  C’est donc là une voie toute tracée pour assurer la promotion des femmes et leur

garantir un avenir meilleur aux postes de responsabilité.

Intelligentes, compétentes, sages, matures, elles sont capables de

défendre leurs compétences aux postes-clés au sein des entreprises,

des institutions, ainsi que dans les organisations où elles travaillent. Mais elles se butent encore à plusieurs obstacles d’ordre social, juridique, culturel et religieux, qui entravent leur accès et leur ascension professionnels. Tel est le cas des femmes mariées qui, au moment de leur engagement, devaient présenter l’autorisation maritale.

  Quant à celles qui se retrouvent mères, bien qu’elles bénéficient d’un congé légal de maternité de trois, mois, elles sont souvent remplacées par de nouvelles unités, pour un temps, sous prétexte que leur absence représente un grand manque à gagner pour leurs employeurs.

 C’est la raison pour laquelle les candidatures des filles et femmes célibataires sont vivement souhaitées dans les entreprises et les organisations non gouvernementales.

 Un autre problème se situe au niveau des harcèlements sexuels auxquels s’exposent les femmes dès l’examen d’embauche, en passant par l’engagement, jusqu’à la promotion aux grades de commandement. Il y a aussi des facteurs tels que l’appartenance tribale et ethnique, les affinités religieuses, etc.

Pourtant, tout le monde soutient que l’embauche et la promotion doivent obéir à la méritocratie et non, au don des charmes.

Depuis quelques années, l’on remarque que les offres d’emploi ou les appels à candidature lancés sur les marchés du travail, à travers les sites web ou les médias, soulignent que « les

candidatures des femmes sont vivement souhaitées ».

Cette nouvelle stratégie qui tient à susciter un engouement chez les femmes à travailler au sein de l’administration ou des entreprises privées, s’inscrit dans l’optique de la parité entre l’homme et la femme.

Au moment où les femmes et les filles congolaises réclament l’application

du quota de 33 % leur réservé, il est important de souligner qu’en matière d’emploi, c’est la méritocratie qui doit être mise au premier plan, et non des critères de beauté. Le vœu de notre population est de voir les plus compétentes accéder aux postes de responsabilité où elles devraient faire valoir leur expertise. On devrait rompre avec l’époque où la promotion n’était destinée qu’aux femmes entretenant des relations amoureuses avec leurs supérieurs hiérarchiques. Quant à celles qui ne répondaient pas à leurs avances, elles étaient confinées dans une carrière plane. Le clientélisme a longtemps vicié le milieu professionnel où pour être embauchée, il fallait proposer une chèvre au directeur du personnel, à défaut de lui offrir son corps ou de lui glisser une enveloppe.

De nos jours, l’on constate encore que certaines femmes occupent des postes de commandement pour des raisons non objectives, notamment des relations personnelles, amicales ou encore familiales avec les autorités nationales ou provinciales, les chefs d’entreprises, les responsables des

ressources humaines. Ces personnages connus à Kinshasa sous les vocables de « parapluies », « soutiens » ou « parrains », etc.

A ce stade, on fait abstraction des rendements professionnels de la personne. On ne fait pas cas des apports quantitatifs comme qualitatifs de la femme qu’on engage. Car le « parapluie » couvre sa protégée de tous les avantages au détriment de ses consoeurs plus méritantes, et qui exécutent les tâches les plus difficiles.

  L’idéal est que la RDC devienne un Etat normal, où une femme ou fille investie de responsabilités sur la base de la méritocratie, pourrait se montrer aussi performante et efficace qu’un homme.

Dorcas NSOMUE

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