Elections : le Rassemblement rappelle ses préalables

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Dans le but de peaufiner ses stratégies de résistance contre le schéma d’un énième glissement du calendrier électoral et du second mandat déjà épuisé du Chef de l’Etat présentement en fonctions, les membres du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement ont pris part, du 20 au 21 novembre 2017 au centre
catholique Caritas de Kinshasa, à un séminaire de réflexion en rapport avec la crise politique actuelle. Au terme de leurs échanges, ils ont adopté une déclaration dont la substance s’articule autour du rappel des préalables de cette méga plate-forme politique à la tenue des élections.

Selon les ténors du Rassemblement, l’entière responsabilité de la
crise de légitimité au sommet de l’Etat incombe à la Majorité
Présidentielle et à son « Autorité morale », coupables du refus
d’appliquer de bonne foi l’Accord de la Saint Sylvestre et des
manœuvres de blocage à répétition du processus électoral. A ce sujet,
ils fustigent le caractère non consensuel du calendrier électoral
rendu dernièrement public par la CENI (Commission Electorale Nationale
Indépendante), ainsi que sa non-conformité à la Constitution et à
l’Accord du 31 décembre 2016. D’où, à leurs yeux, ce document n’offre
aucune garantie quant à la tenue effective des élections.
Etant donné qu’un chronogramme électoral existe déjà, le
Rassemblement se déclare disposé à y souscrire, mais sous certaines
conditions. Parmi les préalables à satisfaire pour avoir des élections
démocratiques, transparentes et apaisées, Félix Tshisekedi et ses
compagnons de lutte exigent la libération des prisonniers politiques
et d’opinions (Eugène Diomi Ndongala, Jean Claude Muyambo, Franck
Diongo, Huit Mulongo), ainsi que tous les cadres et militants des
partis de l’opposition privés de liberté en raison de leur engagement
politique.
Ils demandent également le retour au pays et en toute sécurité, de
Moïse Katumbi ainsi que d’autres opposants en exil forcé à l’étranger.
Ces mesures de décrispation politique devraient constituer des signaux
forts de l’engagement de la Majorité Présidentielle à ne pas bloquer
le processus électoral.
S’agissant toujours des élections, le Rassemblement estime que les
scrutins présidentiel, législatifs nationaux et provinciaux devraient
avoir lieu au terme d’une transition à conduire par une personnalité
neutre, de la société civile de préférence, sans la participation de
l’actuel Chef de l’Etat, qui devrait se retirer du pouvoir le 31
décembre 2017 au plus tard.
L’autre exigence brandie par ce regroupement politique concerne la
restructuration de la CENI (Commission Electorale Nationale
Indépendante), en vue de la rendre réellement neutre et indépendante.
Cela suppose la mise à l’écart de plusieurs de ses animateurs actuels,
dont son président, Corneille Nangaa.
Le Rassemblement lance par ailleurs un appel à la mobilisation totale
et permanente des masses populaires autour du combat de l’alternance
démocratique au sommet de l’Etat, à obtenir par la voie des élections
à tenir impérativement d’ici à juin 2018. Enfin, il est rappelé à
l’opinion tant national qu’internationale que des marches populaires
vont être organisées le jeudi 30 novembre sur toute l’étendue du
territoire nationale, pour dénoncer le calendrier électoral de la CENI
et la volonté de la Majorité Présidentielle d’empêcher le peuple
congolais d’aller aux urnes dans un bref délai.

Kabund refoulé à N’Djili
On apprend que Jean-Marc Kabund, Secrétaire général du l’UDPS (Union
pour la Démocratie et le Progrès Social), un des partis-phare du
Rassemblement, a été refoulé à l’aéroport de N’Djili le mercredi 22
novembre, au moment où il s’apprêtait à voyager pour l’étranger. Son
passeport a été saisi à cette même occasion. L’intéressé ignore,
jusqu’à ce jour, le mobile de son interdiction de sortie du pays. Mais
sa famille politique accuse le pouvoir d’avoir planifié un agenda de
restriction des mouvements des opposants à l’approche du délai butoir
du 31 décembre 2017 devant marquer l’expiration du bonus de 12 mois
supplémentaires de prolongation des mandats des animateurs des
institutions de la République. Au-delà de cette date, plus personne ne
pourrait revendiquer la moindre légitimité.
Kimp