Elections présidentielle et législatives : l’Eglise catholique persiste et signe : la vérité des urnes !

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Quarante huit heures après la publication du communiqué de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Conco) déplorant des injures dont le Cardinal Archevêque de Kinshasa est l’objet, l’Eglise catholique romaine de La RD Congo vient de lever l’option face au danger qui guette l’avenir de la nation. C’est au cours d’une messe spéciale célébrée par plusieurs dizaines d’officiants dont le principal était l’Evêque auxiliaire de l’archidiocèse de Kinshasa, Mgr Kisonga que cette option a été levée.
« Toute autorité vient de Dieu et non pas nécessairement son exercice » : c’est le thème principal de l’Evangile du jour (tiré dans Matthieu 22,15-22) qui a été développé à l’intention des chrétiens catholiques venus très nombreux participer au culte.
D’abord l’abbé Bosangia, l’orateur et interprète de l’homélie du jour en vue de faciliter la compréhension des fidèles, a commencé par dévoiler le but de ce grand rassemblement des chrétiens.
Il s’agissait d’implorer la bénédiction de Dieu sur les assises de l’assemblée plénière extraordinaire de tous les évêques de la RD. Congo, dont les travaux s’ouvrent ce lundi 9 janvier.
Par ailleurs, les évêques espèrent, à l’issue desdits travaux, grâce aux différentes réflexions qui seront développées, obtenir l’assistance de Dieu en vue d’aider notre nation qui traverse particulière de son histoire à se remettre sur les rails. Commentant le thème de l’Evangile, l’orateur s’est appesanti sur la différence entre l’autorité qui vient réellement de Dieu et celle des hommes qui l’exercent à des fins égoïstes.

Fustigeant la récupération politique de ce passage biblique « Toute autorité vient de Dieu » par des acteurs politiques qui en ont fait leur verset préféré, le prédicateur a démontré comment distinguer l’autorité qui vient de Dieu de celle des hommes.
La manifestation de l’autorité venant de Dieu et l’exercice avec la volonté divine, est le bien être de tous. Mais, lorsque l’autorité s’exerce à des fins égoïstes sans se préoccuper du bonheur de la population, une telle autorité n’est pas de Dieu. Si elle l’est, mais son exercice ne relève nullement de la volonté de Dieu, a explicité l’abbé « Boss » comme l’appellent affectueusement ses paroissiaux.
Sur ce point, il a cité l’exemple de la Bible de Saül qui s’est vu vomi par Dieu qui l’avait établi pour avoir abandonné sa volonté, pour remonter Samuel.

«Je préfère être crucifié pour la vérité que de crucifier la vérité», dixit Cardinal Malula

Affirmant son attachement à la vérité et la justice, l’Eglise catholique de la République démocratique du Congo refuse désormais de céder au chantage et autres menaces et intimidations.
Ses pasteurs ne comprennent pas l’ambiguïté dont les dirigeants font montre à leur égard. Lorsque l’Eglise construit des écoles et hôpitaux, on applaudit. Mais quand il faut dénoncer ce qui ne va pas, on crie à la politisation de l’Eglise.
Face à cette attitude, l’Eglise ne se laissera plus intimider par quiconque. Car, de la même manière  elle investit dans des domaines non religieux, elle doit tout évangéliser, les hommes comme les institutions.

« A ceux qui refusent à l’Eglise de parler de la politique alors qu’ils applaudissent quand elle s’occupe du domaine de la santé ou de l’éducation, domaines non religieux à première vue comme la politique, nous demandons de terminer la phrase de Jésus en Mt 22,21 : Rendez à Dieu ce qui est à Dieu. Autant l’on doit respecter les organisations sociopolitiques légitimes des hommes, autant sinon plus, l’on doit craindre Dieu et donc respecter l’ordre qu’Il établit. L’Eglise dont on reconnaît le rôle d’évangéliser, doit justement tout évangéliser : les hommes aussi bien que les structures et institutions de tous ordres (politique, économique, …) ».

Par ailleurs, ceux qui s’amusaient à déclarer que le Cardinal Monsengwo n’est que le chef de l’Eglise de Kinshasa doivent déchanter. Car, toute l’Eglise du Congo témoigne son soutien et sa solidarité au Cardinal, surtout en ce qui concerne l’attachement à la vérité et sa lutte contre le mensonge et la tricherie.
« Aujourd’hui, l’Eglise de Kinshasa et d’ailleurs en RD. Congo, en commençant par son Pasteur le Cardinal Laurent Monsengwo, prêche la vérité, condamne toute tricherie et tout mensonge, se souvenant bien plus de cet enseignement du Cardinal Malula d’heureuse mémoire qui disait : Je préfère être crucifié pour la vérité que de crucifier la vérité ».

Fidèles à cette vertu, les catholiques déclarent n’obéir qu’à toute autorité légitime et à des lois justes, et non à toute autorité issue de la tricherie et du mensonge. Et l’Eglise lève l’option de ne plus se taire face à toute autorité qui contrevient la justice, et promet d’intervenir chaque fois que la dignité humaine est en jeu.
Avant la bénédiction finale par Mgr Kisonga, l’officiant principal de la messe, les chrétiens ont été invités à suivre un chronogramme dénommée « Programme en vue du rétablissement de la légitimité du pouvoir en RDC » que l’Eglise vient de mettre en place dans le but de faire respecter la vérité des urnes.
Ce programme a été confectionné avec le concours de plusieurs associations et mouvements tant des religieux que des laïcs catholiques. Parmi ces mouvements, on cite l’ASUMA (Association des supérieurs majeurs) pour les prêtres, l’USUMA (Union des supérieurs majeurs) pour les sœurs et religieuses, les agents pastoraux qui sont des abbés tenanciers des paroisses, le CALCC. Tout chrétien catholique est invité à le respecter scrupuleusement.  

Dom

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