Elections : le train a quitté la gare

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Le président de la Commission Electorale Nationale  Indépendante (Ceni), le pasteur Daniel Ngoy Mulunda,   a présidé samedi 30 avril 2011 à l’Hotel Sultani de la Gombe, la cérémonie officielle du calendrier électoral 2011-2013.  Cet événement  qui balise le chemin et  lève désormais l’équivoque qui a longtemps plané  sur la tenue ou non dans le délai constitutionnel   des élections générales en République démocratique du Congo s’est déroulée en  présence de Léon Kengo Wa Dongo, président du Sénat, du Premier Ministre, Adolphe Muzito,  des représentants d’autres  institutions du pays dont la magistrature, l’armée et la police  ainsi que devant le corps diplomatique accrédité à Kinshasa.

Comme promis le jour de sa prise de fonction,  le 3 mars dernier,  Ngoy Mulunda a tenu parole pour ce qui est de ses engagements à organiser les élections dans le délai. Il a affirmé avec force dans son discours que le respect de la Constitution n’était pas négociable et que tout devrait se faire pour s’y conformer.

 Et cela, pour ce qui concerne particulièrement la tenue des élections présidentielle et législatives selon le prescrit de l’article 73 de la loi fondamentale qui stipule qu’il faut convoquer le scrutin pour élire le nouveau président 90 jours avant l’expiration  du mandat du président en fonction, soit le 4 août 2011 pour la convocation de l’électorat et inscription de candidats des élections présidentielle et législatives. Le 7 septembre est  consacré à la publication des  listes provisoires des candidats pour ces deux scrutins.  Ngoy a avoué  ne pas avoir lésiné sur les moyens dès sa prise de fonctions. Pour y parvenir, le bureau de la  Ceni, a-t-il fait remarquer, après l’atelier de Lubumbashi, a consulté  tous azimuts  les partenaires et  intervenants au processus (partis politiques, société civile, bailleurs de fonds, etc.) afin de recueillir leurs avis et considérations pour l’organisation des  élections inclusives avec l’apport de tout un chacun. Donc, l’organisation des élections, a déclaré le président de la Ceni, n’est  pas seulement l’affaire de la Ceni, mais une affaire  que les congolais doivent désormais s’approprier. Et comme élément probant de ce consensus national retrouvé, c’est  le couplage des scrutins présidentiel et de la députation nationale  le 28 novembre prochain.   

Toujours comme gage de ce consensus national, la Ceni annonce avoir fixé la prestation du serment et l’entrée en fonction  du président élu pour le 20 décembre  tandis que celle du 6 décembre est consacrée à la publication des résultats provisoires.  Une autre date importante qui conditionne   tout le processus  électoral dans son ensemble, c’est le 30 juin 2011, date fixée pour la fin de la révision du fichier  électoral dans les sept provinces restantes. Et pour  arriver  à combler le retard pris dans cette opération, Ngoy Mulunda dit compter sur l’apport en matériel  informatique et électronique dont l’antenne VSAT pour le transfert rapide des données, fruit de la collaboration entre son institution et l’organe chargé de l’organisation des élections à la fédération de la Russie.
Les autres dates importantes retenues en 2012  dans le nouveau calendrier sont le 25 mars pour les élections à la députation provinciale, le 4 juillet pour le scrutin des Sénateurs et le 21 juillet pour le ticket du gouverneur et son collistier.  Cependant, il faut signaler que les élections locales vont se tenir plus tard pour se terminer en 2013.

Au sujet  de la violence qui pourrait surgir en marge  de la joute électorale dans une circonscription électorale, Ngoy Mulunda a mis en garde tous les fauteurs de troubles et comme sanction suprême, la Ceni se propose carrément et simplement  d’annuler sans autre forme de procès les votes.  
Quant à la loi électorale qui doit être l’autre balise de la Ceni, Ngoy Mulunda a tiré la sonnette d’alarme et exhorté le Parlement à faire diligence afin de doter le pays le plus tôt possible de cet instrument juridique qui reste son seul handicap fonctionnel.

Quelques réactions

En marge de la publication du calendrier électoral par le bureau de la Ceni et nonobstant une loi électorale encore en amendement au niveau du parlement, quelques hommes politiques et diplomates se sont exprimés à ce sujet. Mais dans l’ensemble, c’est un satisfecit que récolte la Ceni, surtout pour sa démarche consultative de toutes les couches de la société congolaise avant d’engager sa responsabilité dans l’organisation des élections que tout le monde attend dans un climat apaisé.

Alexis Mutanda, coordonateur de la campagne de l’Udps : « le calendrier est bon. Cependant, nous devons d’abord l’étudier en profondeur et c’est à l’issue de cette étude que l’Udps va faire une déclaration officielle ».

Jérôme Bonso, Linelit « le calendrier est satisfaisant et nous saluons la démarche entreprise par le bureau de la Ceni. Cependant, il reste à le concrétiser. Voici pourquoi la société civile appel un professionnalisme de la part de agents de la Ceni pour la mise en œuvre de ce document. Nous attendons également  l’adoption de la loi électorale pour nous mettre véritablement au travail de sa vulgarisation pour que le peuple puisse  s’approprié le processus électoral. »
India, Pprd « Nous sommes satisfait, mais aussi le fait que nos propositions ont été prises en compte dans la démarche du bureau à trouver un large consensus pour de élections apaisées. »

Neil Wigan, Ambassadeur de la grande Bretagne « Nous avons beaucoup apprécié la démarche menée par le bureau de la Ceni pour créer un climat apaisé avant la tenue de élections. Nous réaffirmons l’engagement pris par notre pays à accompagner la Rd Congo à organiser des élections réussies dans le respect du délai constitutionnel. »

Edward Mokolo, Sénateur « avec  la publication de ce calendrier plus de doute, la tenue de élection est une réalité. Quant à la loi électorale, le Sénat  attend impatiemment ce texte qui est au niveau de l’Assemblée nationale pour en faire  une seconde lecture avant sa promulgation. »           

A.Vungbo

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