Elections hypothétiques : question orale à Tshibala

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Le nouveau Premier ministre Bruno Tshibala reçu pour la première fois depuis sa nomination par le président de la République Joseph Kabila le 10 avril 2017. ©Présidence de la République.
Le nouveau Premier ministre Bruno Tshibala reçu pour la première fois depuis sa nomination par le président de la République Joseph Kabila le 10 avril 2017. ©Présidence de la République.

Y’aurait-il les élections le 23 décembre 2018 en République Démocratique du Congo ? Compte tenu de l’incertitude qui plane de plus en plus sur cette date, un député national a déposé, hier mardi 8 mai 2018, une question orale adressée au Premier ministre, Bruno Tshibala.

Il s’agit d’un transfuge du Mouvement de Libération du Congo, Germain Kambinga, devenu centriste après avoir perdu son fauteuil de ministre de l’Industrie, qu’il avait obtenu à l’issue des concertations nationales de septembre-novembre 2013.

A travers sa question orale, cet élu du peuple voudrait être apaisé
par le chef du gouvernement, Bruno Tshibala, qui avait promis, lors de
son investiture, d’offrir aux Congolais les meilleures élections de
leur histoire en décembre 2018.
Bruno Tshibala devrait également éclairer l’opinion tant nationale
qu’internationale sur l’état de financement de la CENI.
D’après certains experts, ce financement connaitrait des ratés de
nature à compromettre la date du 23 décembre 2018 retenue par la
centrale électorale pour la tenue des élections.
L’initiative de contrôle parlementaire de Germain Kambinga et l’oral
de Bruno Tshibala  à l’Assemblée nationale sont impatiemment attendus
pour fixer les esprits sur un nouveau glissement ou non du calendrier
électoral.
A l’opposition, des voix s’élèvent déjà pour fustiger des manœuvres
dilatoires de la Majorité Présidentielle destinées à hypothétiquer la
tenue des élections du 23 décembre 2018. Dans sa dernière tribune
intitulée « A haute voix, il n’y aura pas d’élections le 23 décembre
2018 », le président de l’Union des Démocrates Africains (UDA),
Claudel Lubaya, a démontré que le gouvernement, qui refuse tout
recours au financement étranger du processus électoral, n’a décaissé
que 17% du montant global requis.
D’après lui, le gouvernement sait très bien que le moment venu, les
difficultés de sa propre trésorerie serviront de prétexte au report.
Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre honoraire, Adolphe
Muzito a émis des réserves au sujet du respect de l’échéance de
décembre 2018 pour les élections.
Adolphe Muzito propose même un « Troisième dialogue » pour trouver
une solution politique à la non tenue des élections à la date prévue
par la CENI.
Ce « Troisième dialogue » est rejeté d’office par des forces
politiques telles que l’UDPS et l’Ensemble, qui considèrent la date du
23 décembre 2018 comme une ligne rouge à ne pas franchir.
Le MLC de son côté suggère un dialogue technique avec la CENI, qui
fait de la machine à voter, boudée par une large frange de la classe
politique, un préalable majeur à la tenue des élections le 23 décembre
2018.
Fayulu, qui se montre très radical, prône la transition sans Kabila
comme l’unique voie de sortie de la crise.
La Majorité présidentielle, qui souffle le chaud et le froid,
continue à entretenir le mystère autour de son candidat à la
présidentielle du 23 décembre, semant ainsi le doute dans les esprits.
Pendant ce temps, les laïcs catholiques menace de reprendre la rue
pour exiger l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre.
ERIC WEMBA