Elections de 2011 :

0
40

Les cris stridents des populations de Mikonga et de Talangai, deux vastes quartiers de la commune de la Nsele, semblent ne pas secouer outre mesure les autorités censées répondre aux plaintes sans cesse formulées par ces kinois à part entière.

Les habitants des deux quartiers, situés à l’Est de la ville de Kinshasa, capitale de la RD Congo,  ne demandent qu’une chose : l’eau potable. Celle dont ils se servent pour cuisiner, lessiver et faire la vaisselle provient d’insalubres puits, rarement entretenus. « C’est comme si on n’est pas dans la capitale, nous buvons une eau qui nous expose à des maladies d’origine hydrique », se plaint Mado N, venue fraîchement de Mbujimayi, chef-lieu de la province du Kasai-Oriental. 

            De quelques rares « sources » trouvées ça et là naissent des mangroves, ces fleurs aquatiques.

« Ces politiciens que nous avions élus hier nous tournent le dos aujourd’hui parce qu’ils estiment être arrivés », se désole Amand Tumba, étudiant à l’Université de Kinshasa. « Faute de mieux, nous consommons une eau insalubre avec tout ce qu’on peut avoir comme maladies ».

            Les deux entités réunies englobent l’essentiel de l’électorat de cette commune. « Nous attendons ces politiciens au tournant ; ils nous ont fait de promesses restées non tenues », rugit de colère Mutamba, pasteur d’une église de réveil qui se rappelle avoir reçu, lors d’un prêche, un candidat député à la quête des suffrages. « Ses promesses sont restées au vent », se plaint le religieux qui souligne avoir invité ses fidèles à demeurer désormais critiques à l’endroit de « ceux qui viennent et qui emportent nos voix sans rendre l’ascenseur ». Ils avaient promis, se rappelle-t-il, de faire remblayer la grande route de « carrière », en référence aux deux endroits ouverts à la carrière de sable pour des constructions. Cette voie très sablonneuse est restée dans son état à quelques mois d’une nouvelle législature. « Ils seront sanctionnés. Nous n’aurons pas besoin de T-shirt à leur effigie », menace Mamie qui dit garder encore à l’esprit le faciès de son candidat qu’elle ne veut revoir.

Tous les interviewés se sont plaints de l’ « oubli » dont ils sont victimes au sujet de l’approvisionnement en eau potable.

            « La tuyauterie est en-dessous de nous pour aller approvisionner Kinkole (vieille cité voisine), alors que nous aurions dû être les premiers à être servis », révèle Katy M.

Le « tuyau mère » longe la Nationale numéro 1, en provenance de la station de pompage de Ndjili.

            « Nous avons maintenant d’yeux grandement ouverts pour nous assurer qui va ou non défendre nos intérêts auprès des décideurs », prévient Lukoji, menuisier qui attend, désespéré, une insaisissable aide promise par un candidat, aujourd’hui député.                                               D-I.K

LEAVE A REPLY

*