Elections de 2011 : Wasington pose deux conditions

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Le gouvernement congolais sait désormais à quoi s’en tenir face à celui des Etats-Unis d’Amérique au sujet des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales, sénatoriales, urbaines, municipales et locales que la CEI (Commission Electorale Indépendante) a décidé d’étaler sur deux ans (2011-2013). Après des échanges fructueux autour de ce dossier entre le Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, et l’ambassadeur américain à Kinshasa, James Entwitsle, hier mardi 18 janvier 2011 à la Primature, Washington a posé deux conditions majeures : la transparence du scrutin et la liberté d’expression pour tous les candidats.

A cet effet, le diplomate américain a lâché un commentaire qui résume les attentes de son pays face aux élections congolaises : « C’est une question de politique intérieure. Il existe des pays de vieille démocratie qui organisent l’élection présidentielle à un, à deux voire trois tours. Ce qui intéresse mon pays, c’est la transparence du scrutin et la liberté d’expression à tous les candidats ».

L’on a ainsi appris que les Etats-Unis vont suivre avec un intérêt particulier toutes les péripéties du nouveau processus électoral en République Démocratique du Congo. Le principe de la participation financière des USA aux frais d’organisation est acquis, même si la hauteur du financement n’est pas encore précisée. Ce qui est par contre clairement indiqué, c’est le recours aux organisations non gouvernementales pour l’utilisation de l’enveloppe à disponibiliser.

On croit savoir que le message de Washington a été capté 5 sur 5 à Kinshasa. L’on se souvient que dans son adresse à la Nation, le 8 décembre 2010, à travers le Parlement réuni en Congrès, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, avait réitéré son engagement à garantir à ses concitoyens des élections libres, démocratiques et transparentes. Sa volonté de sécuriser les élections ainsi que les élections et les candidats avaient été réaffirmée à la même occasion.

Il avait, à cet effet, promis la mise en place rapide du bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), nouveau « pouvoir organisateur des élections », afin que celle-ci prenne rapidement les choses en mains.

Pour sa part, le Premier ministre, lors du dépôt et de la défense du Projet de Budget 2011 à l’Assemblée Nationale, en octobre 2010, avait expliqué en long et en large la détermination du gouvernement à respecter ses engagements politiques, financiers, économiques et sociaux en rapport avec les élections. Il est permis de croire que Kinshasa va davantage focaliser son attention sur les préoccupations soulevées par les USA. Toutefois, la promesse américaine d’appuyer financièrement Kinshasa pour laisser au souverain primaire le soin de décider du sort de la prochaine législature est accueillie avec soulagement.

 

Rassurer davantage l’opposition

L’insistance du diplomate américain et de son pays sur la transparence du scrutin et la liberté d’expression constituent une interpellation pour les autorités congolaises face aux dérapages qui s’observent en cette période de fièvre électorale par anticipation. En effet, bien que la campagne électorale n’ait pas encore été officiellement lancée, les opérateurs politiques congolais, toutes tendances confondues, tiennent des discours et posent des actes de nature à séduire leurs futurs électeurs.

Seulement voilà ! L’impression du moment est que les opposants parlementaires comme extraparlementaires ont des problèmes pour se réunir, s’exprimer, circuler à Kinshasa comme en provinces, dans le cadre de leurs activités politiques, alors que les membres de la majorité au pouvoir brillent aussi par un activisme débordant sur le terrain. Des signaux négatifs tels ceux enregistrés à Goma et Bukavu en marge de la sortie officielle de l’UNC de Vital Kamerhe, à Mbanza-Ngungu lors de la matinée politique de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, au Grand Hôtel Kinshasa à l’occasion de la déclaration politique commune de l’opposition contre la révision de la Constitution et de la Loi électorale, au Palais du Peuple avec la révision constitutionnelle dans un climat de suspicion de tricherie, à Moanda avec l’arrestation et la condamnation sommaire d’Eugène Diomi Ndongala de la DC (Démocratie Chrétienne) ne sont pas de nature à rassurer les partenaires de la RDC quant à la transparence des élections et à la liberté d’expression des candidats. Kinshasa aurait intérêt à ouvrir effectivement l’espace politique et à éviter des actes de nature à faire penser à un régime d’intimider pour mériter la confiance de ses partenaires. Ceux-ci, manifestement, ne demandent qu’une chose : que les meilleurs gagnent dans les urnes, à tous les niveaux des scrutins.

LP

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