Elections de 2011 : le bal des chauves a commencé

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Ca bouillonne dans tous les camps politiques en République Démocratique du Congo, à 12 mois de la tenue supposée des élections. Les remous n’épargnent ni l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP), ni l’opposition parlementaire, encore moins l’opposition extraparlementaire. L’heure de jeter les masques semble avoir sonné. Et le bal des chauves a commencé, selon une expression chère aux « forces du changement » lors des années CNS (Conférence Nationale Souveraine), entre 1991 et 1997. 

            Les « chauves » faisaient penser à ces opposants très actifs sur le terrain à la lumière du jour mais prêts à retourner leurs vestes, à s’embarquer dans le premier avion pour Gbadolite dès la tombée de la nuit et à aller manger à la table du maréchal Mobutu ou de ses lieutenants.

 Les reniements des options du « changement » se sont accumulés au fur et à mesure des années de disette dans les rangs de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale. Les opposants par accident ainsi que les Mobutistes aigris, avides de se positionner ou reprendre des postes de gestion avaient du mal à faire de l’opposition dans la durée.

Comme l’histoire est en train de se répéter ! C’est la grande confusion aussi bien chez ceux qui se battent pour la conservation du pouvoir que ceux qui luttent pour l’alternance politique. Tout ce que le peuple demande est que les uns et les autres prennent soin de rendre compte au souverain primaire avant de solliciter de nouveaux mandats. 

Ruée vers l’AMP 

            C’est la ruée vers l’Alliance de la Majorité Présidentielle. Cette famille politique enregistre des adhésions massives de nouveaux membres et leurs partis. Tel est le cas de Kin Kiey Mulumba et son P.A. (Parti d’Action), de Modeste Bahati et son Alliance des Forces Démocratiques pour la République, de Banza Mukalay et son UDECO. A dire vrai, ces personnalités flirtaient ouvertement avec la famille politique du Chef de l’Etat depuis belle lurette. Leurs actes d’adhésion à l’AMP mettent en réalité fin à un long feuilleton de cache-cache sous le statut d’indépendants.

            L’homme qui s’attire le plus les feux de l’actualité est Bahati Lukwebo. Après s’être livré au jeu de cache-cache au sein de la Société Civile, depuis les années ’90, il a fini par se dévoiler sous sa véritable casquette, celui d’opérateur politique.

            Les adhésions qui surprennent sont celles de Kembukuswa et son MDD (Mouvement pour la Démocratie et le Développement), Mukamba Kadiata Nzemba et son ADECO et, dans un dégré moindre, celle de Mboso Nkodia Mpuanga et sa CRD (Convention pour la République et la Démocratie). Que se passe-t-il au sein de l’opposition parlementaire, dont les rangs commencent à se vider ? On ne tardera pas à le savoir. On peut néanmoins penser que ceux qui se jettent dans les bras de l’AMP visent certainement à garantir leurs mandats politiques personnels. 

Et voici Puela… 

            Alors que l’heure est à la bousculade au portillon de l’AMP, un député membre de cette plate-forme a curieusement pris la liberté de se faire radier, en levant l’option de postuler à la présidence de la République, violant ainsi la consigne, largement partagée ici, de ne pas contrarier la candidature « unique » de Joseph Kabila. Albert Puela, c’est de lui qu’il s’agit, s’était déjà signalé l’année dernière par une fronde pilotée par ce qu’il appelait le « Courant Rénovateur » de l’AMP.

            Ce mouvement avait tout l’air d’une dissidence interne car réclamant la démocratie, la liberté de pensée et d’action, le tout dans une démarche visant la chute de l’équipe gouvernementale.

            Sa candidature à la présidence de la République  est la confirmation de son refus d’être caporalisé. Pourquoi Puela s’est-il engagé dans une voie qui ressemble à un suicide politique ? Nul ne le sait. 

L’Opposition parlementaire ne rassure pas… 

            L’opposition parlementaire a raté tant d’occasions de pousser la majorité au pouvoir dans les cordes et de la mettre K.O, notamment dans les questions portant sur la gestion des contrats miniers et pétroliers, les alliances militaires contre nature avec le Rwanda et l’Ouganda, la double nationalité, l’exécution du budget de l’Etat…que l’on croit de moins en moins en sa capacité de booster l’alternance politique. Il existe des relations tellement hypocrites en son sein qu’il est difficile de lui faire confiance.

            D’aucuns pensent même que nombre de ceux qui se disent opposants institutionnels seraient prêts à vendre leur honneur et leur dignité pour ne pas perdre leurs privilèges d’aujourd’hui. Combien de fois n’a-t-on pas vu des députés nationaux ou provinciaux traverser la rue pour prendre pied dans l’AMP, de manière clandestine ?

Beaucoup de députés et sénateurs de l’Opposition parlementaire, très visibles au Palais du Peuple, sont inexistants sur le terrain. Au moment où il faudra effectivement mobiliser les masses, les statistiques permettant de faire les véritables état des lieux. 

L’opposition extra-parlementaire infiltrée 

            Les partis absents des institutions de la République et qui ont juré de peser de tout leurs poids sur le processus électoral de 2011 fonctionnent malheureusement avec une flopée de taupes en leur sein. A l’UDPS par exemple, les choses sont en passe de se clarifier avec l’émergence d’une dissidence qui ne fait plus l’ombre d’un doute.

            Au finish, certains acteurs politiques qui se disent opposants non institutionnels n’ont rien à envier aux généraux sans troupes. Quelle forme pourrait prendre un front commun de l’opposition pour l’alternance au pouvoir, si la plupart de ceux qui se proclament leaders politiques de cette famille politique se promènent avec leurs partis dans leurs mallettes ?

                                                                                  Kimp.

 

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