Elections 2011 : quelques candidats députés de Goma dénoncent la fraude

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Quelques candidats à la députation nationale de la ville de Goma, accompagnés de leurs électeurs, ont organisé un sit in devant le secrétariat provincial de la commission électorale nationale indépendante de la province du Nord-Kivu. C’était pour dénoncer, selon eux, la fraude et la tricherie dans lesquelles sont impliqués certains agents électoraux. 

A  cette occasion, ils ont déposé un mémorandum dans lequel  ils ont décrié toutes les magouilles et tricheries. Remy Ruzinge, un de ces candidats dont l’appartenance politique n’a pas été signalée, a fustigé le comportement d’autres candidats qui se sont empressés de donner les résultats à quelques radios de Goma pour publier de faux résultats.  ‘‘Les gens qui ont triché et trafiqué les voix avec quelques personnes de la CENI, ont vite donné des documents aux radios locales pour publier les résultats. Tout ça pour mettre la population de Goma devant un fait accompli’’. 

La communauté hutue du Nord-Kivu a invité la commission électorale nationale indépendante à recadrer le tir avant que le pire n’arrive. ‘‘Il y a eu tripotage. Il nous manque juste de petits éléments pour confirmer ces tripotages et pour qu’on puisse passer à l’action. Nous allons utiliser toutes les méthodes, même celles non conventionnelles, au nom de notre communauté, pour rentrer dans nos droits’’, a prévenu Roto Bayizi, membre de la communauté hutue du Nord-Kivu.

 Approché par  Jean Paul Lumbu lumbu, un ancien activiste de la société civile du Nord-Kivu estime que les résultats publiés par la CENI sont contestables, critiquables et posent un sérieux problème de crédibilité.

Pour prévenir le danger, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a demandé aux contestataires de recourir à la justice pour se faire entendre. «Lorsque quelqu’un s’estime lésé par le déroulement des élections, la seule voie autorisée, c’est le recours devant les juridictions compétentes», a assuré Paluku. La population du Nord-Kivu a été meurtrie par plusieurs années de guerre et la mauvaise gestion des contentieux électoraux, avertit un politologue. Cela peut replonger cette province dans un nouveau cycle des violences.
Reste à savoir si l’autorité provinciale sera suivie, dans la mesure où la justice congolaise manque elle aussi de crédibilité. Le candidat à l’élection présidentielle, Etienne Tshisekedi a même renoncé à porter plainte à la Cour suprême de justice, estimant que celle-ci est une institution inféodée au pouvoir.
Avec la contestation qui s’élève de partout, l’on se demande si de la CENI pourra s’en sortir.

JRB

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