Elections 2011 : l’appel de la CENCO

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Le président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco) et évêque de Tshumbe s’est adressé aux évêques, acteurs politiques  et fidèles réunis le jeudi 23 juin 2011 au Centre Catholique Nganda, lors du lancement du fonds Isidore Bakanja. Il n’a pas manqué de dire un mot sur le processus électoral en cours. Il a plaidé pour des élections apaisées. « Pour que les élections soient apaisées, il faut que le processus électoral se passe dans des conditions qui inspirent confiance et que les candidats soient de bonne foi pour se soumettre au verdict des urnes », a dit Mgr Nicolas Djomo. Le président de la Cenco estime que les élections apaisées sont d’abord et avant tout le fruit des esprits apaisés et des coeurs pacifiés ».

Rappelant une recommandation des évêques aux acteurs politiques, celle de faire preuve de grande culture démocratique et de s’abstenir de toute forme de violence à l’égard de leurs adversaires politiques et de proposer des projets de société capables de promouvoir la RD Congo, il leur a demandé de donner au peuple congolais l’occasion de voter en âme et conscience, avec toute responsabilité…

Félicitant le Conseil d’apostolat des Laïcs catholiques du Congo (CALCC) pour le lancement du fonds Isidore Bakandja, Mgr Djomo a déclaré : « Votre entreprise, le Fonds Isidore Bakandja, se situe donc dans la droite ligne de la mission qui vous est confié par vos évêques. Vous avez commencé une belle et grande œuvre, fait-vous l’obligation de ne pas abandonner. Allez au large pour réussir là où, jusqu’à présent, nous avons donné l’impression de tourner en rond ».

Auparavant, le président du CALCC, Crispin Nlanda, a déclaré que le Fonds Isidore Bakandja est un fonds de solidarité par lequel chaque catholique est appelé à verser 1 dollar américain pour financer des projets dans les diocèses et à travers le pays.
A cet effet, le CALCC a ouvert un compte à la banque TMB.  La collecte des fonds se fera aussi dans des paroisses.
Parmi les acteurs politiques, signalons la présence de François Mwamba, Roger Lumbala, Me Gérard Kamanda, Lisanga Bonganga, Théophile Mbemba, Marie Madeleine Kalala…

Voici dans son intégralité le message du président de la Cenco.

Jean-René Bompolonga

Monsieur le Président du CALCC,
Honorables Sénateurs et Députés,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs.
Distingués invités,
Chers fidèles laïcs,

1. Au nom de Son Eminence le Cardinal, archevêque de Kinshasa, au nom des archevêques et évêques membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) et, en mon nom personnel, je remercie le Bureau National du CALCC pour cette initiative heureuse et louable que vous avez appelée «dîner-rencontre» avec vos pasteurs. Il est un signe de communion, de fraternité et de fidélité à l’Eglise. La justesse des mots que vous nous avez adressés se passe aussi de tout commentaire. J’ai senti un laïcat mûr et qui vise à toujours mieux s’organiser. En cherchant à jouer son rôle statutaire de plate-forme de toutes les associations et mouvements ecclésiaux des laïcs. Le CALCC se veut aussi bien intégrateur que rassembleur. Que cette unité que vous manifestez ne soit pas comme un feu de paille, une fleur qui ne vit que l’espace d’un matin. Il ne faudra pas que demain nous apprenions que cette unité s’est dissoute comme un grain de sel dans I’eau.

2. Dans le préambule des Statuts du CALCC, il est établi qu’une bonne organisation du laïcat est « le prix à payer pour que le CALCC se présente et se fasse accepter comme la voix autorisée du laïcat catholique congolais. Un laïcat mieux organisé», conscient de son importance numérique et de la noblesse de sa mission de sel et de lumière dans tous les milieux de vie sera d’un apport inestimable dans la diffusion des messages, la vulgarisation des déclarations et la répercussion des décisions de la Hiérarchie. Il pourra aussi donner ce qu’on attend de lui, c’est-à-dire être plus efficace dans la prise en charge matérielle de son Eglise et peser de tout son poids sur la marche sociopolitique du pays.

3. Votre entreprise, le « Fonds Isidore Bakanja», se situe donc dans la droite ligne de la mission qui vous est confiée par vos évêques. Vous avez commencé une belle et grande œuvre, faites-vous maintenant l’obligation de ne pas abandonner. Allez au large pour réussir là où, jusqu’à présent, nous avons donné l’impression de tourner en rond. Que les difficultés ne vous découragent pas. De toutes les façons, on peut reconnaître ce qui se fait déjà, bien qu’à petit pas, en rapport avec la prise en charge de l’Eglise par ses propres fidèles. Il faut chercher à le capitaliser. Le rêve est qu’un jour, dans notre pays, grâce au « Fons Isidore Bakanja », le CALCC arrive à financer les différents projets de notre Eglise. Faites-en un point d’honneur, une ferme détermination, un défi à relever absolument. Je sais que vous en êtes capables. Mais encore faut-il que vous croyiez à vos propres forces. Mettez toutes les chances de votre côté !

4. En échangeant sur « les voies et moyens de prévenir l’explosion de la violence liée aux élections », vous remplissez votre devoir qui est celui d’influencer positivement la marche sociopolitique de notre pays. En effet, pour que les élections soient apaisées, il faut que le processus électoral se passe dans des conditions qui inspirent confiance et que les candidats soient de bonne foi pour se soumettre au verdict des urnes, c’est-à-dire avoir l’humilité dans la victoire, le courage et l’honnêteté pour reconnaître et accepter la défaite. Ce qui revient à reconnaître qu’avant les élections tout le monde part gagnant, mais quand vient le verdict des urnes, il y a toujours un gagnant et un perdant.

5. A vous, je peux dire que les élections apaisées sont d’abord et avant tout le fruit des esprits apaisés et des coeurs pacifiés. C’est pourquoi, dans I’exhortation «Année électorale. Que devons-nous faire ? », nous exigeons « une véritable métanoia, un changement de coeur, de mentalité et de pratiques. » La  recommandation de vos évêques à ce sujet est claire. Ils demandent aux acteurs politiques de faire preuve de grande culture démocratique et de s’abstenir de toute forme de violence à l’égard de leurs adversaires politiques et de proposer des projets de société capables de promouvoir la RD Congo.

6. Il faut pour cela donner au peuple congolais l’occasion de voter en âme et conscience, avec toute responsabilité, à la suite d’une comparaison et d’une évaluation des candidats sur base des programmes, pour ceux qui lui présentent le meilleur projet de société et le meilleur profil. Mais, ceci ne sera possible que si l’on multiplie les faits et gestes qui inspirent confiance afin de lutter contre le soupçon qui gangrène les élections et la mauvaise foi qui alimente certaines contestations tendancieuses et hasardeuses des suffrages. En se fondant sur le respect des droits et des devoirs, la démocratie exige plus que tout autre régime, la vertu. Elle est régie par une Constitution, et des textes qui s’imposent à tous, c’est-à-dire des règles juridiques impersonnelles qui garantissent l’égalité de tous devant la loi. Personne, quels que soient son rang ou sa condition, n’est au-dessus de la loi.

7. Notre attitude, nos paroles, en tant que candidat ou candidate, sont très importantes et déterminantes pour des élections apaisées, puisqu’elles influencent nos partisans, qui sont nos électeurs. Ici, une certaine humilité arrange les choses. Je pense, en effet, que les élections apaisées ou agitées sont d’abord un problème d’homme. Il faut que l’homme se convertisse. Voilà pourquoi, sans donner des consignes de vote, nous soutenons qu’il faut confier la direction des affaires du pays à ceux qui sont vertueux, qui craignent Dieu et qui s’engagent pour un idéal noble, celui de servir la nation congolaise.

8. Nous sommes profondément convaincus que vous, laïcs catholiques congolais, vous avez une grande responsabilité dans la marche de notre pays.
L’épiscopat congolais compte sur vous et vous encourage à être réellement « Ambassadeurs du Christ » dans les milieux politiques, Ies milieux des affaires et dans toutes les sphères où se prennent les grandes décisions pour l’avenir du pays.

9. J’implore la bénédiction de Dieu sur chacun de vous et vous assure des prières de tous vos évêques pour des élections apaisées dans notre pays. Puisse l’Esprit de Dieu vous raffermir dans la foi et vous armer de vaillance pour que, confiants en I’amour maternel de la Vierge Marie, vous demeuriez fidèles aux engagements de votre baptême pour témoigner du Christ en toute circonstance avec le courage de votre Patron, le Bienheureux Isidore BAKANJA, et à son exemple.

Je vous remercie.

Fait à Kinshasa, le 23 juin 2011

Nicolas DJOMO LOLA
Evêque de TSHUMBE
Président de la CENCO

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