Elections 2011 : la compilation populaire est à jour

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Les rues, avenues et artères principales des différentes villes, cités urbaines et probablement des localités du pays sont inondées depuis deux jours d’une flambée des photocopies libres reprenant particulièrement des résultats de l’élection présidentielle tels que rendus publics par les différents centres de vote. Province par province, ces photocopies libres sont vendues à la criée par des débrouillards qui profitent souvent de grands évènements pour se faire un peu d’argent sur le dos des Congolais toujours à l’affût du sensationnel.

Tous ces résultats proviennent des différents bureaux de vote qui, conformément à la loi électorale, se sont transformés en bureaux de dépouillement pour procéder à la publication et à l‘affichage des résultats de ce scrutin très attendu par les Congolais, toutes tendances confondues. On rappelle aussi que le Pasteur Daniel NGOYI Mulunda, président du Bureau de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), avait déclaré qu’en cas de contentieux électoral, ce sont les procès-verbaux délivrés par les différents bureaux de vote éparpillés à travers toute la République qui serviront de pièces à conviction devant les juges de la Cour Suprême de Justice siégeant comme Cour Constitutionnelle. C’est ainsi qu’il arrive parfois que des photocopies libres reprennent aussi ces procès-verbaux. Voilà comment l’opinion est tenue informée du déroulement des opérations de compilation des résultats de ce scrutin.

Concernant les élections législatives, les mêmes vendeurs à la criée ont commencé à mettre à la disposition du public des résultats y relatifs au fur et à mesure que ces centres de compilations populaires disséminés à travers les villes et localités livrent des informations à ce sujet. Si pour l’élection présidentielle, la compilation populaire semble n’avoir pas eu de la peine à livrer les résultats du fait qu’à ce niveau il est simplement question de procéder à l’adition des résultats bureau par bureau, le travail est fort ardu pour les législatives. Etant donné qu’à ce stade il faut effectuer des calculs pour fixer le coefficient selon le nombre des électeurs par circonscription électorale, celui des sièges à pourvoir et celui des candidats ayant participé au vote. Grâce aux élections de 2011, de nombreux Congolais sont en train de démontrer leur parfaite maîtrise de l’arythmétique.

L’exemple sénégalais de l’an 2000…

Pourquoi les Congolais ont-ils recouru à cette stratégie pour maintenir l’opinion informée des résultats de ce scrutin ? Il y a tout d’abord l’absence criante des centres spécialisés en sondages d’opinions. Ensuite, il sied de signaler qu’en 2.000, les Sénégalais avaient été les premiers à expérimenter cette stratégie de vente à la criée des résultats de l’élection présidentielle qui s’était terminée par la victoire de Me ABDOULAYE Wade sur Abdou DIOUF. Ils avaient recouru aussi aux radios locales et particulièrement communautaires pour atteindre le plus grand monde possible dans les villages les plus reculés des centres urbains. La chance pour eux, c’est que la loi électorale n’interdisait pas la publication des résultats à travers les médias. En RDC, par contre, le CESAC qui est l’organe de régulation des médias a demandé aux organes de presse tant audiovisuels qu’écrits de se soumettre aux instructions de la CENI interdisant toute publication des résultats électoraux avant le 6 décembre. Enfin, lors de grands évènements, il est de coutume que des laboratoires clandestins s’adonnent à la publication des informations sensationnelles par voie des photocopies libres vendues à la criée sur les places publiques. Une façon d’alerter et de prévenir l’opinion contre toute manipulation des résultats des urnes, croit-on savoir.

Hier, les principales missions d’observation électorale provenant des partenaires étrangers, notamment l’Union Européenne, la SADC, le COMESA, Les Etats de la Région des Grands Lacs, le Centre CARTER et la CEEAC ont rendu public un communiqué de presse félicitant les Congolais pour avoir répondu nombreux à ce scrutin, dans la discipline, et pour s’être appropriés ces élections. Selon elles, le taux de participation doit avoir atteint les 90 % sur l’ensemble du territoire national. Cela, sans faire une quelconque estimation des résultats des suffrages même, s’il est établi que ces missions détiennent la vérité des urnes.

F.M.

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