Elections 2011 : Diomi Ndongala, «Il faut d’abord identifier les nationaux»

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« Cinq ans après, on ne peut pas aller à de nouvelles élections sans savoir qui est Congolais et qui ne l’est pas ? ». La déclaration est d’Eugène Diomi Ndongala, président national de la Démocratie Chrétienne, DC. Il l’a faite au cours de la conférence de presse qu’il a animée, le vendredi 8 avril 2011 dans la soirée au siège de son parti. L’orateur a d’abord décrit la situation politique qui prévaut actuellement dans le pays, en rappelant que la Rdc est en pleine année électorale. Période où tout acteur politique prend position par rapport à l’événement. C’était l’occasion pour le leader de la DC d’exprimer des inquiétudes en rapport avec le processus électoral en cours, et d’établir un diagnostic cinglant du régime issu des élections générales de 2006.

D’abord, il s’étonne de voir la façon dont les choses se déroulent, notamment la manière dont le gouvernement conduit les affaires de la nation. Cette inquiétude est fondée sur le risque de dépassement du délai constitutionnel qu’on encourt pour l’organisation des élections. Pour lui, tout se fait comme si le gouvernement n’était contraint à rien, alors que le temps presse! Mais, dit-il, les dirigeants doivent savoir qu’il n’y aura pas de prorogation de mandat de Joseph Kabila.
La deuxième inquiétude d’Eugène Diomi est ce qu’il qualifie de confusion entre les habitants de la République démocratique du Congo. A ce jour, on ne sait pas qui est Congolais et qui ne l’est pas. On doit d’abord identifier les nationaux avant d’aller aux élections, martèle le président de la DC. Car, poursuit-il, refuser de le faire serait préparer la tricherie comme ce fut le cas en 2006.

Pour ce faire, il invite le chef de l’Etat à lancer un avis d’appel d’offres international pour la fabrication de la carte d’identité nationale. Il indique que cette offre qui s’autofinance est moins coûteuse que l’enrôlement des électeurs. Car la carte d’identité est génératrice des recettes parce que devant être vendue, par rapport à l’enregistrement des électeurs qui est gratuit. Faisant le calcul, il démontre que de l’étape de la commande à la fabrication de la carte d’identité, on ne peut pas dépasser trois mois. Surtout avec la technologie qui permet d’imprimer jusqu’à 2 millions de pièces par jour. Ce qui révolte le plus Diomi Ndongala est le fait de vouloir substituer la carte d’électeur à celle d’identité nationale, document que les peuples du monde entier détiennent.

Son manque expose le Congolais à des traitements dégradants partout où il passe. « Le Congolais n’a plus de dignité, de considération à l’extérieur du fait qu’il est actuellement difficile de l’identifier des autres peuples ». Avant d’affirmer qu’il a vu des étrangers avec la carte d’électeur! Pourquoi cela, alors qu’il était clairement dit que la carte d’électeur faisait office de carte d’identité pendant une année ? Cinq ans après, le gouvernement s’est montré incapable d’identifier les Congolais en les dotant d’une pièce qui les distingue des autres peuples. Concernant l’organisation de l’opposition aux prochaines élections, il a dit qu’il n’est pas préoccupé par la jouissance du pouvoir. Ce qui l’intéresse est l’intérêt du peuple.

Raison pour laquelle, il ne se gênerait pas de s’effacer pour favoriser la candidature unique de l’opposition en vue de prendre le pouvoir. C’est ici qu’il a dénoncé l’infiltration de l’opposition par des taupes qu’il dit ne pas craindre. Car, elles finiront par être découvertes, croit-il dur comme fer.

Tous au stade le 24 avril 2011

Par ailleurs, Eugène Diomi a saisi l’occasion pour lancer un appel à tous les cadres et militants de son parti à venir massivement au stade Tata Raphaël le 24 avril prochain pour soutenir Etienne Tshisekedi.
Se disant confiant en l’unité de l’opposition pour battre le candidat de la majorité au pouvoir, Diomi fustige les manœuvres auxquelles se livrerait le gouvernement pour empêcher les candidats du peuple de se présenter.
Ces manœuvres consistent en la hausse exagérée de la caution à payer par les candidats aux différents scrutins. Selon les informations recueillies, on s’apprêterait à faire payer au candidat président le double de la caution versée en 2006, soit 100.000 dollars. Et 5.000 dollars pour la députation.
Comme qui dirait les élections restent une affaire des riches, particulièrement ceux qui ont puisé dans la caisse de l’Etat.

Dom

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