Elections 2011 : c’est presque trop tard !

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La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) n’est toujours pas opérationnelle, plusieurs semaines après la promulgation de la loi organique portant sur sa création, son organisation et son fonctionnement ainsi que la désignation des membres de son bureau. Entre-temps, la CEI (Commission Electorale Indépendante) en sursis ne fait rien pour accélérer les opérations préélectorales relatives à la révision du fichier électoral.

A neuf mois des scrutins présidentiels et législatifs, le Bas-Congo reste l’unique province du pays où les personnes en âge de voter au 30 juin 2011 au plus tard ont reçu leur carte d’électeur. Pour l’heure, la CEI s’emploie tant soit peu à enrôler les populations majeures au Maniema.

 Mais ici, comme dans d’autres provinces de l’arrière-pays, se pose le problème de l’éloignement des centres d’enregistrement des électeurs. Dans certains territoires, les futurs électeurs sont
contraints de parcourir une cinquantaine de kilomètres pour se faire enrôler.

Des voix s’élèvent, aux quatre coins du pays, pour protester contre la lenteur affichée par la CEI dans le processus de révision du fichier électoral. D’aucuns n’hésitent pas à accuser le « pouvoir organisateur des élections » de vouloir empêcher des millions des concitoyens d’accomplir leur devoir civique consistant à participer au choix de futurs animateurs et membres des institutions de la République. De leur point de vue, il n’y a pas meilleur moyen d’élaguer des millions de Congolaises et Congolais du fichier électoral que de compliquer les formalités administratives et techniques liées à l’enrôlement.

Retard impossible à rattraper

D’ici décembre 2011, il est presque acquis que la CENI ne saura pas rattraper le grand retard accumulé par la CEI dans les opérations de révision du fichier électoral. En neuf mois, il serait impossible d’enrôler les populations de neuf provinces, à savoir Kinshasa, de Bandundu, de l’Equateur, de la Province Orientale, du Kasaï Occidental, du Kasaï Oriental, du Katanga, du Sud-Kivu et du Nord-Kivu.
La raison est bien simple : en 18 mois de travail, la CEI n’a pu toiletter le fichier électoral que de la seule province du Bas-Congo. Et, encore, les ressortissants de cette province se plaignent de l’omission des habitants de plusieurs localités, en raison de l’insuffisance des centres et bureaux d’enrôlement. Une prolongation des opérations d’enregistrement des non inscrits était réclamée mais la CEI, pour des raisons inexpliquées, avait fait la sourde oreille. Ainsi, le corps électoral de 2011 risque de ne pas refléter la véritable taille démographique de chaque province de la République. Une vive inquiétude s’est emparée des compatriotes vivant à Kinshasa ainsi que dans les huit provinces non encore prises en compte pour l’élaboration du nouveau fichier électoral. S’il est admis que la population congolaise est estimée à plus de 60 millions d’âmes et que le corps électoral devrait s’élever à près de 30 millions de personnes, l’on peut supposer qu’au stade actuel, près de 25 millions d’électeurs manquent à l’appel.

Que va faire la CENI pour ne pas hypothéquer le droit au vote des millions de Congolaises et Congolais vivant au pays ? D’aucuns pensent qu’il lui faudrait sortir un nouveau calendrier électoral et prendre réellement les choses en mains pour atténuer les pertes de temps lui causées par la CEI et la classe politique.

Jacques Kimpozo

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