Election du gouverneur et du vice-gouverneur : le Bas-Congo sous la menace d’un ticket improductif

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A une quarantaine de jours de l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur du Bas-Congo, la grande crainte des masses populaires de cette province est de se trouver devant un ticket improductif. Cela sous-entend le choix des mandataires qui, au lieu de faire oublier le mandat en demi-teinte de l’équipe Mbatshi-Nkusu (2007-2012) et un intérim de huit mois marqué par une mal-gouvernance dénoncée dernièrement par le Premier ministre et le ministre de l’intérieur, risquent de faire pire.
Comme dit dans nos livraisons antérieures, les Ne Kongo ne jurent que par le changement à la tête de l’exécutif provincial. Ce désir de renouveau est partagé par la majorité des forces vives provinciales, qui en avaient du reste faire part au Chef de l’Etat dans le mémo lui adressé par le Forum « Sauvons le Bas-Congo » au début du mois de juillet 2012. On rappelle que dans ce document, les notables de la province avaient dénoncé la mauvaise gestion des ressources humaines et financières par le colistier de Mbatshi en 2007 et successeur en 2012.
Au plan des enjeux politiques, l’arbitrage de Joseph Kabila est impatiemment attendu pour clarifier les ambitions politiques des candidats de la Majorité Présidentielle. A ce sujet, d’aucuns lui suggèrent de jeter un regard critique sur les statistiques de l’élection présidentielle de novembre 2011 au Bas-Congo pour ne pas se tromper de ticket gagnant. Dans une famille politique où l’ « autorité morale » a souvent insisté sur le poids politique de chaque parti allié, c’est le moment de revisiter la contribution de chacun à sa réélection. Logiquement, la distribution des cartes au niveau du gouvernorat devrait tenir compte des pesanteurs ayant négativement influé sur le score de celui qui arborait le dossart n°3 en novembre 2011, précipitant du coup le Bas-Congo dans le camp de l’Opposition.
 
Alors que l’heure de vérité a sonné, l’on apprend qu’un membre du bureau de la CENI était occupé à battre campagne, le week-end dernier à Matadi, au profit d’un candidat de la Majorité Présidentielle impliqué dans l’échec électoral du Chef de l’Etat dans cette province il y a 9 neuf mois. Pour son malheur, la presse locale, la Société civile et même les « Shegués » se sont dressés comme un seul homme pour dire non à sa triste initiative, considérée comme une grande distraction au moment où les Ne Kongo réclament à cor et à cri un gouverneur « vertébré » pour la direction de l’exécutif provincial. Ce mauvais pion de la MP a du reste été invité à débarrasser la scène, car la campagne électorale n’a pas encore été officiellement ouverte. Par ailleurs, les rumeurs courent dans tous les sens au sujet du patriarche Yerodia, que certains soupçonnent d’avoir choisi de parrainer des candidats de la Majorité Présidentielle n’ayant plus la cote au sein de l’opinion intérieure de Ne Kongo. Afin de tordre le coup aux racontars, des voix s’élèvent pour lui conseiller de bien scruter les attentes du Bas-Congo profond, afin de ne pas donner sa caution politique à des candidats de la Majorité Présidentielle qui, à cause de leurs turpitudes, ont fait sanctionner Joseph Kabila par le peuple Kongo en novembre 2011. Le 11 octobre 2012, tout le Bas-Congo attend de députés provinciaux un signal fort de changement au niveau du gouvernorat. Et, dans cette optique, la province n’est pas orpheline de personnalités de valeur, capables de relever non seulement le défi de la «Révolution de la modernité», mais aussi celui de la bonne gouvernance tout corps. Au regard des potentialités naturelles et humaines dont elle regorge, la terre de Kimpa Vita, Kimbangu et Kasa-Vubu ne mérite pas le sort qui est présentement le sien, celui d’une province où des millions d’hommes, de femmes et d’enfants doutent de leur avenir et de leur devenir. 
 
Kimp
 
 

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