Eglise catholique du Congo : encore une paroisse attaquée

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Des rumeurs assez persistantes ont couru toute la semaine passée, dans tous les sens dans la ville, et dans les provinces. Selon ces rumeurs évoquées dans tous les débats politiques et considérées par certains, comme fantaisistes et dénuées de tout fondement, certaines paroisses de l’Archidiocèse de la ville de Kinshasa, notamment Saint Augustin de
Lemba, Saint Bénoît, Saint François de Sales de Kintambo, Saint Dominique de Limete, Saint Joseph de Matonge, Cathédrale Notre Dame du Congo de Lingwala, pour ne citer que celles-là, seraient des cibles potentielles des attaques de la part des inconnus. Dans le lot, on a parlé aussi des paroisses d’autres diocèses, tout comme des lieux de culte de certaines confessions religieuses où des prêches
stigmatiseraient la mauvaise gouvernance, le glissement et
l’appauvrissement continu de la population.

Pour ce discours de vérité qui reflète le vécu quotidien, tous ces
temples seraient dans le collimateur de forces dites « nostalgiques de
l’ordre ancien ». L’on s’est alors demandé pourquoi cela. Car, l’on
sait que depuis toujours, l’Eglise catholique, tout comme l’église
protestante et d’autres confessions religieuses implantées dans notre
pays, vivent en parfaite harmonie avec le pouvoir en place, nonobstant
quelques rares coups de gueule de certains prédicateurs très critiques
et des pasteurs révoltés par la misère chronique de leurs fidèles et
la baisse drastique des offrandes et dimes.
Comment un beau matin, ces bonnes relations de partenariat pouvaient
se détériorer et laisser la place à une animosité particulière ? Après
tant d’autres enregistrés ici et là, un incident fâcheux survenu dans
la nuit du 8 au 9 février dernier, à Tshangu, semble accréditer la
thèse des attaques ciblées des lieux de cultes. En effet, vendredi
dernier, vers 2 heures du matin, des inconnus armés ont opéré un
pillage systématique de la paroisse Saint Théophile, au quartier
Biyela, dans la commune de Kimbanseke. L’on pouvait croire à un coup
de petits malfrats, a laissé entendre un habitant du coin, avant
d’ajouter que ces inconnus non identifiés ont ensuite ligoté les
prêtres, non sans proférer des menaces à leur endroit.
Dans le contexte de l’épreuve de force qui persiste entre le pouvoir
et l’épiscopat congolais, l’actuel chemin de la croix de l’Eglise
catholique entre dans la logique de ce que l’on pourrait qualifier de
persécution. Certains analystes décèlent dans les interventions
musclées du pouvoir lors des manifestations pacifiques de l’église,
tout comme celles de la population, des signes d’une persécution qui
ne dit pas son nom. Des injures dans les médias, des menaces ouvertes
et auxquelles il faudrait ajouter la profanation des lieux de culte,
le gazage des fidèles en pleine messe, des bébés dans une maternité,
des tueries des chrétiens, la bastonnade des prêtres, des menaces de
pillage des établissements scolaires du Réseau des écoles
conventionnées catholiques, des intimidations des prêtres et des
menaces d’attaque des couvents des religieuses. Tout cela procède
d’une campagne de persécution à laquelle est soumise l’Eglise
catholique et qui, si l’on n’y prend garde, pourra s’étendre à
d’autres confessions religieuses du pays.
Et au moment où la tension monte de jour en jour, les discours se
durcissent et les positions se radicalisent de part et d’autre.
J.R.T.