Education : la RDC comptée parmi les pays à progrès modestes

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Dans le cadre de la semaine mondiale d’action, le bureau exécutif de l’Unesco en RDC a procédé, hier jeudi 22 avril 2010 au Cercle français, à la présentation du rapport mondial sur l’Education pour tous « EPT», édition 2010. Du côté des officiels, on a noté la présence du ministre Mashako  de l’ESU, d’une conseillère de la ministre du Genre et Famille, en la personne de Jacqueline Rumb, du directeur résident de l’Unesco, Boubacar Diarra…

Ce rapport, le quatrième du genre, a été commenté  par le prof Pierre Gambembo de l’Unesco.. On y trouve des bribes d’informations en la matière sur la RDC.

« Atteindre les marginalisés » est le thème retenu cette année. Le texte  comprend cinq chapitres, à savoir, l’éducation en péril, les objectifs de l’Ept : un état des lieux, atteindre les marginalisés, l’aide à l’éducation : des engagements non tenus, les défis de l’Ept.

Le ralentissement des activités économiques dans le monde s’est répercuté dans le domaine de financement du secteur éducatif dans les pays en voie de développement. Lesquels pays ont besoin d’aide pour compenser les pertes des recettes et soutenir les dépenses sociales. Les pays donateurs ont consenti d’efforts appréciables mais ne sont pas allés trop loin en matière d’aide , a indiqué Pierre Gambembo. La situation est très préoccupante au niveau de l’Afrique subsaharienne. La malnutrition touche environ 155 millions d’enfants de moins de cinq ans. Des progrès ont été réalisés en matière de scolarisation des enfants. On a enregistré une diminution de  32 % d’enfants non scolarisés depuis 1999. Certains pays ont fait des progrès tout de même  remarquables ( Benin, Burkina Faso, Tanzanie, Ethiopie, Zambie, Niger…), D’autres, à l’instar de la RDC réalisent des progrès modestes en matière d’éducation pour tous. Pour une population estimée à 60 millions d’habitants, la RDC compte au moins 18 millions d’analphabètes.

55 millions d’enfants non scolarisés en 2015

A l’allure où vont les choses, il est à craindre qu’on enregistre 55 millions d’enfants non scolarisés en 2015, a-t-on entendu de la bouche de Gambembo. Le plus grand nombre des marginalisés va être enregistré au niveau de l’Afrique. A la même époque, le taux  d’analphabétisme pourrait reculer de 31 %. Le gouvernement congolais a semblé négliger l’analphabétisation dans le volet DSCRP, première partie. Un des objectifs de l’EPT est l’égalité des chances à accorder aux filles et garçons en matière d’éducation. Les écarts se réduisent mais il y a encore beaucoup des millions des filles non scolarisées contre 33 millions des garçons.

Evoquant la problématique de la marginalisation, Gambembo a laissé entendre qu’elle résulte de la combinaison de plusieurs paramètres. Il s’agit de la pauvreté, de l’inégalité entre les sexes, de la discrimination à l’égard de certains groupes sociaux, du Vih sida.

Définir les cibles d’enquête concernant tous les objectifs de l’EPT et s’assurer qu’elles sont atteintes. Déterminer les causes de la marginalisation… font partie des recommandations pour mieux s’occuper des marginalisés.

L’absence de Maker Mwangu décriée

Dans le chapitre des questions, les intervenants ont déploré l’absence du ministre Maker Mwangu de l’Epsp au Cercle français. D’autant plus que les enseignements « dispensés » par le prof Gambembo concernent surtout l’Epsp. Le ministre honoraire des Transports, Tantu Meyi a recommandé aux organisateurs de cette activité de convoquer une autre séance analogue à l’intention des ministres et parlementaires en charge de l’éducation, et des délégués de la Primature et de la Présidence. D’autres intervenants se sont demandés s’il n’était pas possible de reverser les dividendes du point d’achèvement de l’initiative PPTE dans le domaine de l’éducation.

Connu pour son franc parler, le secrétaire général du Syeco, Jean- Pierre Kimbuya   s’est dit déçu de constater  qu’il  n’y a pas beaucoup d’informations sur la RDC. Il a dit aussi clairement que le mal étant profond ( déperdition scolaire, marchandisation de l’enseignement à tous les niveaux..), il n’est pas bon de pratiquer la langue du bois.

Dans leur réplique, le directeur résident de l’Unesco et d’autres membres du personnel de l’Unesco ont fait observer que c’est au gouvernement congolais qu’incombe la tâche de transmettre dans le délai des statistiques fiables sur le secteur éducatif ou encore de réaliser les recensements pour aider des structures comme l’Unesco à donner des explications claires sur certaines préoccupations soulevées par certaines personnes.. Néanmoins, tout n’est pas sombre en matière d’EPT.

Les correctifs de Mashako Mamba

L’un des temps forts de cette journée a été l’allocution du ministre Mashako en fin d’activité. Il a commencé par remercier l’Unesco pour avoir contribué à l’élaboration des statistiques scolaires dans notre pays. Il est revenu ensuite sur la loi cadre sur l’enseignement mis en chantier par lui, Mashako et ses collègues de l’Epsp, de la Santé, de la Jeunesse, Sport et Loisirs, du Travail, des Affaires Sociales. C’est une grande avancée, a-t-il souligné.

Evoquant le problème de la modicité du budget de l’Etat au secteur éducatif ou encore à celui de la construction des infrastructures, il a dit que pour un pays comme la RDC, les impératifs sécuritaires ne doivent plus être négligés. Par ailleurs, les africains, mieux les Congolais, doivent avoir l’esprit que l’Etat ne peut à lui seul, résoudre les problèmes liés à l’éducation.

Les fidèles qui chaque dimanche déboursent d’importantes sommes en guise de dîmes ou simplement de « mabonza » devraient se poser des questions s’il n’est pas indiqué de canaliser ces collectes vers le secteur de l’enseignement. Les églises traditionnelles reversent une partie de l’argent perçu au domaine éducatif. Parents, ong, acteurs sociaux, partenaires, privés… peuvent donc contribuer à redresser les choses, a-t-il indiqué.

Amina Chomba, Mavata (Stagiaires de  l’Ifasic) et Jean- Pierre Nkutu

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