Edem Kodjo formel : Dialogue national, le Comité préparatoire cette semaine

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Edem-KodjoLe décor de la tenue du dialogue national en République Démocratique du Congo commence à se préciser.
Indisponible pendant plus de trois semaines pour raisons de santé, le facilitateur Edem Kodjo, a annoncé hier lundi 11 avril 2016, à partir de son nouveau bureau installé dans l’immeuble Serkas sur le boulevard
du 30 juin, la mise en place du Comité préparation avant la fin de la semaine en cours.
Face à la presse, il a fait savoir que ce Comité préparatoire devrait être le reflet de différentes sensibilités de la communauté congolaise,  notamment la Majorité présidentielle, l’Opposition et la Société Civile.
Kodjo a fait état des contacts informels qu’il a eus récemment en France avec des délégués de la Majorité présidentielle et de l’UDPS, à la veille de la fête de Pâques. L’ancien premier ministre togolais a indiqué que ces négociations de couloir ont permis de lever toutes les équivoques en rapport avec le dialogue, surtout  avec le parti- phare de l’opposition qu’est l’UDPS d’Etienne, qui tenait à voir clair dans son statut et son mandat  .
Les représentants d’Etienne Tshisekedi voulaient notamment savoir s’il était « Envoyé spécial de l’Union Africaine » ou « Facilitateur ». Pour apaiser cette inquiétude, a-t-il signalé, il a dû solliciter
de la présidente de la Commission de l’Union Africaine une lettre officielle attestant sa nomination comme «  Facilitateur du dialogue national congolais ». « La présidente de l’Union Africaine  ayant levé l’équivoque, la fille
aînée de l’opposition congolaise  ne trouve plus d’objection  pour participer au  dialogue national », s’est réjoui Edem Kodjo.
Pour ce geste de bonne volonté, il a tenu à rendre hommage à l’UDPS et à son président, Etienne Tshisekedi, pour avoir accepté de prendre part au dialogue.
Edem Kodjo n’a pas manqué de rappeler que dans le dernier communiqué de l’UDPS, Tshisekedi faisait pression pour que le dialogue se tienne avant le 24 avril 2016, faute de quoi son parti n’allait plus se
sentir concerné par ce forum.
S’agissant précisément du dialogue, le facilitateur a martelé qu’il n’y a plus de temps à perdre et il devrait se tenir, le dialogue se tenir le plus vite possible, pour une durée compte raisonnable, en tenant du délai constitutionnel qui court.
Le facilitateur pense que  plus rien n’empêche le déroulement du dialogue.
Kodjo a toutefois pris soin de lancer un dernier appel aux partis,
regroupements et personnalités politiques opposés au dialogue, en leur
faisant savoir qu’ils peuvent rejoindre à tout moment le train qui est
déjà en marche.
Concernant  la frange de l’opposition qui voit dans le dialogue un
agenda caché pour cautionner le « glissement » ou permettre au Chef de
l’Etat actuellement en fonction de briguer un troisième mandat, Edem
Kodjo estime que le dialogue est une opportunité idéale pour poser
tous les problèmes qui fâchent, sans tabou, au lieu de continuer à
faire des procès d’intention aux gens, avec des idées préconçues.
Toutefois, le facilitateur désigné par l’Union Africaine a insisté
sur le respect de la Constitution.
Tout en rappelant qu’il est l’un des auteurs de la Charte de l’Union
Africaine pour les droits de l’homme et des peuples, Kodjo a relevé
qu’il n’est pas venu en RDC pour comploter contre sa Constitution ou
qui que ce soit.
Le facilitateur du dialogue national s’est réservé de tout
commentaire au sujet de la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité,
notamment en ce qui concerne le respect du délai Constitutionnel  pour
l’organisation de l’élection présidentielle, interprété différemment
au sein de la classe politique  congolaise, selon que l’on se trouve
dans un camp ou dans un autre.
Pour Edem Kodjo, sa main reste tendue à tous ceux qui sont pour un
dialogue inclusif, afin de parler de tous les problèmes du Congo et
trouver des solutions adéquates.
«Il n’y a pas de mission impossible pour des personnes de bonne
volonté », a-t-il souligné.
ERIC WEMBA