Echos d’Afrique du Sud : Tshisekedi lauréat du «Prix Africain de la Paix»

0
58

Le Congolais Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président national de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) et candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, a été proclamé hier lundi 26 octobre 2011 lauréat du « Prix Africain de la Paix », édition 2011, dénommé « Michaël Cassidy Peace Award ». Cette distinction honorifique lui a été décernée par l’Ong « Christian Peace for Africa ». L’heureux événement a eu lieu hier à Johanneburg, en Afrique du Sud, en présence de l’illustre lauréat et de ses proches. La cérémonie de remise du prix a eu pour cadre la place Museum Africa. Il est important de signaler qu’Etienne Tshisekedi a devancé sur le podium l’ancien président du Mozambique, Joachim Chissano, classé en seconde position.

Selon les responsables de Christian Peace for Africa, le prix « Michael Cassidy Peace Award » a récompensé la précieuse contribution de l’opposant congolais à la promotion de la paix et de la démocratie non seulement en République Démocratique du Congo mais aussi à travers l’Afrique.
C’est le lieu de saluer le long combat politique du Mandela congolais pour la fin de la dictature et le retour de l’Etat de droit dans son pays. Lancée en 1982, sa lutte non violente pour l’émergence de la démocratie dans l’ex-Zaïre, sous la bannière de son parti, l’UDPS, alors confiné dans la clandestinité et porté à bouts de bras par les célèbres 13 ex-parlementaires, avait connu un de ses temps forts le 24 avril 1990. C’est à cette date historique à laquelle feu le maréchal Mobutu, président-fondateur du MPR (Mouvement Populaire de la Révolution), Parti-Etat, et président de la République, avait accepté de mettre fin au monopartisme et d’ouvrir son pays d’abord au multipartisme à trois (MPR, UDPS et FCN) puis au multipartisme intégral.

Sans avoir recouru à un seul coup de feu, après avoir connu relégations, bastonnades, emprisonnements, humiliations diverses… Etienne Tshisekedi et ses compagnons avaient réussi à faire plier l’une des dictatures les plus sanguinaires d’Afrique. L’autre temps fort de la contestation pacifique de la dictature fut la tenue de la Conférence Nationale Souveraine (1991-1992), laquelle était assortie d’une période de transition de 24 mois devant déboucher sur l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes. Hélas, celles-ci n’auront jamais lieu, Mobutu ayant résolu de marche sur les « Actes de la CNS » et de prolonger interminablement la transition, jusqu’à sa neutralisation en 1997 par l’insurrection armée de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo).

Fidèle à l’idéal de la non violence, Tshisekedi a poursuivi son travail de revendication pacifique du changement démocratique, essuyant au passage de nouveaux revers en termes de relégation, sous Mzee Laurent Désiré Kabila. Même lorsque plusieurs mouvements rebelles se sont dressés contre le pouvoir des Kabila, père et fils, entre 1998 et 2003, Tshisekedi s’est gardé de prendre les armes. L’histoire lui a donné raison car grâce à la magie du dialogue, les frères ennemis ont fini par se mettre autour d’une même table, en Afrique du Sud, et négocier une transition (2003-2006). Même lorsque le compromis politique en chantier avait été menacé par l’accord de Cascade entre le pouvoir de Kinshasa et le MLC en avril-juin 2002, Tshisekedi était monté au créneau, avec le concours du RCD, pour éviter un nouveau cycle de guerre.

Ecarté du Régime 1+4 et absent volontairement du processus électoral de 2006, le leader de l’UDPS ne s’est jamais découvert une âme de belligérant. Présentement, il s’est placé en premières lignes, au nombre des fils du pays acquis à l’idéal du changement pacifique de leadership au sommet de l’Etat. Tant d’activisme et de sacrifices pour construire la paix et la démocratie au Congo et en Afrique ne pouvaient passer éternellement inaperçus aux yeux des observateurs étrangers épris de paix et de justice.

Kimp

LEAVE A REPLY

*