Echange de voeux à l’ACB : «  La conjoncture actuelle fragilise le secteur bancaire »

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La traditionnelle rencontre annuelle qui réunit les dirigeants du secteur bancaire au sein de l’Association Congolaise des Banques(ACB) et la Haute direction de la Banque Centrale du Congo (BCC), a été respectée. Cette fois-ci, elle s’est tenue dans la soirée du vendredi 19 février, en la résidence de Michel Losembe, président de l’ACB.

 Le dernier a saisi cette occasion pour faire l’état des lieux du secteur bancaire congolais pour l’année 2015, dresser un bilan du mandat du bureau de l’ACB, qui s’achève en cette fin d’année et également les défis à relever.

On retient  de sa communication que depuis 2010, la RDC connaît un taux de croissance moyen de 7,8%, bien au-dessus de la moyenne de l’Afrique Subsaharienne. Entre 1994 et 2015, la hausse du niveau général des prix a été divisée par près de 1000. Quand à la monnaie nationale, elle se caractérise par une historique stabilité de son taux de change.

Néanmoins, le pays traverse à présent une conjoncture moins porteuse du fait du ralentissement de la demande chinoise, de la chute des cours des matières premières et des incertitudes qui planent sur les marchés financiers internationaux.

Alors que le pays entre dans une période à fortes turbulences politiques, Michel Losembe a estimé qu’il faut se servir les coudes en multipliant les espaces de dialogue entre les autorités publiques et l’ensemble des acteurs économiques jusqu’au retour des vents favorables. Car, dit-il, le contexte politique et ses aléas vont mécaniquement entrainer un climat d’attentisme chez les investisseurs. Ce ralentissement économique va nécessairement engendrer une contraction des résultats bancaires et une augmentation des risques de crédit.

Face à cette situation, le président de l’ACB a confié que les 18 banques implantées dans le pays sont prêtes à jouer leur rôle pour maintenir l’économie du pays en équilibre. Elles comptent par exemple contribuer à l’inclusion financière alors que seuls 6% des congolais sont à ce jour bancarisés, proposer aux particuliers des crédits adaptés à leurs besoins, financer le secteur privé, etc.

            Par ailleurs, le président de l’ACB a rappelé les différentes doléances répétées des institutions financières pour une non déductibilité fiscale des provisions sur créances litigieuses et douteuses, notamment les difficultés de recouvrement des engagements souscrits par les provinces démembrées, la réglementation du change dans l’Est du pays moins favorable que celle applicable dans les pays voisins, l’obstination de certains receveurs des régies fiscales et parafiscales à refuser de reconnaître le bénéfice du cantonnement aux procédures de recouvrement des dettes envers l’Etat, etc.

L’ACB juge son bilan satisfaisant

            En ce qui ce qui concerne le bilan de l’ACB et les différentes réformes engagées par le gouvernement, cette association a constater  l’implémentation satisfaisante du droit OHADA. L’ACB a eu à impulser la mise en conformité des banques avec les dispositions du droit OHADA dans les délais légaux.

            Michel Losembo a en outre souligné le rôle essentiel joué par la profession dans la réussite de la bancarisation de la paie des fonctionnaires. En novembre 2015,  814.437 fonctionnaires ont ainsi été bancarisés, dont 230.196 dans des territoires difficiles d’accès.

            Néanmoins, les défis demeurent pour une parfaite réussite de cette bancarisation. On note par exemple le retard pris dans la rétribution des banques, la non prise en charge de la TVA sur la rétribution des banques, mettant celle-ci en risque de porte-à-faux avec l’administration fiscale, etc.

Perside DIAWAKU