La dynamique des femmes les encourage à se retrouver massivement dans la sphère politique

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Marceline Kisita, membre du Rodhecic, de l’Ofedico et Coordonatrice de la Dynamique des femmes expliquez-nous votre travail sur terrain et votre parcours?
Je suis coordonatrice de la plate-forme Dynamique nationale des femmes. Il s’agit d’une plate forme  qui regroupe les femmes, membres de la société civile  de toutes les provinces  et dont chacune représente une organisation  engagée  soit dans  la  sensibilisation  et l’autonomisation  économique  de la femme, soit dans la participation politique de la femme à la gestion de la chose publique.   
            Je suis partie  de quelque part. J’ai  commencé  en 1992, après les pillages de triste mémoire, au sein de l’Organisation des femmes  pour le développement  intégral et communautaire, Ofedico en sigle,  dont le siège se trouve à Kinshasa, dans la commune de Lemba .  Nous étions un groupe de femmes  qui  à l’époque, avions réfléchi, après avoir constaté que de nombreuses femmes, comme nous,   vivaient  dans le  désarroi,  à cause du manque d’emploi et la plupart d’entre elles avec des  maris au chômage. Cette situation a eu comme conséquence  la non scolarité des enfants, les difficultés d’accès aux soins de santé pour elles-mêmes et pour leurs familles, d’assurer la restauration  des familles …  Nous avons résolu d’aider ces femmes en situation difficile au niveau de la base afin de leur donner un souffle nouveau. Nous avons nous-mêmes suivi la formation sur des technologies appropriées portant sur la fabrication des produits de nettoyage, des gaufres, galettes, la salaison des poissons, des jus, la petite gestion des recettes et à notre tour, nous avions sensibilisé  les mamans et les avions organisées en regroupement  pour l’apprentissage des activités génératrices des recettes. C’était pour nous une façon de lutter contre la pauvreté  par le développement de ces activités en vue de l’auto-prise en charge des familles par les mamans. Dans ce domaine de l’autonomisation  de la femme, nous formons actuellement des mamans maraîchères à Mpasa I sur la vulgarisation des  techniques culturales. Les femmes apprennent comment  tracer les plates bandes,  préparer les germoirs et faire  le répiquage en respectant les bonnes distances pour un bon rendement.
Pourquoi de la sensibilisation au développement à la sensibilisation à la politique ?
 
            Notre structure, Ofedico, étant une ong, membre du Rodhecic (Réseau d’organisation des droits humains et d’éducation civique d’inspiration chrétienne), nous avions, avec le temps,  pensé qu’il fallait évoluer avec les femmes et nous avions jugé utile d’apprendre à nos mamans  les instruments juridiques, mieux la connaissance de leurs droits. Nous avions adopté comme stratégie la sensibilisation par le théâtre populaire. Nous avions notre troupe, dont les actrices étaient des femmes fonctionnaires, vendeuses et maraichères et  qui avaient pour mission l’éducation, en général,  des autres  femmes ignorantes de  leurs droits.  Les femmes devraient connaître les instruments juridiques tant nationaux qu’internationaux. Par exemple au niveau du pays, il y a la constitution, notamment l’art. 14 qui parle de la  parité. Au niveau international, il y a la résolution 1325 des NU qui parle de la participation politique de la femme; la convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme. Bientôt, nous  envisageons la vulgarisation du code de la famille révisé dans quelques  articles parce que  la femme est toujours victime des violences et nous pensons qu’il est temps qu’elle puisse comprendre ce que dit le code révisé à ce sujet.
            Je suis, en plus, membre du Rodhecic et j’y coordonne la section genre  et enfant.  A la différence du travail que nous faisons, qui consiste à aider les femmes à accéder à un pouvoir économique par la gestion et le développement de la micro entreprise, le Rodhecic par sa section genre, met l’accent sur l’éducation civique et électorale et surtout la participation politique de la femme à la gestion de la chose publique.
Nous avons fait l’observation dans notre pays en 2005 concernant les opérations d’identification et d’enrôlement  des électeurs. Nous avions également fait l’observation lors des élections en 2006  au 1er et au 2e tour  et en 2011 nous avons fait le même travail avec la section genre  du Rodhecic.
Il faut dire que les femmes peuvent se retrouver en grand nombre dans les instances de prise de décision  car il y a parmi elles celles qui ont des atouts mais par ignorance, ne savent pas ce qu’elles doivent faire.
 
Que veut la Dynamique des femmes et quelles sont vos attentes en sensibilisant la femme à embrasser la carrière politique?
            En tant que coordonnatrice de la Dynamique nationale des femmes, notre souci est d’arriver à voir les femmes bien représentées dans les instances de prise de décision. Sur terrain, nous sensibilisons et formons les femmes pour les encourager à  s’enrôler, à postuler et à participer massivement comme électrices. Nous voulons que les femmes soient sensibilisées pour d’une part s’enrôler massivement comme électrices  et d’autre part  les voir adhérer dans des partis politiques, occuper des postes dans les directoires  car elles auront la possibilité de se faire élire  par d’autres femmes. Au finish, on retrouvera un nombre élevé de femmes au parlement et au gouvernement. Nous voulons voir le pourcentage des femmes politiques  augmenter par rapport aux élections de 2006 et de 2011.  Nous travaillons en synergie  dans un consortium des femmes représentant cinq organisations. Cause commune, Cafco, Caucus des femmes parlementaires et le réseau des femmes ministres. Nous voulons que cette fois-ci, les femmes  soient  suffisamment informées sur les élections et par rapport à l’arsenal juridique lié au processus électoral, de manière à avoir toutes les  informations  nécessaires pour pouvoir agir au moment voulu.
            Nous cherchons à relever les ambitions politiques des femmes  dans notre pays  pour pouvoir les canaliser  afin d’amener les femmes à  postuler  et à exercer des fonctions politiques ou carrément à s’intéresser à la chose politique.    
                                CM (CP)