« Dunia » de Gilbert Tshibangu : balade au cœur d’une vie intrépide

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Roman de société de 140 pages, édité par Edilivre à Paris en 2014, « Dunia » est une œuvre de Gilbert Tshibangu Kankenza qui décrit la vie tumultueuse d’un ancien porteur à Kalemie, ville de l’ex-province cuprifère du Katanga.

L’intrigue s’attache plus particulièrement aux pas d’un « misérable » dénommé Masumbuko (la souffrance, en swahili), mais que tout le monde appelait « Dunia »(le monde). Celui-ci, élevé par son oncle paternel, n’avait jamais connu ses parents, morts dans des circonstances mystérieuses, lui disait-il. Et quand son protecteur mourut à son tour, sans assistance, il se sentit rejeté par le monde. C’est ainsi qu’il ne passait pas une heure sans s’exclamer : « O Dunia ! Dunia inanikatala ! Juu ya nini ? » (Oh le monde ! le monde m’a rejeté ! Pourquoi ? ». Voilà pourquoi on a fini par l’appeler « Dunia ».

«Le bien-être commence-t-il toujours par le bien-naître ? » Cette interrogation tourmentait perpétuellement le personnage principal, Dunia, orphelin et porteur au marché, qui a commencé par faire la lessive chez le juge puis est devenu sentinelle chez un grec. Mais, même si le projet de celui-ci d’en faire un chauffeur ne s’est pas réalisé, notre protagoniste ne s’est pas découragé pour autant. Le voilà plus tard propriétaire terrien, planteur, éleveur, mari et père, vivant dans un standing auquel il ne pouvait accéder même dans ses rêves les plus audacieux, lui que même le nom, Masumbuko (« la souffrance »), prédisposait à la misère. Par quelle gageure y est-il parvenu ? « Non ! Le bien-être ne commence pas forcement par le bien naître… » parvient-il à répondre à sa propre question.

C’est un roman à la fois d’inspiration réaliste, épique, historique, social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux concernant la nature humaine.

Outre Dunia, l’auteur décrit avec dextérité d’autres personnages qui ont changé, négativement ou positivement, le parcours vital de son « héros ». Dans le lot : le juge et son épouse ; Zaninga, son chevreau ; son collègue sentinelle, Fataki ; Monsieur Papandreou, le commerçant grec mort et ressuscité deux fois ; Mawazo, madame Papandreou, devenue plus tard épouse et mère des enfants jumeaux de Dunia ; les tourtereaux Moussa et Eva ; etc.

L’auteur de « Dunia », Gilbert Tshibangu, est né à Goma, dans le Nord-Kivu, en RD Congo, le 5 janvier 1953. Après ses humanités pédagogiques, il a enseigné pendant quelques années avant d’embrasser l’informatique. Aujourd’hui cadre dans une entreprise pétrolière à Kinshasa, il s’intéresse à la contribution de l’homme noir à la
civilisation universelle. Précédemment, il a écrit : Une main dans l’ombre (Editions La Confidence, Kinshasa, 2011) ; O Miguel !

(Editions La confidence, Kinshasa, 2012) ; A la rencontre du destin
(Editions L’harmattan,  Paris, 2013) ; Une faute bienheureuse
(Editions L’harmattan, Paris, 2014).
Tshieke Bukasa