D’un marché à l’autre : le « Salongo » en panne à Super-Lemba

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Samedi 17 avril 2010. C’est une véritable panne sèche au marché Super Lemba, causée par le manque de matériel de travail. Comme d’ordinaire, quelques vendeurs et vendeuses ont déployé leurs étals entre 6 heures et 8 heures, question de liquider quelques marchandises avant que tout ne s’arrête, entre 8 heures et 10 heures, pour cause de « Salongo ».

Chose étrange, jusqu’à 10 heures, l’administration du marché n’arrivait pas à mettre à leur disposition les instruments indispensables pour les travaux d’assainissement. Les marchands et marchandes qui avaient préféré suspendre leurs activités commerciales, pour ne les démarrer qu’après le « Salongo », étaient fous furieux d’avoir perdu 2 heures. Quant à ceux qui étaient déjà sur la brèche depuis le matin, ils étaient heureux d’avoir suivi leur 6me sens.

Quelques volontaires, déjà acquis à la cause de l’assainissement du marché, se sont sacrifiés pour nettoyer devant leurs étals. Aucun des responsables chargés de l’opération de salubrité n’a fait signe de vie. Bref, les détritus vont continuer à s’accumuler en attendant le prochain « Salongo ».

Vélodrome : un travail inutile

Les vendeurs et vendeuses du marché Vélodrome, à Kintambo, se demandent s’ils doivent continuer à faire le « Salongo » chaque samedi. Leur inquiétude provient du fait que leurs efforts d’assainir leur espace commercial sont chaque fois remis en cause par des « visiteurs » nocturnes, notamment les Shegués, Kuluna et autres couples occasionnels qui y abandonnent des déchets de nourriture, des feuilles de chikwangues, des préservatifs usagés, des sachets en plastique, et, parfois, des matières fécales.

Ce spectacle dégoûtant, qu’ils rencontrent chaque matin, émousse leur ardeur au travail. La particularité du marché Vélodrome est qu’il fonctionne sous le régime de la double vacation. Marchands et marchandes de la journée sont sommés, par l’administration locale, de débarrasser les étals à 18 heures. Et, aussitôt après, d’autres « locataires », prennent le relais jusqu’autour de minuit. En fin de compte, l’on ne sait pas qui s’occupe réellement de la salubrité.

Joint à cet effet, l’Administrateur de ce marché a laissé entendre que le véritable nœud du problème se situe au niveau du manque d’outils indispensables aux travaux de salubrité. Selon lui, dès que le problème de matériels serait résolu, la propreté reviendra.

Kapella: le marché de la “dame de fer”

Mme Lunda Mbombo ne transige pas sur le respect du « Salongo » au marché Kapella, à Yolo, dont elle est l’administratrice. Chaque samedi, elle bat le rappel des troupes. Entre 8 et 10 heures, toutes les activités commerciales sont impérativement suspendues. Vendeuses et vendeurs sont astreints au nettoyage des toilettes, des allées et avenues.

La participation au « Salongo » est sanctionnée par un jeton. La « dame de fer » qui ne tolère pas les absences à ces travaux d’assainissement fait payer à tout récalcitrant une amende de 3.000 FC. Malheureusement, sa volonté de maintenir le marché Kapella dans un état permanent de propreté est bloquée par le manque de poubelles publiques.   

Mbanza-Lemba : poubelles naturelles

En dépit du « Salongo » hebdomadaire et des actions journalières de salubrité, le marché de Mbanza-Lemba reste prisonnier de la crasse. Pourtant, les chefs des pavillons et des syndicats font tout leur possible pour encadrer leurs membres en vue du maintien de la propreté. Chaque samedi, vendeurs et vendeuses ont l’obligation de débarrasser les ordures qui traînent devant leurs étals, boutiques et containers.

Ici, il existe des poubelles naturelles : ce sont les crevasses provoquées par les érosions. Ainsi, les ordures sont régulièrement déversées dans ces « trous », au titre de lutte anti-érosive. Au terme de chaque « Salongo », l’administrateur du marché fait le tour des pavillons pour savoir si tout s’est bien passé. Une amende de 300 FC est collée à quiconque n’aura pas exécuté le mot d’ordre. Hélas, l’état de propreté ne dure que l’espace d’une ou deux heures, avant que les ordures et immondices ne récupèrent leur domaine.

Matadi-Kibala fait la sourde oreille

Au marché de Matadi-Kibala, dans la comme de Mont-Ngafula, le « Salongo » est le cadet des soucis de la population marchande. Interrogée à ce sujet, une vendeuse a déclaré, en toute franchise : « Au début, tout semblait bien marcher car tout le monde se soumettait au mot d’ordre de l’Hôtel de ville. Puis, on s’est rendu compte que certains profitaient de l’arrêt de travail chez les autres pour détourner leur clientèle. C’est pourquoi, tout le monde a décidé de tourner le dos aux travaux d’assainissement. On préfère vendre dans un environnement insalubre et gagner de quoi nourrir nos familles.

Un grossiste abordé par Le Phare a pour sa part indiqué que la volonté de participer au « Salongo » est là mais les instruments de travail font défaut. Une vendeuse d’orange évoque l’inexistence des poubelles pour le stockage des ordures.

Tous ont dénoncé la démission des agents de la commune de Mont-Ngafula de leurs responsabilités dans l’encadrement du « Salongo ». Les chargés du contrôle se contentent de percevoir chaque samedi 500 FC pour non participation aux travaux de salubrité.

« Anciens Combattants » : le ras le bol des vendeurs

«On a beaucoup travaillé dans ce marché, et rien ne change. Les membres des comités nous embêtent » : tel est le verdict d’une vendeuse de pains du marché dit « Anciens Combattants », dans la commune de Ngaliema. Le samedi 17 avril 2010, ce lieu de négoce grouille de monde. Vendeurs et vendeuses, munis de balais, de bêches, de haches, de houes, de machettes…s’activent pour essayer de rendre propre leur milieu de travail.

Ici, deux poubelles, destinées à recueillir les ordures, sont archipleines depuis des semaines, voire des mois. Mais, aucun service n’est organisé pour les vider. Par conséquent, le nouveau lot d’immondices n’a pas de place. Les participants au « Salongo » n’ont d’autre solution que de les larguer autour de deux dépotoirs, ce qui donne naissance à une impressionnante montagne d’ordures.

Pendant le « Salongo », on observe un spectacle insolite : c’est le chassé-croisé entre les agents de l’ordre et les vendeuses allergiques aux travaux de salubrité, qui continuent de vendre clandestinement à la criée légumes, pains, chikwangues, piment, arachides, feuilles de manioc, farine de manioc et de maïs…

Mangobo : l’échec

C’est le constat d’échec au marché Mangobo, au quartier 2, dans la commune de Ndjili.  En dépit de sa forte fréquentation par la population marchande et les acheteurs, son état de propreté laisse à désirer. Samedi dernier, il est resté dans son état naturel d’insalubrité en dépit du « salongo » spécial. Selon les habitués de ce coin de vente, les travaux d’assainissement sont mal organisés et planifiés. L’encadrement est fort déficient. Tout le monde regrette que les agents de l’Etat se préoccupent plus de la perception des taxes que de l’hygiène du milieu.

Quartier 7 : la bonne voie

Le marché du Quartier 7, dans la commune de N’Djili, se trouve sur la bonne voie, celle d’un « Salongo » plus ou moins réussi. La mise à disposition des vendeurs et vendeuses des matériels tels que pelles, machettes, balais, houes, bêches et autres par l’administration du marché leur facilite la tâche d’assainissement. Tout s’arrête effectivement entre 8 et 10 heures, délai requis pour la propreté du marché. Ceux qui n’y participent pas sans motif valable s’exposent à une amende de 200 FC.

Avant de reprendre leurs activités marchandes, vendeurs et vendeuses canalisent les détritus vers les sites aménagés pour leur consignation. Peu après, les agents chargés de la salubrité publique les récupèrent pour les évacuer du périmètre du marché.

Kianza la « poubelle »

Si Kinshasa s’appelle, par euphémisme, « Kin-la-belle », dans la commune de Ngaba par contre, certains ont baptisé le marché Kianza la « poubelle ». Les immondices collectées chaque samedi dans le cadre du « Salongo » vont se greffer sur celles qui traînent un peu partout depuis des lustres, faute de bacs à ordures. En dépit des appels maintes fois lancés en direction des autorités communales, rien ne bouge.

Les deux chariots mis à la disposition de l’administration du marché pour l’évacuation des ordures sont nettement insuffisants au regard de la quantité des déchets à ramasser. Hélène Kandefu, responsable d’un pavillon, déplore l’absence de poubelles qu’elle considère comme un grand obstacle à la bonne conduite des travaux de salubrité.

Erosion « Matondo » : une aubaine pour les immondices

Samedi 17 avril 2010, le marché UPN a suspendu ses activités entre 8 et 10 heures, hormis les pharmacies.  Selon les instructions de son Administrateur, Siadi, la vente ne peut débuter qu’après 10 heures. Toute absence est sanctionnée par 2 à 3 jours de suspension. A en croire le précité, compte tenu de l’inexistence de poubelles, vendeurs et vendeuses sont invités à aller jeter les ordures dans l’érosion de l’avenue Matondo, non loin de là.

Perçue comme un danger public par les riverains, cette érosion constitue une aubaine pour les participants au « Salongo » de samedi au marché UPN.

« Nous avons sollicité des bacs à ordures mais jusque-là, l’Hôtel de Ville ne nous a pas répondu ». Mais peu après les travaux de salubrité, le coin renoue avec l’insalubrité avant la tombée de la nuit. « Si le marché redevient sale après le Salongo, c’est à cause du manque de poubelles où déverser les immondices », se plaint une vendeuse. « Nous sommes fort inquiets pour l’état du marché après le Salongo. Même les toilettes publiques n’existent pas. Un partenaire a aménagé un bloc sanitaire mais c’est insuffisant pour accueillir ceux qui vendent et fréquentent  le marché UPN ».

Pitié pour le marché Mariano

Le marché Mariano se confond parfois avec un dépotoir, tellement l’on rencontre des déchets et immondices à travers son espace. Les travaux de salubrité ne semblent donner aucun résultat palpable, en raison du manque de matériels d’assainissement mais aussi des poubelles. Une suspension à durée indéterminée est infligée à tout vendeur ou vendeuse absent au « Salongo ».

La plupart des vendeurs et vendeuses interrogés proposent que l’assainissement de ce marché s’effectue quotidiennement pour tenter, tant soit peu, de « chasser » les ordures.

Marché de la Liberté : l’exception

Au marché de la Liberté, dans la commune de Masina, le « Salongo » ne s’effectue pas le samedi. Il intervient chaque jeudi de la semaine. Ainsi en ont décidé les responsables de son administration. A cette occasion, vendeurs et vendeuses sont mobilisés pour lui donner une nouvelle robe. Jusque-là, il ne se pose pas de problème d’immondices. Les bacs à ordures y sont en nombre suffisant et elles sont vidées régulièrement.

Policiers et agents des services de gardiennage assurent le respect des normes d’hygiène et de salubrité publique.

Delvaux sans toilettes

Au marché de Delvaux, toutes les conversations des vendeurs et vendeuses tournent autour du manque des latrines. Son administrateur a promis un plan de salubrité publique qui continue de se faire attendre. Entre-temps, chaque matin à leur arrivée, vendeuses et vendeurs sont accueillis par des tas de matières fécales que « déposent » Shegués, Kuluna et autres inciviques malpropres.

Badiadingi face à un slogan creux

Chaque samedi vers 8 heures, ce sont des coups de sifflets qui annoncent le début du « Salongo ». Positionnés dans différents coins du marché, vendeuses et vendeurs essayent, tant bien que mal, de rendre propre leur lieu de commerce. Du côté des marchandes de légumes, après quelques coups de balais sur les allées, on procède à l’évacuation des feuilles mortes. Quelques sachets en plastiques sont ramassés au passage.

Mais la pluie du vendredi 16 avril a créé une situation inconfortable pour les participants au « Salongo », qui se sont trouvés dans l’incapacité de s’attaquer à la montagne d’immondices. Beaucoup de déchets ont été abandonnées devant les moulins et boucheries, fermés pour la circonstance.

Plusieurs vendeurs et vendeuses abordés ont avoué au Phare qu’ils se livrent au « Salongo », sans  conviction, juste pour échapper à l’amende de 5.000 FC. Ainsi, le résultat des travaux de salubrité est médiocre. Le marché de Badiadingi garde son visage hideux, avant comme après le « Salongo ».

Matete : la morosité

Chaque mardi et samedi, c’est dans la morosité que vendeurs et vendeuses de Matete passent les deux heures réservées au « Salongo ». Les uns s’efforcent de balayer devant leurs étals, pendant que d’autres les observent, bras croisés et marchandises emballées. La tristesse se lit sur les visages de pères et mères de familles impatients de déballer leurs colis pour la vente et la survie au quotidien.

Marché Central : « Salongo » payé

Au Marché Central, il s’observe deux camps pour le « Salongo » : celui des marchands appelés à balayer devant leurs étals ; et celui des agents commis à la salubrité. Le clair du temps des premiers cités est consacré plus à la causerie qu’au travail d’assainissement. En fait, personne n’a le cœur à l’ouvrage car les agents chargés de la surveillance du « Salongo » récoltent 100 francs au niveau de chaque « table » pour le paiement des temporaires recrutés pour le nettoyage des allées et le ramassage des immondices.

Rond point Ngaba : le défi de l’insalubrité

Un marché longiligne s’étale du rond point Ngaba jusqu’au fond  de la colline. C’est l’un des points de chute des denrées alimentaires en provenance du Bas-Congo. Il semble qu’au départ, la population marchande s’adonnait chaque samedi au « Salongo ». Mais, depuis un certain temps, elle s’en fiche. Les activités marchandes ne s’arrêtent plus. Il suffit à chaque vendeur ou vendeuse de débourser 100 Fc pour en être dispensé.

Pour le reste, ce sont des volontaires – Shegués et autres désoeuvrés- qui se tapent la corvée.

Marché Makongo : l’enthousiasme

Le marché Makongo est opérationnel au niveau de Lemba/terminus et s’étend jusqu’à l’église « Pierre Vivante ». Ici, les vendeurs et vendeuses participent encore avec enthousiasme aux travaux de nettoyage et d’évacuation des immondices. Même si ce n’est pas la grande propreté, l’effort d’assainissement est palpable.                                  

Marché Maza : peu mais bien

Le marché Maza, coincé dans un espace exigu, à Kingasani/Pascal, le long du boulevard Lumumba, et dominé par les vivres frais, reçoit chaque samedi sa petite dose de propreté. Le 17 avril, les vendeuses de poissons de mer, viande, poulets, légumes, tomates, piments, et autres épices participent activement au «Salongo». Toutefois, elles ont eu du mal à dégager les déchets des eaux boueuses et stagnantes de ce site marécageux. Celles qui rechignent à participer à ce travail d’assainissement s’acquittent de 100 FC auprès des gestionnaires du marché, qui se rabattent alors sur les enfants de la rue.

Des poubelles instyallées par l’Hôtel de ville sont là pour recueillir les ordures.

 

Tshinguta Anto (Stg/Ifasic)

Sandra Ntumba Kanyiki (Stg/UPN)

Aida Sindani ( Stg/ Ifasic)

  Patience Ndayada (Stg Unikin)

Carine Kapuku (Stg/ UPN)

Marianne Feti (Stg/Ifasic)

 Chancelle Bakebe (Stg/Ifasic)

Rodrigues Noti (Stg/Ifasic)

Francisca Kapinga (Stg/ UPN).

Eliane Tshiabu (Stg/ Unikin)

Aimée Kupa (Stg/Ifasic)

Glorieux Kiasanga  (Stg/ UPN)

Mydrie Mavata (Stg/Ifasic)

Chimelle Mwila (Stg/Ifasic)

Amina Chomba (Stg/Ifasic)

Cristelle Diateza (Stg/Ifasic)

Tanya Takufa (Stg/ Ifasic)

Irezille Dambe (Stg/Ifasic)

Léaticia Musesu

(Stg/Ifasic)

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