Droits humains et violences sexuelles : la Lifded et «Cause Rurale» en campagne dans les écoles de Tshangu

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La Ligue des Femmes pour le Développement et l’Education à la Démocratie « Lifded » et Cause Rurale ont organisé du 5 au 6 novembre 2010 une campagne de sensibilisation sur les droits humains et les violences sexuelles à l’intention des enseignants, des élèves et  des acteurs sociaux  du district de Tshangu. Trois sites ont été retenus pour la circonstance. Les élèves domiciliés à  Ndjili, Masina et Kimbanseke et inscrits  aux  instituts Lemfu, Luka, Diyabanza, au  Lycée professionnel et presbytérien de Masina… se sont retrouvés dans cette école. Leurs collègues de Nsele ont été regroupés à l’Institut  Technique Agricole et Vétérinaire « ITAV » de Nsele . Enfin, l’Institut Technique Commercial de Maluku était le site retenu pour les écoliers de Maluku.  Giscard Kilundu, Denise Kasela et Urbain Bizadi, respectivement chargé des programmes, assistante aux programmes, et animateur de la Lifded, positionnés pour la circonstance à Nsele, à Masina et Maluku, ont été les principaux animateurs de cette campagne… 

            Promouvoir une approche de communication enfant-enfant dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles et l’impunité, mettre en place des relais communautaires dans le souci d’apporter une assistance intégrale aux victimes potentielles des agressions sexuelles…. sont les objectifs assignés à cette campagne.

            Peu avant de la clôturer au niveau de Masina , Denise Kasela   a fait observer à ses hôtes  qu’ils ont intérêt à organiser dans le meilleur délai des séances de restitution des matières enseignées.

            «Nous allons faire le suivi de cette seconde étape. Et si vous avez quelques petits problèmes, n’hésitez pas de nous faire appel », a-t-elle souligné. Pour la journée d’ouverture, les « apprenants » de Maluku ont été sensibilisés par Urbain Bizadi  sur les concepts enfant,   droits humains, la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention relative eux droits de l’enfant, les  droits spécifiques des femmes…

            Ils   se sont  entendus dire que les droits humains constituent l’ensemble des prérogatives reconnues à l’homme  du seul fait de sa qualité d’être humain. Ces droits sont universels, inaliénables, indivisibles et constituent le gage de la dignité de l’être humain. Les droits humains sont « protégés » par la Constitution.  Les dix commandements renvoient à la bible.

            Et si on met souvent  l’accent sur les droits spécifiques des femmes, c’est parce qu’on est parti du constat que la gent féminine subit beaucoup de discriminations. Urbain Bizadi n’a pas été ménagé par ses « élèves». Que faut-il faire quand on a recueilli un enfant abandonné?

            Un jeune homme ayant déjà fondé son foyer peut –il hériter des biens laissés par son géniteur ? Telles sont les quelques questions posées par l’assistance.

            L’animateur de la Lifded a fait remarquer qu’un jugement supplétif est prononcé par les services compétents. Et le bon samaritain devient alors le père adoptif de l’enfant rejeté. 

Des récits significatifs

            Les  violences sexuelles ont été débattues le samedi 6 novembre 2010. dans les trois sites.  A ce sujet, Denise Kasela  a  dit aux élèves de Masina, Ndjili et Kimbanseke    que jadis attentat à la pudeur et viol étaient érigés en infraction

            Mais depuis le 20 juillet 2006, 14 autres formes d’agressions sexuelles viennent d’être  érigées en infraction.

            Il s’agit de mutilation sexuelle, harcèlement sexuel, mariage forcé, esclavagisme sexuel, proxénétisme…

            Le relais communautaire est  considéré comme le cordon ombilical entre la victime et les institutions d’accompagnement des personnes violentées. Il doit être patient, tolérant, discret… Il a été demandé à ces relais communautaires de se départir de la peur pour dénoncer des cas des violences..

            Un des récits ayant bouleversé les écoliers est l’histoire d’un mari dont l’épouse ne cessait de lui demander de l’accompagner dans ses voyages d’affaires. L’homme a fini par se plier aux sollicitations de sa compagne.  Et un soir, vers 23 heures,  ils furent assaillis par des éléments incontrôlés. Si vous voulez rester en vie,  cédez-nous toutes vos marchandises ou votre femme». Ont-ils lancé en direction de l’homme. Ne voulant pas compromettre leur moyen de survie, l’homme leur « céda » son épouse, qui hélas est aujourd’hui atteinte de sida.  Dès qu’ils avaient regagné la capitale, la femme avait fait signer à son mari une lettre dans laquelle celui-ci reconnaissait être l’auteur intellectuel du viol. Mais, le mari refuse depuis lors de partager le même lit avec son épouse..

            Cette histoire, on s’en doute, a suscité beaucoup de passions. Plusieurs participants ont lié le malheur survenu à cette dame à son entêtement.

            Les « cours » terminés, les élèves édifiés par les récits et les connaissances acquises ont déclaré au Phare qu’ils sont suffisamment lotis en matière des droits de l’homme et des violences sexuelles. Ils ont promis d’organiser des séances de restitution à l’intention d’autres condisciples dans un délai raisonnable, avec le concours de leurs encadreurs. 

 Jean- Pierre Nkutu

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