Droits de l’homme en RDC : l’UE préoccupée

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IMG_1499Au cours de deux journées de concertations organisées du 8 au 9 décembre 2015 au Cercle Elaeis, dans la commune de la Gombe, les ambassadeurs de l’Union Européenne en RDC ont échangé avec la société civile, dont les organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme, en marge de la Journée Internationale des Droits de l’Homme  à célébrer aujourd’hui jeudi 10 décembre 2015. C’était dans le but de mieux comprendre les préoccupations de cette dernière au sujet des droits de l’homme, de partager les idées et de s’assurer que les élections en 2016 seront effectives et productives.

Après la première journée consacrée aux travaux de réflexion suivant trois thématiques (Défenseurs des droits humains, Violences basées sur le genre, Liberté d’association et d’expression), les participants ont formulé des recommandations à l’endroit des diplomates de l’Union Européenne, conformément aux défis majeurs auxquels sont confrontées la démocratie et la liberté d’expression en RDC.

A l’issue de ces deux journées de réflexion, Daniel Hachez, chef de la coopération à la délégation de l’UE et représentant de Jean-Michel Dumond, a animé un point de presse hier mercredi 9 décembre 2015. A cette occasion, il a répondu aux différentes questions des journalistes en ce qui concerne notamment la manière dont l’UE compte accompagner la RDC dans son processus électoral, étant donné qu’à l’heure actuelle, un tableau sombre se présente en perspective.

A ce sujet, il a indiqué que l’Union Européenne se tient prête à appuyer le processus électoral, une fois qu’un calendrier électoral révisé et respectant les délais constitutionnels ainsi qu’un plan crédible de décaissement des fonds en faveur de la CENI, auront été publiés.

S’agissant de la situation des droits de l’homme, Daniel Hachez a indiqué que l’UE a enregistré des progrès dans ce domaine suite à un certain nombre d’actions, entre autres la ratification le 30 septembre 2015 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et du protocole facultatif, l’organisation des Etats généraux de la justice, la mise en place de la Commission nationale des Droits de l’Homme et de la Cour Constitutionnelle, etc.

          En dépit de ces avancées, a-t-il laissé entendre, la situation en RDC demeure gravement préoccupante. Il a épinglé ainsi les cas d’arrestations et détentions arbitraires qui n’ont fait qu’augmenter cette année et qui se prolongent à l’ANR, en empiétement aux prescrits de la loi, des entraves à la liberté d’association et de manifestation conduisant à des pertes en vies humaines, des blessés, des pillages et des arrestations à Kinshasa et à Goma. Par ailleurs, la situation sécuritaire dans l’Est du pays reste également préoccupante.

Les actions de l’UE

          Au regard de la situation, Daniel Hachez a soutenu que l’UE demeure très active à travers plusieurs démarches qu’elle entreprend auprès du gouvernement congolais avec la publication de plusieurs déclarations, son rappel à maintes reprises des principes définis dans la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance pour la préservation d’un climat politique apaisé permettant un débat serein, afin de protéger l’exercice de la liberté d’expression, les droits de l’opposition, d’assurer un espace politique ouvert, etc.

          Il sied de signaler que pour ce qui est des ONG avec lesquelles l’UE travaille dans la mise en œuvre de ses programmes visant à accroitre la redevabilité de l’Etat envers les citoyens, Daniel Hachez a annoncé que l’UE compte subventionner les activités pour un million d’euros au titre de la démocratie et des droits de l’homme en 2016.              Myriam Iragi