Droits de l’homme : carton jaune de HRW à la RDC

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L’ONG américaine de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW) vient d’infliger un carton jaune à la RDC. Elle se dit profondément préoccupée par la persistance de graves violations des droits humains. Cette alerte a été donnée hier mercredi 22 juillet 2015 par le Secrétaire exécutif de cette ONG, Kenneth Thomas Roth, lors d’une conférence de presse tenue à Gombe.

Il a fait état de cinq préoccupations majeures qu’il avait soulevées lors de ses récentes rencontres avec les autorités congolaises. Il a fait savoir que des membres des forces de sécurité et des services de renseignements congolais ont agi durement contre des activistes, des dirigeants politiques et d’autres personnes en janvier 2015 qui se sont opposés au troisième mandat du président de la RDC.

Les autorités ont tenté de réduire au silence la contestation en recourant aux menaces, arrestations arbitraires, disparitions forcées, etc. Une trentaine de participants à un atelier sur la démocratie à Kinshasa organisé par le mouvement Filimbi » étaient mis aux arrêts à Kinshasa. Ces fait sont épinglés comme des preuves de la violation de la liberté fondamentale d’expression et de réunion. Selon Human Rights Watch, aucun élément de preuve n’a été présenté pour attester que les activistes arrêtés ou les leaders de Filimbi étaient impliqués dans une insurrection violente, comme l’ont soutenu certaines autorités congolaises.

Il a invités décideurs politiques congolais à libérer sans conditions les prisonniers détenus en raison de leurs opinions politiques ou de leur participation à des activités pacifiques. Parmi eux figurent les jeunes activistes Fred Bauma et Yves Makwambala, le défenseur des droits de l’homme Christopher Ngoyi ainsi que les acteurs politiques Jean-Claude Muyambo, Ernest Kyaviro, Cyrille Dowe, Jean-Bertrand Ewanga et Vano Kiboko. Kenneth Thomas a indiqué que le fait de libérer ces personnes serait un signal fort du sérieux qui serait mis dans l’organisation future des élections.

Dans un autre registre, il a exhorté les autorités congolaises à accepter l’exhumation des corps enterrés dans une fosse commune à Makuku, entre mars et avril 2015. Les familles de ces victimes souhaitent connaitre la vérité quant au sort de leurs proches, afin que  justice leur soit rendue.

.         Le directeur exécutif de HRW a indiqué que la grande majorité des individus responsables de graves violations des droits de l’homme dans l’Est de la RDC demeurent impunis, et que les procès qui ont eu lieu ont souvent été entachés de graves irrégularités. Des dizaines de groupes armés sont toujours actifs dans l’Est du pays et de nombreux hauts commandants avec de graves antécédents de violations des droits humains demeurent en liberté.

Il a recommandé au gouvernement congolais de faire avancer sa proposition d’établir un mécanisme de justice spécialisé comprenant des experts internationaux, afin de poursuivre les auteurs des crimes de guerre et dees crimes contre l’humanité commis en RDC.

Il a enfin soulevé les cas de deux hommes suspectés de crimes graves recherchés par la justice mais qui sont toujours en liberté. Il s’agit de Sylvestre Mudacumura, chef du groupe armé rebelle des FDLR, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale depuis trois ans, pour neuf chefs d’accusations de crimes de guerre présumés… et Ntabo Ntaberi Sheka, sous le coup d’un mandat d’arrêt congolais émis en janvier 2011 pour crimes présumés contre l’humanité pour viol systématique de près de 400 personnes en 2010.

Murka