Droits d’auteurs : les artistes veulent mettre fin à leur angoisse

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le_monument_de_luambo_makiadiAu nom du ministre de la Culture empêché, son directeur de cabinet, Marie-José Kazadi, a ouvert, hier mercredi 2 décembre 2015 à Caritas à Gombe, l’atelier sur la « question des droits d’auteurs et droits voisins en République démocratique du Congo ». « Ce sujet de haute d’importance se veut une consultation sur le futur du droit d’auteur en RDC. J’exhorte les participants à cette session à l’assiduité, évitez d’apporter des jugements de valeur et soyez à la hauteur pour relever le défi de la culture, un véritable facteur de développement durable… » a-t-elle déclaré à l’endroit de l’assistance.

Président du Conseil d’administration de la Société congolaise des droits d’auteurs (Socoda), Verckys Kiamuangana Mateta a, pour sa part, salué la tenue de cet atelier en faveur de la Socoda qui a « pris un nouveau tournant, car ses organes renouvelés sont déterminés à mettre de l’ordre, à être à l’écoute de tous les créateurs, de travailler pour leur compte, afin que leurs revenus leur soient ristournés en toute équité et en toute transparence ».

Pour cet artiste, le travail abattu jusqu’à ce jour par son équipe, permet désormais à l’artiste, la veuve et l’orphelin de leurs défunts affiliés à la Socoda de vivre tranquillement, sans être en  mesure talonnés par le souci de l’avenir. Toutefois, il a profité de l’occasion pour accuser les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’organisation d’avoir sous-évalué les maigres revenus des assujettis à la Socoda et surtout de les avoir mal répartis. « Ces dirigeants, au lieu de rétribuer équitablement aux ayants-droits leurs dus, trouvaient grâce au prélèvement illicite d’argent qu’ils effectuaient sur les comptes de ceux qu’ils croyaient n’en avoir pas droit, le moyen de vivre plus largement et même de se procurer un certain superflu » a-t-il martelé.

Reconnaissant par ailleurs que très peu d’artistes font des économies, Kiamuangana Mateta le justifie par le fait qu’ils ne le peuvent pas réellement à cause des difficultés pécuniaires qui sont devenues leur partage. Une des solutions, conclut-il, c’est la mise en place de la nouvelle structure (Ndlr la Socoda) qui s’évertue à payer régulièrement, équitablement et à temps à chacun des adhérents, sa part.

Atelier appuyé par la représentation de l’UNESCO en RDC, son numéro 1, Abdourahamane Diallo, a saisi l’occasion pour rappeler que cette année consacre le 10ème anniversaire de l’adoption de la Convention pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Cet instrument, souligne-t-il, reconnait l’importance et le rôle des droits de propriété intellectuelle des artistes et créateurs. Pour lui, cependant, la tâche la plus essentielle à accomplir en matière de droit d’auteur en RDC, un univers de plus en plus dominé par le numérique, est certainement la création d’un cadre juridique équilibré et cohérent qui prenne en compte les mutations économiques et socio-culturelles en cours, tout en préservant les droits et les libertés fondamentaux dans le cyberespace.

Cet atelier, convient-il de souligner, se clôture cet après-midi.

Tshieke Bukasa