Droit de garde des enfants : deux époux s’empoignent devant leurs rejetons

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Si Pierre et Julienne n’avaient pas choisi la voie judiciaire, ils n’auraient pas vécu les déchirements entre leurs propres enfants et ce, devant des membres de deux familles, témoins et curieux accourus hier au Tribunal de Paix de Ngaliema. Le clou de cette affaire de divorce demeure le droit de garde des  enfants. L’édifice a commencé à prendre de l’eau avant de sombrer au lendemain de la découverte par le mari d’une liaison entre son épouse et un ami d’enfance aujourd’hui installé à Dakar au Sénégal où il exerce comme juge auprès de la Cour africaine de commerce affiliée au système de l’OHADA.

Les amis et connaissances ainsi que les membres de deux familles de ce couple qui passait pour un modèle dans les milieux universitaires et plus tard dans la profession ne pouvaient pas s’attendre à vivre ce spectacle. Au cours duquel les deux époux se sont empoignés sans pitié juste pour le droit de la garde de leurs quatre enfants en bas-âge. En effet, Pierre et Julienne avaient fréquenté ensemble la même faculté de Droit de l’Unikin avant de bénéficier d’une bourse d’études en France pour une spécialisation en droit des affaires. De retour au pays, ils ouvrirent un cabinet d’audit fiscal et comptable en compagnie d’un  ami d’enfance dénommé Adalbert qui, deux ans plus tard réussit à un concours pour les magistrats avant d’être désigné juge permanent à Dakar. C’est lui qui serait à l’origine du divorce entre eux, selon les dires du mari relayé par certains témoins.

L’assistance a alors vécu des scènes incroyables entre ceux qui, il y a quelques années, se juraient fidélité, amour, assistance jusqu’à la mort ! Car, à l’ouverture de l’audience publique et après avoir épuisé toutes les tentatives pour un arrangement à l’amiable, le juge des céans est alors passé à l’examen du fond en s’adressant aux quatre enfants pour connaitre leurs choix. Il y a lieu de signaler que les deux parties avaient été entendues dans la plus grande intimité dans le cabinet du juge aux affaires matrimoniales lors des tentatives de réconciliation. Mais en vain, car chaque partie campait sur ses positions. C’est alors que ladite affaire a été déférée devant le tribunal avec l’assentiment des deux parties, leurs avocats entendus.

Après avoir noté les identités de chaque enfant, dont deux fillettes et deux garçons, le juge est alors passé aux questions. Jessica, âgée de quatorze ans et qui est l’aînée de la famille, a surpris l’assistance en déclarant tout de go qu’elle ne voulait pas aller vivre avec sa mère parce que, dit-elle, « elle nous avait abandonnés depuis deux ans. Jeanny et Max, âgés respectivement de douze et dix ans n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère en se ralliant à leur sœur aînée. C’est autour de la cadette dénommée Pax que l’assistance a été sérieusement attristée. Cette dernière n’a pas attendu le juge car elle a couru vers sa mère en criant : « maman, ne m’abandonne plus, je pars avec toi ! »

            Face à ce spectacle qui a fait pleurer les deux époux ainsi que les autres membres des deux familles, le juge a suspendu momentanément l’audience pour se concerter avec l’officier du ministère Public. A son retour, il a tout simplement renvoyé la cause au mois, dans l’espoir de pouvoir arracher un arrangement à l’amiable entre les deux parties.

            Castro

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