Douche froide pour Kamhere et l’UNC : Pierre Kangudia refuse de quitter le gouvernement !

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Le ministre d’Etat, ministre du Budget, Pierre Kangundia Mbayi, a nettement dit un «NON» catégorique à l’appel de son parti, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et de son président Vital Kamhere, de quitter son poste au gouvernement Tshibala. Hier mardi 24 octobre 2017, il a animé une conférence de presse dans son cabinet de travail situé situé à l’hôtel du gouvernement, pour expliquer à l’opinion sa motivation de garder sa place dans un gouvernement que son parti accuse de manquer la volonté d’organiser les élections. «  Je suis très conscient de cet acte. J’en tire toutes les conséquences », a
martelé Pierre Kangudia.

En effet, a-t-il rapporté, le lundi 23 octobre le président de son
parti, Vital Kamhere, l’a reçu en sa résidence privée et lui a fait
part des informations en sa possession faisant état de son éviction du
gouvernement. « Pour vous éviter une humiliation, je vous demande de
démissionner…», m’a-t-il dit.
Ayant sollicité quelques temps de réflexion, Pierre Kangudia révèle
qu’il a été surpris d’apprendre par les médias sa démission du
gouvernement. La main sur le cœur, Pierre Kangudia a fait savoir que
cette décision a été prise unilatéralement, car n’ayant jamais été
consulté au préalable.
«Je n’ai pas été consulté. Tout le monde était déjà informé qu’on
m’avait déjà retiré du gouvernement.Mais moi, je n’étais pas au
courant. Quand on m’a donné l’information, j’ai demandé qu’on me
laisse deux jours pour réfléchir, on m’a dit non. J’ai demandé ensuite
un jour, on m’a encore dit non. On m’a dit de réfléchir jusqu’à 18
heures. Le temps d’arriver dans mon bureau, j’apprends que la décision
est déjà rendue publique et je la reçois via WhatsApp. Jai même refusé
d’y croire (…) Je crois que je suis plutôt victime d’une cabale »,
a-t-il expliqué.
«Pourquoi cet acharnement? Comment peut-on justifier mon retrait du
gouvernement et laisser mon collègue du parti qui est membre de la
Commission Electorale Nationale Indépendante  (CÉNI)? « s’est-il
interrogé, avant de déclarer solennellement de refuser de satisfaire
aux intérêts égoïstes et personnels des personnes qui veulent créer
inutilement une crise pour se positionner.

“Le Gouvernement Tshibala veut organiser les meilleures élections possibles… »

Pour lui, il reste dans le gouvernement pour trouver des moyens pour
organiser les élections. Il décline la responsabilité du gouvernement
en cas de non-tenue des élections en 2017. « Le gouvernement Tshibala
n’a pas eu suffisamment de temps pour préparer les élections. La crise
sécuritaire dans les Kasaï, ainsi que les différentes crises à
Kinshasa justifient la non-organisation des élections » s’est-il
justifié.
«Nous étions au dialogue de la Cité de l’Union Africaine et  nous
sommes arrivés à un compromis au cours de ces pourparlers  le 18
octobre 2016. Et pendant ce temps là, on a parlé, on a négocié avec
les autres pour réduire le temps de la transition afin d’aller aux
élections combinées. Et c’était coulé dans l’accord que les élections
devraient avoir lieu en avril 2018. Et après, il y a eu des pressions.
Nous sommes allés à la Cenco et avons décidé de tenir les élections en
décembre 2017. Mais la mise en place du gouvernement est intervenue
quand? C’est au mois de mai. Le gouvernement était censé travailler
pendant une année pour préparer ces élections, mais ce gouvernement
n’a jamais travaillé pendant tout ce temps. Les négociations ont
beaucoup traîné. Et en plus, il y a eu tous les événements de triste
mémoire : le Kasai et la situation à Kinshasa. Ici, ça n’a pas
rapproché la date de la tenue des élections. Au contraire, ça a
éloigné la perspective en 2017. Quand il y a crise, et on dialogue,
pensez vous que cela rend possible la tenue des élections ?», a dit
Pierre Kangudia.
Le ministre du budget a par ailleurs insisté sur le fait que le
gouvernement Tshibala continue de travailler dans l’objectif  «
d’organiser les meilleures sélections possibles et sans casse ».
Tshieke Bukasa