Double nationalité de Katumbi : un débat dangereux pour la Nation !

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Il y a des compatriotes qui ont estimé que pour disqualifier Moïse
Katumbi de la présidentielle du 23 décembre 2018, on devait exhumer un
document, fruit d’un montage grossier, lequel devait attester qu’il
était d’origine étrangère, plus précisément italienne. Malheureusement
pour ces pourfendeurs, l’histoire est têtue.
Selon les archives nationales encore récentes, Moïse Katumbi avait été
élu député provincial en 2006 comme citoyen congolais. Il était porté
à la tête du gouvernorat de l’ex-province du Katanga en tant que
Congolais.

A l’époque, la Commission Electorale Indépendante (CEI) avait toute
la latitude de fouiller dans son passé, de consulter toutes les
chancelleries du monde, ou d’interroger des témoins à charge pour
savoir si Moïse Katumbi était Congolais, Italien, Belge, Canadien,
Zambien, Israélien ou Américain. C’est le même Moïse Katumbi qui,
après avoir été élu député provincial et gouverneur de province, avait
été plébiscité par la famille politique du chef de l’Etat pour piloter
le PPRD dans l’ex-province du Katanga de 2007 à 2015, soit pendant 8
ans. Mais, où se trouvaient tous ceux qui prétendent aujourd’hui mieux
connaître de Moïse Katumbi que l’intéressé lui-même ?
Comme par hasard, pendant que la controverse autour de la Congolité
du jeune frère de Raphaël Katebe Katoto bat son plein, les autorités
traditionnelles du Katanga viennent d’entrer dans la danse. Ces
notables très respectés et respectables nous apprennent que non
seulement Moïse Katumbi est un des leurs fils, mais bien plus, il
appartient à la lignée du vénérable roi M’siri. Et ce lien de sang a
pour fondement sa mère.
Si en Afrique, on peut douter de la paternité de quelqu’un, par
contre, le doute est totalement exclu en ce qui concerne la maternité
car, la maternité est une et exclusive.
Pour revenir au débat sur la double nationalité de Moïse Katumbi,
c’est le lieu de souligner qu’il représente un gros danger pour la
République. Et pour cause : si un compatriote s’avisait aujourd’hui à
dresser la liste de tous les faux jetons qui siègent dans les
institutions de la République ou qui œuvrent dans les entreprises et
services publics, ce serait le sauve qui peut à tous les niveaux !
Qu’on se rappelle le séisme provoqué à l’Assemblée nationale en 2007,
sous le mandat de Vital Kamerhe, par la motion de José Makila au sujet
de la présence d’étrangers dans les institutions de la République. La
panique était telle que les députés nationaux avaient dû voter en
catastrophe un moratoire de 6 mois pour permettre à tous les non
Congolais de régulariser leurs dossiers. Même alors très peu d’élus
avaient renoncé à leurs nationalités étrangères.
Feu Mwando Nsimba Charles fut l’un des rares élus à exhiber
publiquement la preuve de sa renonciation à la nationalité belge. Par
conséquent, jusqu’au moment où nous couchons ces lignes, les
institutions nationales congolaises sont truffées d’étrangers. On peut
citer, à ce propos, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat,
Beya Siku, nommé ambassadeur en Belgique et recalé à cause de sa
nationalité belge. Il y a aussi l’ancien Premier ministre Samy
Badibanga accusé d’être Belge au moment de sa nomination, mais qui
s’était battu comme un diable dans un bénitier pour démontrer qu’il
n’était pas Belge. Mais, le doute persiste.
Il y a surtout le cas flagrant de Tharcisse Loseke, nommé
vice-ministre aux Finances en décembre 2017 comme citoyen belge, et
dont l’attestation de recouvrement de la nationalité congolaise
n’avait été signée qu’en février 2018 par le ministre de la Justice et
Garde des Sceaux, Alexis Thambwe Mwamba.
On rappelle aussi le cas d’un ancien député du MLC arrêté à
Kigali parce qu’il était porteur de la nationalité rwandaise.
D’où, nombre d’observateurs pensent que si Moïse Katumbi est en
mesure de démontrer, cartes sur table, qu’il est Congolais d’origine,
beaucoup parmi ceux qui le diabolisent risquent de rentrer dans leurs
petits souliers si le Parquet Général de la République ouvrait une
information judiciaire sur leurs origines.
Il est sûr et certain que le Sénat, l’Assemblée nationale, le
Gouvernement et plusieurs institutions de la République se videraient
de leurs membres. Car, de nombreux « Kuluna » en cravates, usurpateurs
de la nationalité congolaise, se retrouveraient en prison.
Bref, il est recommandé à chacun de bien observer la grosse poutre qui
est dans son œil plutôt que de se focaliser sur la paille qui se
trouverait dans l’œil de Moïse Katumbi.

Dom