Dossiers sales de la CENI: le pavé de Ngoy Mulunda

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daniel_ngoyiLe mandat de l’équipe conduite par Daniel Ngoy Mulunda, président du Bureau sortant de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), qui devait courir sur six ans, a été brutalement écourté, pour des raisons connues de tous. En principe, son départ ne devait pas poser problème, d’autant que la succession s’est déjà annoncée. Mais, dans les coulisses du bâtiment de l’ex-Banque du Peuple, l’on apprend que les sept compatriotes responsables des tripatouillages des élections présidentielle et législatives de novembre 2011 font de la résistance.

Bien que condamnés par les observateurs électoraux tant nationaux qu’internationaux et disqualifiés par les bailleurs de fond qui ont juré de ne plus mettre la main à la poche tant que Ngoy Mulunda et ses collaborateurs seraient aux affaires, ceux-ci réclament 16 millions de dollars américains à l’Etat congolais avant de rendre le tablier. Cette lourde addition, révèle notre confrère « La Prospérité », qui en a fait sa manchette d’hier mercredi 19 juin 2013, devrait compenser le manque à gagner de quatre années d’émoluments que les intéressés estiment en droit de percevoir avant de débarrasser définitivement la scène. Dans la ville haute, cela fait penser à un butin de guerre.

 Des interrogations

La facture établie par l’ancienne équipe dirigeante de la CENI suscite des interrogations. La première curiosité serait de connaître la hauteur des émoluments mensuels du Président, du Vice-président, du Rapporteur, du Rapporteur Adjoint, du Questeur et du Questeur adjoint. Car, pour en arriver à des indemnités de sortie de l’ordre de 16 millions de dollars américains pour une équipe de 7 individus sur une période de quatre ans, Ngoy Mulunda et consorts devaient bénéficier des « salaires politiques » et avantages connexes hors normes.

La seconde curiosité serait de savoir si ceux qui réclament aujourd’hui 16 millions de dollars américains au trésor public congolais étaient au service de la patrie ou dans un business. Apparemment, ce n’est pas le souci de rendre service à leurs compatriotes qui habitait les anciens animateurs de la CENI mais plutôt celui d’engranger de plantureux émolument que rapporte la fonction de membre de son Bureau.

Le pavé jeté dans la mare par Ngoy Mulunda explique, si besoin est, pourquoi les candidats à leur succession ont failli s’entretuer pendant le round de présélection au niveau de leurs « composantes » et « sous-composantes ». Il explique aussi les manifestations festives organisées par les « nouveaux élus » avant leur investiture et leur entrée en fonction. Le rêve de devenir millionnaire en l’espace de six ans est l’unique motivation de l’inflation des candidatures enregistrées aussitôt après l’annonce de l’expiration inopinée du mandat de l’équipe de Ngoy Mulunda.

La troisième interrogation concerne les dettes accumulées par les gestionnaires sortants de la CENI, que notre confrère « La Prospérité » chiffre à 120 millions de dollars américains. Il est vraiment paradoxal que des individus qui ont à justifier un passif aussi lourd se permettent de réveiller les chats qui dorment. Les observateurs pensent qu’à la faveur de la gloutonnerie financière de la bande au pasteur Daniel Ngoy Mulunda, le gouvernement congolais devrait penser à diligenter un audit afin de dépoussiérer les comptes de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), en remontant jusqu’au mandat d’un autre ministre de Dieu, le revenant abbé Apollinaire Malumalu.

La revisitation des états financiers de cette institution d’appui à la démocratie s’impose pour calmer les appétits financiers de ses anciens animateurs et, pourquoi pas, engager des poursuites judiciaires contre eux pour mégestion. Avant de payer 160 millions de dollars à Ngoy Mulunda et consorts, le peuple congolais devrait voir clair dans la gestion de la CENI car, en plus des dettes certifiées de 120 millions de dollars américains, d’autres « cadavres » financiers reposent dans placards du « pouvoir organisateur » des élections en République Démocratique du Congo.

Kimp

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