Dossier Katumbi : Lumbi et Sesanga lèvent les équivoques 

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Après 3 jours de Conclave au pays de Nelson Mandela il y a une semaine, Pierre Lumbi, et Delly Sesanga, respectivement président et secrétaire général de la méga –plateforme « Ensemble pour le changement », ont regagné le pays le vendredi 16 mars 2018.

Pour éclairer l’opinion sur la philosophie et les objectifs de leur nouveau regroupement né à Johannesburg ainsi que le programme du candidat Moise Katumbi Chapwe à la présidentielle du 23 décembre 2018, ils ont animé un point de presse le samedi 17 mars 2018 dans la salle Notre Dame Reine de la Paix, dans la commune de la Gombe.

            Etaient présents à cette conférence, Jean- Bertrand Ewanga, Christophe Lutundula, Pay- Pay, Christian Mwando, Modeste Mutinga, etc.

D’entrée de jeu, Pierre Lumbi a réaffirmé l’appartenance d’ « Ensemble pour le changement » dans le Rassemblement. Il a souligné que leur regroupement politique, qui soutient la candidature de Moïse Katumbi à l’élection présidentielle, n’exclut pas un débat autour d’une candidature commune et unique de l’opposition avec les autres forces politiques acquises au changement, pour gagner la bataille de l’alternance.

« Maintenant que nous avons désigné notre candidat à l’élection présidentielle, nous demandons au président Kabila qui ne peut pas postuler pour un troisième mandat, de faire connaitre son dauphin », a indiqué l’ancien Conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité.

            S’agissant la nationalité tantôt italienne, tantôt zambienne de Moise Katumbi, il a conseillé vivement à ses détracteurs de préserver le peuple congolais d’attaques personnelles injustifiées.

            « Que ceux qui pensent être plus Congolais que Katumbi lèvent le petit doigt et ils auront secoué la ruche d’abeilles », prévient Pierre Lumbi, en déclinant la lignée du précité, petit-fils de M’Siri, le roi des Bayeke, qui fabriquaient des croisettes de cuivre avant l’arrivée des blancs à Bunyeka.

            Pour Pierre Lumbi, leur candidat, Moise Katumbi, est en conflit avec le Président de la République et non avec la justice congolaise.

Prenant la parole à son tour, le Secrétaire général de « Ensemble pour le changement », Delly Sesanga, a fait la restitution des travaux de leur conclave tenu en Afrique du Sud.

Il a présenté le programme politique de leur plate-forme articulé autour de quatre piliers, notamment la consolidation de l’Etat, de la démocratie et la paix en RDC ; la relance de la croissance et de la diversification de l’économie et la création d’emplois ; la valorisation du capital humain et la promotion d’une politique de prospérité partagée ;

l’environnement, le développement durable et la question de la gestion du changement climatique.

Le président de l’Envol a fait savoir que dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, il est prévu la mobilisation de 100 milliards de dollars sur le cycle du mandat de 5 ans, la création de 3,5 millions d’emplois, de 10 pôles de croissance répartis sur toute l’étendue du territoire national, la réduction du train de vie des institutions.

                                                                                                                               Eric Wemba

 

 

CONFERENCE DE PRESSE

            Au nom de mes collègues de la plateforme « Ensemble pour le Changement », je vous souhaite la bienvenue dans cette salle Notre Dame de Paix pour éclairer l’opinion sur la philosophie, les objectifs de la plateforme « Ensemble pour le changement » et le programme du candidat Moïse KATUMBI CHAPWE aux prochaines élections du 23 décembre 2018.

En effet, du 9 au 12/mars/2018, les partis politiques et associations qui soutiennent la candidature de Moïse KATUMBI aux prochaines élections se sont réunis en conclave à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour examiner la situation politique du pays, faire l’évaluation de leurs organisations et prendre les décisions.

Au cours des travaux, les participants ont procédé à : 1. L’évaluation du processus électoral ; 2. L’organisation des forces politiques, soutenant la candidature de Moïse KATUMBI au regard des enjeux électoraux ; 3. L’adoption du programme politique de la plateforme ; 4. La définition des objectifs électoraux de la plateforme

 

1. L’EVALUATION DU PROCESSUS ELECTORAL

Concernant l’évaluation du processus électoral, les participants ont noté que la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, a publié le calendrier électoral par sa décision N°065/CENI/BUR/17 du 05 Novembre 2017, qui fixe la date des élections combinées (présidentielle, législatives et provinciales) au dimanche 23 Décembre 2018.

En dépit de ses faiblesses, dont certaines ont été relevées sous forme de contraintes par la CENI elle-même, tout le monde s’accorde pour que cette échéance soit respectée.  Au demeurant, la tenue de ces élections est une étape essentielle à la consolidation des efforts du peuple congolais et de la communauté internationale en faveur de la démocratie, de la stabilité et de la paix dans la région.

L’Accord du 31 décembre 2016 ayant résolu la question du respect de la constitution en ses points II.1 et II.2 par l’interdiction de toute révision et changement de la constitution ainsi que l’impossibilité pour Monsieur Joseph KABILA de briguer un troisième mandat, les problèmes majeurs à résoudre pour l’organisation effective d’élections libres, transparentes, inclusives et crédibles demeurent :

 

a) le respect de ce calendrier par le Président KABILA et par ses partisans ;

b) la mise en œuvre intégrale et de bonne foi de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 en ce qui concerne plus particulièrement l’application des mesures de décrispation politique ;

c) la redynamisation et la restructuration de la CENI.

Dans les faits, rien à ce jour ne permet de penser que Monsieur Joseph Kabila est prêt à appliquer l’Accord de la Saint Sylvestre et à libérer le processus électoral en vue de l’alternance démocratique.

Ni décrispation politique, ni audit, ni restructuration de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour renforcer son impartialité, ni plan de décaissement des fonds pour les élections ne sont à l’ordre du jour. Au contraire la restriction de l’espace politique se poursuit avec la généralisation des arrestations des militants des droits de l’homme et les interdictions des manifestations publiques pacifiques de l’opposition.  Ainsi, les marches pacifiques des chrétiens organisées dans le seul but d’obtenir la mise en œuvre de l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 sont réprimées dans le sang.

La situation sécuritaire se dégrade : prolifération de plus de 130 groupes armés, émergence des nouveaux foyers de conflit (centre, le cas Kamwina Nsapu et Est du pays, en particulier Beni et Ituri) avec à la clé plusieurs milliers de morts, des dizaines de fausses communes, plus de 4 millions de déplacements internes, 670 000 réfugiés dans les pays voisins, près de 2 millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë nécessitant une aide de toute urgence.

Malgré cette tragédie, les résolutions ainsi que les recommandations de la communauté internationale (Nations Unies, Union Africaine, UA, Union Européenne, UE, SADC, certains partenaires bilatéraux et Vatican) ne reçoivent que très peu d’échos de la part du Président Kabila et de son gouvernement.

Or, il ne peut y avoir d’élections démocratiques et crédibles, porteuses d’un règlement durable de la crise actuelle, de paix et de stabilité en RDC, sans décrispation politique ni réaménagement de la CENI pour rassurer tous les compétiteurs électoraux.

A 9 mois des élections, la prochaine session du Conseil de sécurité des Nations Unies devra se pencher particulièrement sur les voies et moyens les plus efficaces pour contraindre le Président Kabila à mettre en œuvre les actions et les mesures prévues par l’Accord politique du 31 décembre 2016 et sa résolution 2348 (2017).

Le 26 mars 2018, la CENI publiera la liste des regroupements et partis politiques autorisés à concourir aux prochaines élections, telle que transmise par le ministère de l’intérieur. En l’absence de solution sur la question du dédoublement des partis politiques, il est évident que certaines formations politiques courent le risque d’être exclues des élections.  Ainsi donc, le 26 mars 2018 au plus tard, la question du dédoublement des partis politiques doit donc être résolue. Faute d’avoir résolu la question, la persistance du dédoublement compliquera le contentieux des candidatures et retardera d’autant l’échéance des scrutins prévue pour le 23 décembre 2018.

S’agissant de la libération des prisonniers politiques et du retour des exilés, les mesures d’élargissement doivent être prises pour au plus tard fin avril 2018. Les bénéficiaires de ces mesures doivent jouir de leur liberté suffisamment tôt pour prendre une part active au processus électoral. Le dépôt des candidatures aux provinciales, législatives nationales et à la présidentielle est fixé au 25 juillet 2018.

La mise en œuvre des mesures de décrispation va à n’en point douter, contribuer à l’apaisement et à la construction de la confiance pendant la période pré-électorale, électorale et post-électorale et, constitue la condition sin qua none d’un processus électoral apaisé.

De plus, il y a lieu d’envisager la levée immédiate de toutes les mesures de restriction et d’interdiction des réunions et manifestations publiques prises par les différentes autorités municipales sur instigation du gouvernement central. Alors qu’on chemine vers la précampagne, l’opposition reste toujours empêchée de mouvement et ne pourra pas préparer ses partisans aux élections.

Il en sera de même des préoccupations exprimées sur l’indépendance et l’impartialité de la CENI, la transparence des scrutins. A cet effet, outre le remplacement des membres du Bureau de la CENI par les partis politiques et autres composantes concernés, conformément à l’Accord du 31 décembre 2016, les opérations ci-dessous doivent être conduites et entourées de la plus grande transparence : – audit du fichier électoral (mai 2018) ; – rejet de l’usage de la machine à voter pour le scrutin ; – appui des experts internationaux

Les participants en appellent à l’attention continue de la communauté internationale. Toute indifférence ou complaisance face à l’impasse actuelle sur l’application effective des mesures de décrispation ne pourra que compromettre les initiatives et les efforts de règlement pacifique de la crise de la République Démocratique du Congo. Les élections non balisées par ces mesures peuvent conduire inexorablement la République Démocratique du Congo vers un chaos généralisé difficilement maîtrisable.

 

2. L’ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DE « ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT

 

Les participants ont noté l’urgence à s’organiser sur une base plus large et ouverte, adaptée à la gestion des enjeux électoraux aux regards de contraintes de la loi, des exigences politiques nationales et de l’espérance profonde du peuple congolais à matérialiser l’alternance politique. A cet effet, les participants ont décidé de mettre en place une plateforme politique dénommée « ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT ». Cette plateforme réunis tous les partis politiques membres du G7, de l’AR et de tous les autres partis politiques désireux de rendre effective l’alternance politique par les urnes. C’est ici le lieu de réitérer l’appel d’ouverture et de rassemblement lancé par le Président KATUMBI dans son discours d’ouverture à l’endroit de tous les congolais épris de la volonté de changer les choses. ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT est structuré de la manière suivante : • Président  • Vice-président • Bureau politique • Secrétariat général • Conseil National • Coordinations provinciales et locales

 

ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT a désigné Moïse KATUMBI CHAPWE comme président de la plateforme.  Conformément à l’acte constitutif, il a désigné Pierre LUMBI et Delly SESANGA, respectivement comme Vice-Président et Secrétaire général.  Les participants ont également décidé de présenter la candidature de Moïse KATUMBI à la prochaine élection présidentielle.

 

3. L’ADOPTION DU PROGRAMME POLITIQUE DE LA PLATEFORME

 

La cohérence de la plateforme ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT s’est manifestée également par l’adoption d’un programme alternatif crédible pour donner un sens au changement. Ce programme est articulé autour de 4 piliers suivants :

 

1. La consolidation de l’Etat, de la démocratie et la paix dans notre pays ; 2. La relance de la croissance et de la diversification de l’économie et la création d’emploi ; 3. La valorisation du capital du capital humain et la promotion d’une politique de prospérité partagée ; 4. L’environnement, le développement durable et la question de la gestion du changement climatique

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme, le candidat Moïse a précisé certains engagements notamment la mobilisation de 100 milliards de dollars sur le cycle du mandat de 5 ans pour son financement, la création de 3,5 millions emplois, 10 pôles de croissance répartis sur toute l’étendue du territoire national, la réduction du train de vie de l’Etat.

 

4. LA DEFINITION DES OBJECTIFS ELECTORAUX DE LA PLATEFORME

S’agissant des objectifs électoraux, ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT s’engage à présenter autour de son programme des candidatures à tous les niveaux des élections : présidentielle, législatives et provinciales.

ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT envisage de gagner les élections à tous les niveaux : présidentielle, législatives et provinciales.

Telle est en substance les conclusions des travaux du conclave des forces du changement tenus à Johannesburg du 9 au 12 mars 2018.

Kinshasa, le 17 mars 2018

Nouvelle Loi électorale

            Cela fait plus de deux mois qu’elle a été saisie par un groupe de députés et sénateurs sur l’inconstitutionnalité de la nouvelle loi électorale déjà promulguée par le chef de l’Etat. Mais la Cour constitutionnelle peine à rendre sa décision qui, du reste, est très attendue pour fixer l’opinion en ce moment où on veut aborder le virage de grandes étapes du processus électoral suivant le calendrier de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI.

            Cette attitude attentiste de la haute Cour face à une question voulue de nécessité urgence, fait penser à d’aucuns que la plus haute juridiction nationale jouerait aux manœuvres dilatoires ; alors que le processus électoral entre dans une étape décisive.

 

            C’est l’avis d’Henri Thomas Lokondo qui fut le premier à dévoiler du haut de la tribune de l’Assemblée nationale, lors du débat sur la nouvelle loi électorale, son intention de saisir la Cour constitutionnelle à cause de la violation de quelques dispositions de la Constitution qui sont en contradiction avec de la nouvelle loi, avant d’être appuyé par un groupe de ses collègues députés ainsi que des sénateurs.

            Il avait ainsi épinglé particulièrement les articles 101 et 118 de la loi fondamentale. Concernant l’article 101 qui définit les trois principales catégories de candidats aux élections – à savoir les partis politiques, les regroupements politiques, et les indépendants – il avait démontré clairement qu’en arrêtant le seuil de représentativité au niveau national, on excluait expressément les indépendants de la compétition.

            Car, s’était-il interrogé, comment alors calculer le seuil d’un indépendant dont le leadership s’exerce sur une contrée donnée du territoire national ? Le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur et sécurité à l’époque qui défendait la loi au nom du gouvernement, n’avait pas eu de réponse à donner à cette interrogation.

Ce qui faisait de l’article 118 de la nouvelle électorale une violation pure et simple de la constitution qui consacre les trois catégories de candidats précités.

            Autre dénonciation faite par le même député au cours du débat : l’augmentation exponentielle des cautions à payer pour être candidats chef de l’Etat, députés nationaux et provinciaux. Pour l’élu de Mbandaka, des montants faramineux arrêtés excluent automatiquement les gagne-petit de la compétition, en rendant le vote censitaire ou réservé uniquement aux riches.

            Par ailleurs, a-t-on appris, cette nouvelle loi électorale fut l’émanation de la CENI qui en avait élaboré l’avant-projet avant que le gouvernement ne s’en approprie.

            Concernant le retard pris par la haute Cour pour se prononcer, certaines indiscrétions laissent entendre que la majorité présidentielle, après avoir adopté dans la précipitation la loi, se serait rendue compte du danger réel qu’elle encourt en voulant écraser des partis sociétaires dans l’objectif de contraindre tout le monde à adhérer à un seul parti politique. Une situation à même de provoquer l’implosion de la famille présidentielle.

            On renseigne que si Lokondo Yoko et cie avaient eu le courage de dénoncer cette fausse note en public, nombreux sont ceux qui jouent à l’hypocrisie alors qu’ils ne sont pas d’accord avec la nouvelle loi qui les condamne à la diparition.

            Au vu de la situation aussi bien au plan juridique que politique, des observateurs pensent que la Cour devait trancher en faveur de la requête pour préserver la paix sociale, gage nécessaire pour aller aux élections.

On rappelle que la requête en inconstitutionnalité a été déposée auprès de la haute Cour le 15 janvier 2018.

Dom

1 COMMENT

  1. Messieurs,
    Cet homme d’affaires est un Italien. Il est Inéligible au Congo démocratique. L’AMP le connait bien.
    Cherchez un congolais de souche Pour condidat à la Présidence de la RDCongo soit vous même ( Mr.Lumbi ou Mr.Sesanga).

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