Dossier contre Bemba au Parquet Général : faux !

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Un communiqué anonyme, non signé et non daté, rédigé dans un français
approximatif et attribué au Parquet Général de la République, au sujet
d’un prétendu dossier pendant contre Jean-Pierre Bemba au niveau de
cette juridiction, a circulé abondamment hier lundi 11 juin 2018 sur
les réseaux sociaux. Selon le texte mis à la portée du public, il
serait demandé « aux victimes directes ou indirectes des actes de
rébellion, sédition, meurtre, enlèvement, pillage, viol, torture et
autres traitements cruels inhumains et dégradants commis par les
présumés miliciens de la DPP de l’ancien Vice-Président Jean-Pierre
Bemba en 2006, d’entrer en contact, à dater de la publication dudit
communiqué avec ses services pour une audition. Le Bureau reste ouvert
du lundi à mercredi. Nos sentiments patriotes ».
Bien que l’office du Procureur général de la République soit resté
muet, sans doute par devoir de réserve, il a été donné d’apprendre,
des sources dignes de foi, que ledit communiqué est un faux grossier.
Le Parquet Général de la République, indique-t-on, n’a pas actionné
une quelconque procédure contre Jean-Pierre Bemba. Et si tel était le
cas, l’opinion tant nationale qu’internationale en serait largement
informée par les voies autorisées.
Mais, comme on pouvait l’imaginer, pareille alerte a provoqué une
grande agitation dans plusieurs états-majors politiques ainsi que chez
l’homme de la rue à Kinshasa, à la veille de ce que tout le monde
attend comme une simple formalité à accomplir ce mardi 12 juin 2018
par la Cour Pénale Internationale pour vider complètement l’acte
d’accusation ficelé contre l’intéressé par le bureau du Procureur de
cette juridiction internationale. Certains esprits ont vite fait
d’opérer un rapprochement entre le dossier de Jean-Pierre Bemba et
celui de Germain Katanga, qui a été mis aux arrêts l’année dernière
par le Parquet général de la République, dès son retour à Kinshasa, en
provenance du centre pénitencier de La Haye, alors qu’il venait de
purger sa condamnation par la Cour Pénale Internationale pour crimes
de guerre et crimes contre l’humanité.
Et, jusqu’à ce jour, il se trouve en détention préventive à la Prison
militaire de Ndolo, car poursuivi également pour crimes de guerre et
crimes contre l’humanité commis en Ituri. En dépit des arguments
développés par ses avocats, pour démontrer devant la Haute Cour
militaire devant laquelle il est déféré, qu’il ne peut être poursuivi
pour la deuxième fois pour les mêmes faits, l’accusation maintient sa
volonté de le faire condamner une seconde fois.
D’où, certains compatriotes commencent à redouter un coup fourré
contre Jean-Pierre Bemba. Blanchi par la CPI et libre, l’ancien
Vice-président de la République peut-il craindre l’exhumation, par la
justice de son pays, du dossier des violences post-électorales de
juillet 2006 ou mars 2007, dans lesquelles étaient impliquées les
troupes du Mouvement de Libération du Congo, lequel avait cessé d’être
un groupe armé depuis la signature de l’Accord Global et Inclusif en
décembre 2002, dans le cadre du Dialogue Intercongolais ? La question
reste posée. Même si Jean-Pierre Bemba parait n’avoir aucun compte à
rendre à la justice congolaise, cadres et militants du MLC restent sur
leurs gardes.
Kimp