Dossier Congo : interpellé, Obama se défend…

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Des congressmen américains ont interpellé dernièrement l’administration Obama au sujet de sa mauvaise gestion du dossier Congo. De l’avis de ces élus du peuple américain, les Etats-Unis ne prennent pas suffisamment à coeur le drame congolais. Dans une lettre adressée directement au président américain, ils s’inquiètent de l’indifférence des Etats-Unis face à une situation sécuritaire et humanitaire qui va de mal en pis.

Ils lui ont rappelé que la République Démocratique du Congo est ravagée, depuis plusieurs décennies, par des conflits armés à répétition. Les derniers feuilletons guerriers en date, indiquent-ils, ont pour acteurs principaux les rebelles du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), mouvement politico-militaire qui vient de se muer, sans transition, en M23 (Mouvement du 23 mars 2009).

Les correspondants du locataire de la Maison Blanche se sont demandés jusques à quand l’administration Obama va laisser pourrir la situation avant de mettre définitivement un terme aux massacres,viols, vols, recrutements forcés d’enfants-soldats, pillages des ressources naturelles, violations massives des droits de l’homme en République Démocratique du Congo. A leur avis, les USA ont les moyens de ramener la paix dans ce grand pays de l’Afrique centrale, de faire respecter sa souveraineté et son intégrité territoriale. Ils pensent que leur pays détient également entre ses mains des cartes décisives pour faire pression sur le Rwanda, afin de l’amener à cesser son soutien logistique, politique, financier et militaire aux forces négatives présentes en territoire congolais, dont le M23. De leur point de vue, les sanctions prises par Washington contre le pays de Kagame, notamment l’annulation de l’aide militaire, ne sont pas suffisantes, car l’aide au développement destinée au régime de Kigali n’a pas été coupée. En une décennie, cela représente environ un milliard de dollars américains.

S’agissant de la mauvaise perception du drame congolais aux « States », les congressmen ont particulièrement déploré l’influence négative de Susan Rice, l’ambassadeur américain aux Nations Unies, auprès du président Barack Obama et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Dans le souci de faire bouger les choses, ils ont suggéré la nomination d’un émissaire spécial des USA et d’un émissaire spécial de l’ONU pour l’Afrique Centrale, dont la mission consisterait à recueillir le maximum d’informations sur ce qui se passe réellement dans cette partie de l’Afrique et de proposer des solutions pour le retour de la stabilité et d’une paix durable.

Interpellé par la montée de critiques, le président américain a accepté de répondre mardi aux congressmen par la voix de Johnnie Carson, Secrétaire d’Etat Adjoint aux Affaires Africaines. Venu visiblement calmer le jeu, il a tenu à rassurer les pourfendeurs de l’administration Obama au sujet de l’intérêt que les USA attachent a  la résolution de la crise congolaise. Selon Johnnie Carson, qui revient d’une tournée d’information dans la région des Grands Lacs (RDC, Rwanda, Ouganda), les USA travaillent en étroite collaboration avec les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine et les organisations sous-régionales africaines en vue de désamorcer la crise qui secoue le Congo démocratique.

Il a toutefois fait remarquer que la situation sécuritaire de la RDC est tellement volatile qu’elle requiert une solution globale. « Nous travaillons à faire progresser davantage la paix et la stabilité », a-t-il relevé. Pour montrer les efforts déployés par les Usa dans la résolution de la crise congolaise, qui est aussi celle des Grands Lacs, Johnnie Carson a rappelé les voyages et missions de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton en Afrique, Europe et dans le reste du monde.

Quant à l’accusation selon laquelle Washington continuerait de ménager le régime de Kigali en matière de sanctions, il a confirmé le gel effectif de l’aide militaire estimée à 200.000 dollars us ces six derniers mois. Pour ce qui est de l’aide au développement, Carson a loué la bonne gouvernance constatée chez les autorités rwandaises. Jusque là, a-t-il soutenu, les Usa n’ont pas la preuve que l’aide au développement fournie au Rwanda est utilisée dans des activités de déstabilisation de la RDC. « Le Rwanda a un niveau élevé de crédibilité dans la manière dont il utilise ses ressources », a-t-il plaidé. Bref, selon Johnnie Carson, l’administration Obama suit de très prés l’évolution de la situation au Congo et ne ménage aucun effort pour une meilleure approche du dossier.

Jacques Kimpozo

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