Dossier Bauma et Makwambala :«Lucha» saisit la CNDH

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Après un séjour à Kinshasa entamé le lundi 12 octobre dernier, dans le cadre d’une mission de plaidoyer pour la libération de ses militants, Fred Bauma et Yves Makwambala, le mouvement citoyen « Lutte pour le Changement » (Lucha) a annoncé hier mercredi 21 octobre 2015 au cours d’un point de presse tenu au siège de l’ONG « Les Amis de Nelson Mandela », avoir déposé une plainte auprès de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) pour  détention illégale de ces deux citoyens emprisonnés en raison de leurs opinions

Selon Luc Nkulula wa-Mwamba, l’un des militants et membres de la délégation « Lucha » en provenance du chef lieu du Nord-Kivu, la manière dont la CNDH traitera ce premier dossier soumis à sa juridiction, démontrera ou non sa réelle volonté et sa capacité à remplir sa noble mission de gardienne des droits humains. Il a indiqué que le président de cette institution d’appui à la démocratie, qui les avait reçus en audience, avait pris bonne note de leur plainte et promis d’y réserver une suite.

D’après Luc Nkulula, ces deux militants ne méritent pas de croupir en prison simplement pour avoir pris part à un atelier, organisé en mars dernier,  sur l’engagement citoyen des jeunes, en marge du lancement du collectif Filimbi à Kinshasa, et dont  les autorités étaient régulièrement informées.

Le mouvement « Lucha », a-t-il fait savoir, est consterné du fait qu’on accuse Fred Bauma et Yves Makwambala « d’avoir comploté contre la vie ou la personne du Chef de l’Etat, d’avoir tenté de détruire ou de changer un régime constitutionnel et d’avoir incité des personnes à s’armer contre l’autorité ».

Il a tenu à préciser que ces deux militants, avant d’être incarcérés à Makala, avaient passé 50 jours à l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), où ils avaient été interrogés sur  base d’un procès-verbal, des fois pendant toute une journée. Ils y passaient leurs nuits dans des conditions inhumaines.

C’est ainsi qu’il sollicite du Président de la République l’annulation de l’instruction de ce dossier, l’atelier organisé par « Lucha » se faisait en conformité avec la loi. A ce sujet,  Luc Nkulula a renseigné que « Lucha » a essayé d’obtenir cette annulation au Tribunal de Grande Instance de Gombe (TGI/Gombe), mais sans succès. Elle est allée en appel, mais à ce niveau aussi, sa requêtte a été rejetée.

Partant de ce fait, le mouvement « Lucha » considère les charges retenues contre eux comme relevant d’une affaire politique. D’autant plus qu’ils étaient une trentaine des jeunes, dont des Sénégalais et des Burkinabé appartenant aux mouvements « Y’en a marre » et « Balai Citoyen »,  arrêtés tous au même moment. Ces derniers avaient été libérés sur ordre du Président de la République, sauf Fred Bauma et Yves Makwambala.

«  Nous sommes conscients que cette affaire est politique et que la dernière décision ne revient qu’au Président de la République. Ce dossier est juridiquement vide… Nous demandons au gouvernement de faire un pas vers la démocratie et de nous restituer nos deux frères. La Nation a besoin d’eux », a lâché Luc Nkulula.

Dans ce même ordre d’idées, Robert Ilunga, Directeur Exécutif de «Les Amis de Nelson Mandela », a fait savoir qu’en dehors de Fred et Yves, il y a d’autres militants emprisonnés à cause de leurs opinions. Il a confié que son ONG, qui milite pour la défense des droits de l’homme, détient une liste de ces prisonniers qu’elle aura à divulguer au moment opportun.

 

Echanges avec quelques autorités du pays

 

Par ailleurs, la délégation du mouvement « Lucha » a eu des contacts fructueux avec  différents responsables politiques au sein du Parlement et du Gouvernement, y compris le cabinet du Président de la République. Elle a également rencontré des responsables de l’opposition et s’est entretenue avec de nombreuses organisations de la société civile.

Néanmoins, comme l’a indiqué Luc Nkulula, certaines portes leur ont été fermées. En définitive, « Lucha » demeure attaché à son engagement non-violent, à la démocratie, à la justice sociale et à la dignité humaine en particulier, en cette période cruciale pour l’essor démocratique de la RDC.

Perside DIAWAKU