Donné en course pour les Finances : Jean-Marie Bulambo : « L’ambition qui suscite des remous ! »

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Depuis l’annonce, par le chef de l’Etat, de la formation imminente d’un gouvernement de cohésion nationale, lors de la clôture des Concertations nationales, il s’observe une grande agitation au sein de la classe politique congolaise. Celle-ci s’est amplifiée voici une semaine, après l’ouverture, par le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, et celui de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku, du round de consultation des ministrables.

            Chaque jour qui passe, l’on apprend que tel serait en course pour la Primature, que tel autre se bat pour entrer au gouvernement, ou encore tel serait le candidat d’un regroupement politique ou de la société civile. Les ambitions politiques, au sein de la Majorité, de l’Opposition comme de la Société Civile s’affrontent avec une rage telle que ça commence à tirer dans tous les sens, en termes de coups bas.

            C’est dans cette ambiance de guerre de tranchées que certains cercles politiques de la Majorité Présidentielle ne digèrent pas la sortie médiatique du député national Jean-Marie Bulambo Kilosho sur les comptes suspects de l’Etat logés dans plusieurs banques commerciales de la place. A leur avis, il s’agirait là de l’expression de son acte de candidature pour le portefeuille des Finances dans le futur gouvernement de cohésion nationale.

            On renseigne, à ce sujet, que l’intéressé aurait même adressé un mémorandum à Joseph Kabila, dans lequel il se serait présenté comme l’expert tant recherché par le Raïs pour la gestion des finances de la République. Mais, en cette période où personne ne fait de cadeau à personne, certaines langues soutiennent que Bulambo Kilosho ne répondrait pas au profit de gardien des bijoux de famille.

            On reprocherait à l’élu de Mwenga, dans le Sud-Kivu son instabilité en termes  d’engagement politique et idéologique. On rappelle notamment le fait qu’il ait créé un parti politique du nom de PANADER au moment où il occupait le poste de ministre de l’Economie nationale et Commerce au gouvernement d’Adolphe Muzito pour le compte de PANU de feu André Philippe Futa. On laisse entendre que le fondateur du Panu se serait retourné dans sa tombe en apprenant que l’homme qui venait de le poignarder dans le dos n’était personne d’autre qu’un de ses propres héritiers politiques.

            On lui rappelle également de nombreuses indélicatesses qu’il aurait commises quand il était en fonction, notamment la mauvaise gestion des vivres frais destinés aux agents et cadres de son ministère à l’occasion des festivités de fin d’année. On lui impute aussi le monnayage, vrai ou faux, de sa signature auprès des sociétés pétrolières pour la fixation des prix des produits pétroliers.

            Une autre affaire qui collerait Bulambo à la peau est celle des pots de vin versés aux membres de la commission parlementaire, dont il faisait partie, par la DGI (Direction générale des impôts) en fin d’obtenir leur silence dans le processus de minoration des recettes de cette régie financière. Le scandale, une fois porté au grand jour, avait suscité un débat houleux à l’Assemblée nationale, au point que certains élus avaient même réclamé la déchéance de leurs collègues impliqués dans cette honteuse pratique de corruption.

            Du côté des organisations de la société civile, nombre de ressortissants sud-kivutiens verraient d’un mauvais œil l’ambition exprimée par ce fils du terroir, qu’ils considèrent comme l’homme qui aurait le plus terni l’image de marque de la province par sa gestion maintes fois décriée.

            On va jusqu’à épingler son passé peu glorieux à la tête de la DGRAD (Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation) et de la DGI (Direction Générale des Impôts), où il aurait laissé pleins de cadavres dans les tiroirs. Bref, les adversaires politiques de Bulambo estiment que ce n’est pas l’oiseau rare que rechercherait le Chef de l’Etat pour la direction du ministère des Finances.

Les observateurs, sont inquiets de l’ampleur que prennent les attaques frontales entre ministrables et souhaitent que ceux qui ont le pouvoir discrétionnaire de gérer les différentes candidatures abattent rapidement leurs cartes, afin de fixer rapidement tout un chacun. Sans quoi, le feuilleton des déballages qui a commencé par ce député national, risque d’aggraver les divisions déjà perceptibles dans le microcosme politique congolais.

C.P

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