Le domaine de Savigny de Mobutu bradé à 5,5 millions d’euros

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Comme si son riche patrimoine immobilier disséminé à travers les grandes villes européennes, ses véhicules luxueux, ses yachts et ses avoirs bancaires dont on n’a pas pu évaluer toute la fortune, étaient voués au bradage systématique, les riches et belles demeures de Joseph-Désiré Mobutu sont, depuis sa mort au Maroc, écoulées les unes après les autres. Et souvent, compte tenu du coût exorbitant de leur
entretien, elles sont tout simplement bradées. Le dernier cas en date est celui du domaine vaudois de Savigny du maréchal Mobutu Sese Seko que se disputaient une vingtaine d’acquéreurs potentiels, rassemblés hier mercredi 15 juin 2016, dans la salle de vente de Cully, à l’ouest de la Suisse. Cet immeuble qui s’étend sur une vaste concession, était mis en vente par l’Office des poursuites du district de Lavaux-Oron, avec comme prix de départ plus 16,5 millions d’euros.  Pour des témoins de cette opération, peu de preneurs présents se sont manifestés. Mais le seul qui a présenté une offre qui a été acceptée, est la banque suisse UBS.

Pour gagner cette vente, cet établissement bancaire s’est signalé avec une proposition
d’achat de 5,5 millions d’euros. Pour la petite histoire, aux années fastes du mobutisme, le maréchal
Mobutu gagné par la frénésie d’acquisitions immobilières, s’était lancée dans l’achat de belles demeures en Belgique, au Portugal, en France au Cap Saint Martin et à Savigny en Suisse. Ces acquisitions
étaient justifiées par le souci de son entourage de voir la sécurité de l’ancien président du Zaïre, assurée dans un immeuble dont tout le personnel relevait de ses services et obéissait à ses instructions.
C’était l’époque où Mobutu dépensait sans compter et multipliait des voyages à travers le monde qui ne rapportaient rien à son peuple. On raconte qu’au lendemain de son acquisition par le maréchal du Zaïre,
ce domaine luxueux avait été réfectionné en son temps, par des
architectes de renom, et façonné à son image et à ses goûts.
Aujourd’hui que le patrimoine immobilier évalué à des millions de
dollars s’effrite au fil de ventes aux enchères de ses immeubles, que
va-t-il rester aux héritiers du maréchal, quand on sait que la gestion
des comptes bancaires de Kuku Ngbendu wa Zabanga, était livrée à la
prédation par les différents gestionnaires considérés comme des
prête-noms ?

J.R.T.