Dix jours après la marche des laïcs catholiques : le Curé de la paroisse Saint Gonza de Kingabwa traqué

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La messe de purification de la paroisse catholique Saint Kizito, à
Kingabwa, dans la commune de Limete, a failli tourner au drame, le
lundi 29 janvier 2018. Le curé de la paroisse Saint Gonza et Curé
doyen du Doyenné Saint Kizito, le Révérend Père Joseph Mbema, a
échappé de justesse à un enlèvement organisé par certains éléments de
la Police nationale congolaise. Au banc des accusés, on cite la haute
hiérarchie provinciale de la Police nationale de la ville de Kinshasa.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, la messe de
purification de la paroisse Saint Kizito, qui avait été perturbée le
dimanche 31 décembre 2017, par des éléments de la Police nationale
congolaise de «Point Chaud», se déroulait normalement, lorsque la
présence massive et insolite des éléments de la Police nationale
congolaise dont certains en tenue civile a fait sursauter des fidèles
et les officiants du jour, à savoir : deux évêques auxiliaires de
l’archidiocèse de Kinshasa auxquels se sont joints dix prêtres de
toutes les paroisses du doyenne de Saint Kizito. Quelques policiers
seront reconnus par les chrétiens de la paroisse Saint Gonza qui les
voient chaque jour dans les alentours de la cure de Saint Gonza. C’est
alors que toutes les dispositions ont été prises pour éviter le pire à
ce jeune et dynamique prélat catholique.

Que reproche-t-on au Père Joseph Mbema?
De sources paroissiales laissent entendre que le péché du Révérend
Père Curé de la paroisse Saint Gonza et Curé doyen du Doyenné Saint
Kizito est de s’être réfugié avec ses collègues prêtres des paroisses
de Saint Kizito et Saint Kiwanuka, ainsi que des religieuses et
fidèles chrétiens du doyenné Saint Kizito, au siège de la Monusco sis
sur l’avenue des Poids Lourds, à côté de la société Iveco, lors de la
dernière marche des catholiques du dimanche 21 janvier 2018.
Ce jour-là, des prêtres et chrétiens catholiques, rameaux, chapelets
et crucifix en mains, se sont retrouvés à deux reprises face aux
éléments de la police nationale. Contre toute attente, ces derniers
ont recouru aux gaz lacrymogènes et aux balles réelles sans la moindre
sommation.C’est alors que les prêtres ont décidé de se réfugier au
siège de la Monusco, afin d’épagner des vies humaines innocentes.
Décidés à en découdre avec les prêtres et fidèles catholiques, des
éléments de la police nationale ont continué à lancer des gaz
lacrymogènes à leurs “adversaires” retranchés au siege de la Monusco.
Plusieurs officiers supérieurs de la police nationale congolaise
s’étaient présentés sur les lieux pour exiger aux éléments de la
Monusco de faire sortir tous les “marcheurs”. Une demande du reste
refusée très poliment par les éléments de la Monusco. Ce refus a été
interprété comme un crime de lèse- majesté par la hiérarchie
provinciale de la police nationale de la ville de Kinshasa.
Depuis cette date, le Révérend Père curé de la paroisse Saint Gonza
et curé doyen du Doyenné Saint Kizito est entré dans l’oeil du
cyclone. Il est activement recherché par la hiérarchie provinciale de
la Police nationale qui ne jure que par son arrestation., contraignant
ainsi le prélat catholique à la clandestinité forcée.
Michel  LUKA