Dividendes PPTE et Budget 2011 ; les précisions du ministre Ntahwa

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Comment utiliser désormais les ressources de l’Etat après l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE (initiative pays pauvres très endettés) ?

La question était au centre de la conférence de presse que le ministre du Budget a animée, hier jeudi 5 août à l’hôtel Venus. Hormis cette question, Jean-Baptiste Ntahwa a aussi évoqué la préparation du Budget de l’Etat pour l’exercice 2011, dont l’avant-projet sera prêt d’ici une semaine.

         Après l’atteinte du Point d’Achèvement soit 12,3 milliards US, le gouvernement maintiendra la même rigueur observée avant de parvenir à ce résultat, notamment en travaillant pour la stabilité du cadre macro-économique et l’assainissement des finances publiques. Cela tout en restant en programme avec le Fonds monétaire international (FMI). 

            Le ministre a, à l’occasion, dit toute sa satisfaction après l’atteinte du point d’achèvement du fait que celle-ci apporte des avantages sérieux pour le pays.

            Au nombre de ceux-ci, il a énuméré l’annulation de quelque 90% de la dette extérieure. Ce qui est un grand soulagement pour un pays qui vivait sous pression avec un moral affecté parce que devant débourser annuellement environ 520 millions de dollars pour apurer la créance.

            Au plan financier, le pays redevient crédible vis-à-vis des bailleurs. Et au plan budgétaire, l’atteinte du pont d’achèvement offre plus d’espace au gouvernement pour affecter les fonds qui étaient jadis alloués au paiement de la dette aux secteurs sociaux de base.

            Pour 2011 par exemple, la RDC va disposer d’un espace budgétaire estimé à 287 millions de dollars américains.                    

Une opportunité à saisir 

            Dans le cadre des dépenses obligatoires de l’Etat, 38% du budget national étaient affectés au paiement des salaires, 30% à celui de la dette extérieure, 25% à d’autres secteurs dont l’investissement, le fonctionnement, etc. Ainsi, pour le ministre Ntahwa, l’allègement de la dette est une véritable opportunité pour la Rdc.  Car, les 30% qu’on déboursait pour le paiement de la dette seront désormais affectés aux secteurs sociaux de base ou prioritaires dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. C’est pourquoi le gouvernement continuera avec le même rythme de gestion qu’il avait observé avant l’atteinte du point d’achèvement. C’est-à-dire maintenir la stabilité du cadre macro-économique. 

Une gestion de concertation 

            Pour mettre fin aux tensions sociales caractérisées par des grèves à répétition dues le plus souvent au dialogue des sourds entre le gouvernement et ses partenaires sociaux, il a été décidé la création d’une commission mixte. Celle-ci compte en son sein des représentants des fonctionnaires (syndicalistes) en vue de participer à l’élaborer du Budget 2011. Ce que le ministre a qualifié de gestion participative.

            A la curiosité de la presse d’avoir une idée des chiffres du Budget 2011 et la hauteur des apports extérieurs, Jean-Baptiste Ntahwa a répondu que ce n’est pas encore le moment d’avancer des chiffres. Le travail est encore au niveau de la commission technique où chaque service présente ses besoins en vue de leur intégration. Avant de lâcher que le travail est très avancé et que d’ici une semaine, la nourriture sera prête.

            Pourquoi les salaires des dirigeants et ceux du personnel politique en général contrastent-ils avec la misère a laquelle vous faites toujours allusion lorsqu’il faut parler du social ?

            Réponse du ministre : comparativement aux salaires des dirigeants des pays limitrophes, ceux des Congolais ne représentent pas grand-chose. Toutefois, poursuit-il, il plaide pour la mobilisation accrue des recettes afin de permettre à l’Etat de satisfaire les besoins de tout le monde.  En outre, il a noté la nécessité d’assainir pour maîtriser les vrais effectifs des fonctionnaires.

            Quant au paiement d’un barème spécial aux seuls Secrétaires généraux en ignorant les autres catégories des fonctionnaires, le ministre d’abord reconnu le fait. Avant de préciser que le gouvernement a arrêté de payer lorsqu’il s’est rendu compte quelques mois après du caractère irrégulier d’une ancienne ordonnance de 1993 sur base de laquelle il appliquait ledit barème.

            Y a-t-il de nouveaux accords ou emprunts notamment avec la Chine, après l’allègement de la dette ? Non, répond le ministre.

            Par ailleurs, il s’est félicité des efforts déployés par son équipe en ramenant à un chiffre l’inflation, alors qu’elle était à deux chiffres au début de l’année en cours.

Pour ce qui est des modalités de paiement du reste de la dette, il a indiqué que la question sera discutée à la réunion du Club de Paris qui se tiendra en septembre prochain.                     Dom 

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