Disparition des kits électoraux : une affaire pas du tout claire

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Une dizaine des Kits électoraux ont été pillés dans les entrepôts de l’aéroport de Bipemba de Mbuji Mayi. Cette nouvelle a fait le tour du monde sans avoir au préalable provoqué un émoi et une  consternation dans les milieux politiques et sociaux de la Province du Kasaï Oriental. Les débats font rage dans les salons politiques de l‘ancienne capitale mondiale du diamant, de Kinshasa et d’autres coins de la planète intéressés par la tenue et l’organisation de ces élections générales prévues pour l’année prochaine. Qui a opéré un tel coup et dans un lieu stratégique qu’est l’aéroport de Bipemba ? Comment a-t-il pu opérer au grand jour sans que les services de sécurité et principalement ceux de la Garde Présidentielle très fréquents dans ces lieux n’aient levé le petit doigt ? Qui a intérêt à ce que les élections ne soient pas tenues au Kasaï Oriental ?

            Tout d’abord, au regard des campagnes menées récemment par des leaders politiques de l’AMP avant et après la dernière visite du chef de l’Etat à Mbuji Mayi et à Mwene Ditu pour convaincre les populations de cette province à se faire enrôler massivement, il est impensable qu’un tel coup puisse se produire à l’aéroport de Bipemba. Dès lors que l’AMP, famille politique se réclamant proche du chef de l’Etat tient à faire le grand chelem aux prochaines élections, il est hors sujet que des malins puissent se permettre un tel acte. A moins que cela puisse être le fait de ceux qui tiennent à boycotter ces élections afin d’empêcher l’AMP de réussir son pari. Or, il ne se passe pas un jour sans que l’on apprenne que tel ou tel parti de l’opposition n’ayant pas pris part aux élections de 2005-2006 appelle ses partisans à se faire enrôler massivement pour barrer la route à la majorité actuelle en vue de la sanctionner pour sa mégestion et ses multiples violations de la constitution et des lois de la République. Le tout dernier en date est le G14 ou la plate-forme des 14 partis politiques se prévalant gardiens des acquis de la Conférence Nationale Souveraine. Les membres du G14 ont décidé de prendre part aux élections prochaines et à tous les niveaux malgré certaines conditions qui les avaient poussés au boycott en 2005, notamment le refus d’organiser le recensement général des populations congolaises et celui opposé par le pouvoir actuel aidé par l’opposition parlementaire d’ouvrir une porte de la CENI à l’opposition extra parlementaire. C’est autant dire que l’on se perd en conjectures en ce qui concerne les motivations de ceux qui ont pillé ces Kits électoraux.

            C’est la première fois que des malins réussissent un tel coup alors que c’est la MONUSCO qui s’est chargée d’assurer la sécurité  des convois de ces matériels électoraux à travers tout le pays comme elle l’avait fait en 2005-2006. Il y a une semaine, près de dix tonnes des matériels électoraux avaient été acheminés par les soins de la MONUSCO jusqu’à Kisangani avant d’être conservés dans ses entrepôts jalousement gardés par ses éléments armés jusqu’aux dents.

            Tout visiteur qui débarque à Mbuji Mayi est frappé par la présence fort visible des agents des services de sécurité aux alentours des aéronefs et des entrepôts de l’Ofida et autres services de contrôle. Et des instructions sévères ont été données aux éléments de la MONUSCO de ne pas laisser approcher quiconque de leurs bases. La question est alors de savoir si c’est la MONUSCO qui a convoyé ces matériels électoraux à Mbuji Mayi. C’est en remontant cette filière que l’on peut découvrir le commanditaire et les exécutants de ce coup néfaste pour les opérations d’enrôlement, sinon les élections risquent de connaître des dérapages aux conséquences indicibles dans cette partie du territoire national qui ne s’est pas remise du complot ayant abouti à la mort programmée du poumon de son économie, à savoir la MIBA. En attendant d’en savoir plus, le pillage annoncé des kits électoraux à l’aéroport de Bipemba n’est pas clair du tout. Il ressemble fort à un coup monté. Affaire à suivre.

Castro

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