Dialogue/bis : la CENCO dans le dernier virage

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Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la  Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

A 18 jours de la fin du second et dernier mandat du président de la République en exercice, Joseph Kabila, des millions de Congolaises et Congolais sont partagés entre la peur du pire et l’espoir d’une sortie pacifique de la crise de légitimité au sommet de l’Etat. Une lueur d’espoir est venue une fois de plus de la résidence d’Etienne Tshisekedi, à Limete, où s’est de nouveau signalée une délégation de haut niveau de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo), conduite par son président, Mgr Utembi.

Au sortir d’un long échangé avec le président du Conseil des Sages du Rassemblement, l’abbé Nshole, qui brillait ces temps derniers par la langue de bois, a curieusement répondu à quelques questions de la presse. A l’en croire, l’entrevue entre Etienne Tshisekedi et les Evêques Catholiques s’est déroulé dans un climat de parfaite cordialité. Selon le porte-parole de la CENCO toujours, les choses avancent dans la bonne direction et que les divergences qui persistent encore entre la Majorité Présidentielle et le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement pourraient être aplanies à plus ou moins brève échéance.
Le précité s’est réjoui par ailleurs de la libération de Bruno
Tshibala, Secrétaire général adjoint de l’UDPS et porte-parole du
président du Rassemblement, la considérant comme un pas de plus dans
la voie de la décrispation de la situation politique au pays.
Bien que pleine de sous-entendus, la déclaration de l’abbé Nshole a
paru, aux yeux de beaucoup, comme un signal non négligeable des
avancées notables enregistrées dans la médiation que conduit la CENCO
en direction des camps de Kabila et Tshisekedi. Nombre d’observateurs
sont tentés de penser qu’un compromis politique en rapport avec la
gestion de la transition, le statut du Chef de l’Etat Joseph Kabila,
la date de la tenue des élections présidentielle et législatives
nationales …n’est pas à exclure avant le 19 décembre 2016
Des indiscrétions qui s’échappent des salons politiques de Kinshasa
laissent croire que les Evêques catholiques envisageraient de lancer,
à une date qui reste à déterminer, des invitations formelles aux
délégués de la Majorité Présidentielle et du Rassemblement afin que
les uns et les autres se mettent autour d’une même table pour
harmoniser les points de divergences qui « dérangent » au niveau de
l’Accord Politique de la Cité de l’Union Africaine et de la « Feuille
de route » du Rassemblement.
Boudée par des « faucons » de la Majorité mais suivie avec attention
par des « Kabilistes » modérés et des ténors de l’Opposition proche de
Limete, la mission de bons offices de la CENCO semble se trouver dans
le dernier virage devant conduire vers un Dialogue inclusif entre
pro-Kabila et pro-Tshisekedi. Cela parait d’autant vrai que les
pressions des Occidentaux, notamment les USA, la France, la Belgique,
la Grande-Bretagne, le Canada, l’Allemagne… sur Kinshasa pour éviter
un 19 décembre 2016 apocalyptique ne font que s’accentuer. La dernière
en date est venue du Congrès américain, où les participants ont
martelé que la démarche des Evêques Catholiques était la dernière
chance à saisir par le pouvoir en place à Kinshasa et le Rassemblement
pour ficeler un Accord politique inclusif. La majorité républicaine a
également souligné, en présence des témoins de la Majorité
présidentielle, She Okitundu et Kikaya Bin Karubi, que le Chef de
l’Etat, Joseph Kabila, devait fixer clairement l’opinion tant interne
qu’externe sur son avenir politique, à savoir prendre sa retraite
politique à la fin de son second et dernier mandat, et non laisser
pareille tache à des intermédiaires.
On signale qu’après le passage de la Cenco, l’Ambassadrice du Canada
à Kinshasa a, elle aussi, franchi la porte de la résidence de
Tshisekedi. On croit savoir que sa visite s’inscrivait dans le cadre
de la recherche d’un consensus politique pour épargner aux filles et
fils de la RDC un scénario catastrophe après le 19 décembre 2016.
Kimp