Dialogue national : 33 Ong de défense des droits de l’homme interpellent Kodjo

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George kapiambaLa feuille de route du dialogue national dont les travaux du comité préparatoire ont été convoqués de manière cavalière par le togolais Edem Kodjo fait l’objet de nombreuses critiques. C’est le cas de Me Georges Kapiamba, président de la coalition des 33 organisations de promotion et défense des droits de l’homme qui est monté au créneau pour relever un certain nombre d’éléments qui violent la constitution en vigueur car visant à donner au pouvoir en place l’occasion tant rêvée de se taper un troisième mandat à la tête du pays.

Au niveau de la qualité des participants, la coalition des 33 Ong de défense des droits de l’homme note avec amertume que la plupart d’entre eux, particulièrement ceux de l’opposition et de la société civile, ne disposent pas d’assises populaires ou sociales réelles, pourtant nécessaires et inévitables pour siéger au nom et pour le compte du peuple. Pire, ils se sont présentés sans mandat express des associations ou formations politiques dont ils se prévalent.

Dans la même foulée, l’on note la présence de ceux que l’on appelle « personnalités politiques », une qualification floue et qui rappelle la situation du débauchage qui a toujours été à l’origine des tripatouillages de triste mémoire. Le coordonnateur de cette coalition s’étonne que le facilitateur Kodjo n’ait pas procédé au préalable à la validation des mandats de ceux qui se sont présentés au nom et pour le compte de certains partis politiques ayant pignon sur rue, tels l’UDPS, le MLC et autres.

Il est regrettable que le facilitateur n’ait pas tenu compte des préalables soulevés par la partie la plus représentative de l’opposition politique, notamment celle regroupée au sein du Rassemblement créé à Genval au mois de juin dernier, particulièrement en ce qui concerne la libération des prisonniers politiques détenus arbitrairement depuis des années. Les cas le plus frappants concernent le bâtonnier Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi, Gustave Bagayamukwe ainsi que la cessation des poursuites judiciaires à l’endroit de l’ancien gouverneur Moïse KATUMBI.

L’organisation de Georges Kapiamba prévient que l’accord politique qui est prôné dans cette feuille de route devra concerner la fin du mandat de Joseph Kabila et surtout pas le partage des postes politiques qui hante les esprits à Béatrice Hôtel. Il doit donc être conforme à la constitution pour ne pas ouvrir la voie à toute forme de violation. Comme le groupe de soutien a été institué à la demande de l’opposition politique et la vraie société civile, il devrait être considéré comme la garantie de la bonne conduite de la facilitation. Au regard des difficultés financières dont se plaint le gouvernement, la coalition recommande la suppression des indemnités à accorder aux participants, d’autant plus que nombre d’entre eux bénéficient déjà des émoluments des fonctions, notamment les parlementaires, ministres, conseillers des cabinets ministériels et de la présidence de la République. La composante « personnalités politiques » constitue une qualité controversée et subjective de nature à donner lieu à beaucoup d’abus. La sagesse recommanderait  de ne tenir compte que de trois composantes, à savoir le pouvoir, l’opposition et la société civile. En conclusion, la coalition recommande au facilitateur de poursuivre les négociations avec les vrais acteurs conformément à la résolution 2277 du Conseil de Sécurité, tout en intensifiant des pressions sur le gouvernement pour qu’il procède à la libération sans conditions des prisonniers politiques et à la cessation des poursuites judiciaires à l’endroit de l’ancien gouverneur Moïse Katumbi.

F.M.