Dialogue: le « Oui, mais » des forces sociopolitiques du Kasaï Occidental

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En application des directives du chef de l’État, Joseph Kabila, relatives aux consultations des forces vives en provinces en prévision du dialogue politique, le gouverneur du Kasaï Occidental, Alex Kande Mupompa, a mené de contacts tant à Kananga, chef-lieu de la province, qu’à Tshikapa, l’une des villes du Kasaï Occidental appelée à devenir chef-lieu de la province du Kasaï dans le cadre du découpage territorial. A en croire des sources officielles, le gouverneur a expliqué, le week end dernier, aux délégués des forces sociopolitiques provinciales que le chef de l’Etat a résolu d’écouter les Congolais de l’intérieur du pays afin de recueillir leurs avis sur les matières à inscrire à l’agenda du dialogue politique tant réclamé par les politiciens, la société civile et même la communauté internationale. «(…) Le chef de l’Etat est soucieux de la tenue des élections apaisées et devant consolider l’unité du pays chèrement acquise. D’où son aversion de voir le pays revivre les scènes de 2006 et celles de 2011 », a-t-il martelé.

            En clair, convient-il de préciser, les interlocuteurs du gouverneur Kande étaient appelés à répondre aux questions spécifiques sur l’opportunité du dialogue politique au pays, sa durée, son format, le lieu et le nombre des participants ; les élections avec en filigrane les observations sur le calendrier électoral, le cas des nouveaux majeurs et enfin le découpage territorial.

            Pour René Tshimanga, président du cadre de concertation, la Société civile est d’accord pour le dialogue et aussi pour le respect du calendrier de la Ceni, avec comme priorités les élections législatives provinciales, nationales et présidentielles ; les locales devant être renvoyées en 2017.

            Quant à Blandard Tshimbombo, président fédéral de l’Udps/ Kananga, il a affirmé avoir transmis au gouverneur la position de son parti qui est celle d’un dialogue inclusif, l’enrôlement des nouveaux majeurs et le respect du calendrier de la Ceni. Il a rejeté l’idée selon laquelle il n’y avait pas d’argent pour organiser les élections. Pour lui, cette idée est un subterfuge du pouvoir destiné à retarder la tenue des élections dans les délais constitutionnels. «  Nous sommes pour le dialogue qui devrait lever l’option sur le financement des élections » a-t-il conclu.

Le mercredi 17 Juin, Alex Kande a reçu dans la matinée les avocats, les médecins et les pharmaciens puis les professeurs des universités, les confessions religieuses, les notabilités locales, la Fec, la Fenapec, les ambassadeurs de la paix et l’Unpc. Les groupes reçus ont, en chœur, soutenu la tenue du dialogue politique inclusif dont la durée ne devrait pas dépasser 15 jours. Ce dialogue, ont-ils tous répété, devrait être placé sous la médiation d’une personnalité neutre désignée par la communauté internationale.

            Parlant des élections, les ambassadeurs de la paix ont plaidé pour l’enrôlement de nouveaux majeurs. A les entendre, l’argent ne manque pas. Les cautions payées par les partis politiques pour les provinciales constituent un bon matelas à même de  couvrir cette opération. Quant aux avocats, tout en soutenant le découpage territorial, ils ont émis le vœu de voir ce découpage ne pas s’accompagner rapidement du découpage des institutions judiciaires car a soutenu le bâtonnier Dominique Kambala, l’installation de nouvelles cours d’appel et des parquets généraux est un processus assez laborieux qui appelle beaucoup de moyens. Les journalistes, sous la bannière de l’Unpc, ont posé comme préalable à la tenue du dialogue, l’ouverture des médias fermés et la libération de leurs confrères emprisonnés. Les hommes des médias du Kasaï Occidental ont en plus recommandé que le découpage territorial devienne effectif après les élections législatives provinciales.

Tshieke Bukasa