Dialogue : Kodjo revient bientôt

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Edem KodjoVenu en mission exploratoire à Kinshasa, Edem Kodjo a bouclé ses consultations en un temps record. Dépêché dans la capitale congolaise par Nkosana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union Africain, le virtuel « Facilitateur » a laissé au bord de la route plusieurs sensibilités de la Majorité, de l’Opposition et de la Société Civile. Il a invoqué à ce sujet, l’urgence de rentrer faire rapport à sa hiérarchie à Addis-Abéba mais aussi l’impératif de la tenue imminente du sommet des Chefs d’Etat de l’Union Africaine.

L’ancien Premier ministre togolais, qui évolue présentement sous la casquette de « Sage » de l’Afrique, a promis de revenir incessamment à Kinshasa pour écouter des délégués des institutions publiques, de la Majorité, de l’Opposition et de la Société civile qu’il n’a pu consulter la semaine passée, sans oublier une virée à Bruxelles, pour échanger avec Etienne Tshisekedi, président de l’UDPS (Union pour la Démocratie et la Progrès Sociale), qui passe pour l’une des pièces maitresses du futur dialogue.

De la prospection à la facilitation formelle

Selon des indiscrétions parvenues au Phare, le prochain retour d’Edem Kodjo à Kinshasa serait mis à profit non seulement pour les derniers réglages avant la convocation du Dialogue mais aussi pour mettre formellement en place le Comité préparatoire de ce forum. Sans le dire clairement, nos sources laissent entendre que l’Envoyé Spécial de Nkosana Dlamini Zuma pourrait se transformer, à cette occasion, en « Facilitateur » ou « Médiateur » réclamé par une frange de l’Opposition pro-dialogue et toléré par la Majorité présidentielle.

Point ne serait ainsi besoin, pour le Secrétaire général des Nations Unies, de désigner la personnalité chargée de piloter le dialogue, étant donné qu’Edem Kodjo semble faire l’unanimité au niveau de toutes les parties prenantes à ce forum.

« Glissement » consommé

Les grandes inconnues qui se présentent à des millions de Congolaises et de Congolais en cette année 2016 concernent la composition du Comité préparatoire du dialogue, la durée des travaux préparatoires à cette rencontre, la date exacte de sa convocation effective et sa durée, les chances d’application de ses résolutions, les quotas de participation à attribuer à chaque « composante » ou « entité », etc.

Selon toute vraisemblance, le dialogue ne pourrait démarrer avant la fin du mois de février. Et s’il était lancé au mois d’avril ou de mai, il faudrait compter un minimum d’un mois pour le boucler, à condition qu’il n’y ait pas de cas de blocage. Dans l’hypothèse de sa bonne fin, du rejet du schéma d’une nouvelle transition et de l’émergence d’un consensus autour d’un nouveau calendrier électoral, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) devrait entrer en scène pour la relance du processus électoral.

            Le constat à faire à ce stade serait qu’en raison de la pollution intégrale du fichier électoral, cette institution d’appui à la démocratie devrait rependre à zéro l’enrôlement de tous les Congolais et Congolaises en âge de voter. Mais, pareil exercice devrait impliquer le renouvellement de tous les kits électoraux et, partant, la libération, par le gouvernement, des fonds conséquents pour leur commande, leur déploiement, la formation du personnel, etc.

            A dire vrai, les contraintes techniques et financières seraient telles, au lendemain du dialogue, qu’aucune élection ne pourrait être organisée cette année. Bref, le « glissement » tant redouté par les uns et souhaité par les autres est consommé.

            Il reste à savoir si l’on va glisser pendant 12 mois, 24 mois, 36 mois ou davantage.                  Kimp