Dialogue inclusif : la Cenco réinstalle le doute

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Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la  Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Après la participation de son délégué au Comité préparatoire du dialogue, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco) avait donné l’impression de s’être accommodée du caractère non inclusif de ce forum. C’est pendant que la masse des fidèles se demandait si leur Eglise se trouvait toujours au milieu du village que les Evêques catholiques avaient largué, sous forme d’ultimatum, une déclaration invitant le Facilitateur à remplir, comme préalable majeur, la présence de « grandes familles » de l’opposition au dialogue, afin de le rendre réellement inclusif. Quant au pouvoir en place, il lui était demandé de libérer tous les prisonniers politiques et de procéder à la réouverture des médias proches de l’opposition dans le meilleur délai.

Il était souligné, dans la déclaration des prélats catholiques, que si ces préalables n’étaient pas remplis, ils allaient retirer leur délégué de ces assises et suspendre leur participation. L’opinion nationale pensait que la Conférence Episcopale Nationale du Congo allait passer rapidement aux actes, compte tenu du mutisme de la Majorité présidentielle et du Facilitateur face à ces exigences. A trois jours de la clôture officielle du dialogue, le doute s’est totalement installé dans les esprits quant à ce qui parait comme une promesse non tenue.

Les observateurs pensent que la hiérarchie de l’Eglise catholique devrait fixer l’opinion publique avant qu’il ne soit trop tard, surtout après la décision de l’« Opposition » de suspendre sa participation aux travaux de la Cité de l’Union Africaine. Qu’est-ce qui bloquerait les Evêques catholiques pour mettre leur ultimatum à exécution ?

Existerait-il des divergences d’approche entre la Cenco et le Nonce apostolique, qui avait clairement relevé, après son échange avec le président Denis Sassou Nguesso à Kinshasa, dans le cadre de la diplomatie souterraine, que le dialogue n’était pas inclusif et que l’absence des poids lourds de l’Opposition n’allait pas aider à la résolution de la crise politique ? La question mérite d’être posée, d’autant que la Cenci s’était investie dans la recherche des voies et moyens d’obtenir un dialogue inclusif, après  avoir constaté les difficultés d’Edme Kondo à se faire accepter par une large portion de la classe politique congolaise, dont le « Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement ».

On se souvient à ce propos que le Nonce Apostolique avait sévèrement critiqué l’initiative Edem Kodjo de convoquer le Comité Préparatoire puis le dialogue proprement dit pendant que la Cenco et d’autres structures de coulisses s’activaient à convaincre l’Opposition la plus représentative des forces politiques et sociales de la RDC à prendre part à ce forum.

Si la Cenco ne tient pas parole et maintient son délégué dans un dialogue qu’elle a qualifié elle-même de non inclusif, elle devrait expliquer sa position aux nombreux fidèles catholiques qui la soupçonne de faire, elle aussi, le jeu du pouvoir.

Kimp