Dialogue des sourds entre le ministre de l’Intérieur et les chauffeurs

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La grève des chauffeurs du secteur de transport public s’est poursuivie hier pour le deuxième jour consécutif. A la place Sakombi dans la commune de Kintambo, au moment où des jeunes gens s’employaient à chasser tout véhicule qui se hasardait à faire le transport public, le ministre de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation Richard Muyez, est arrivé sous une forte escorte policière.
Le ministre a invité les chauffeurs à venir s’entretenir avec lui. « Le gouvernement a suspendu toutes les mesures qu’il avait prises pour vous permettre de reprendre le travail, mais pourquoi vous ne voulez pas faire sortir vos véhicules ? Y a-t-il des gens qui sont derrière vous et qui vous poussent au soulèvement ? Faites sortir vos véhicules et préservons la paix », nous a rapporté un chauffeur. 
Malheureusement pour le ministre, ses interlocuteurs n’étaient pas d’accord avec lui. Pour eux, c’était du déjà entendu, il n’y avait rien de neuf dans les propos du ministre.  Les chauffeurs ont préféré se retirer. 
 
Le ministre est resté à communiquer avec son portable, puis c’est le général Oleko qui est arrivé.  Apres le départ de ces deux personnalités, la population  a vu des policiers s’installer à une terrasse pour sécuriser les chauffeurs qui allaient prendre le risque de mettre leurs véhicules sur les routes. 
Pendant que le ministre était là, les chauffeurs, les receveurs et quelques accompagnateurs n’ont pas manqué de lancer quelques chants tels que « Yo nani oboya 207 ? » (Qui es-tu, pour refuser le taxi-bus 207 ?).   Pendant que le ministre de l’Intérieur était encore à la place Sakombi, quelques «Wewa» ont pu s’y aventurer avec des clients. Quand les policiers ont été déployés sur les lieux, quelques taxis ont réapparu, mais leur nombre était insignifiant par rapport à la demande. 
Malgré la présence des policiers, les informations qui parvenaient aux chauffeurs n’étaient guère encourageantes. Un monsieur leur a dit qu’il a fait le pied de la commune de Gombe à Bayaka pour pouvoir prendre une moto qui l’a fait avancer vers Bandal. Selon la même source, les rares taxi-bus qui arrivaient à Gombe étaient pris en chasse par des jeunes gens. 
 
 
Jean-René 
Bompolonga 

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