Dialogue : avis partagés

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Edem KodjoLes Nations Unies, l’’Union Africaine, l’Union Européenne et l’Organisation Internationale de la Francophonie ont appelé, dans un communiqué conjoint,  les acteurs politiques congolais, à ne ménager aucun effort, dans le cadre de la Constitution de leur pays, pour assurer la tenue réussie des élections, préserver la paix et approfondir la démocratie, y compris à travers un processus électoral apaisé.

Cet appel de la communauté internationale a suscité des réactions diverses dans l’univers politique congolais. Pour le moment, chaque camp campe sur sa position. Le porte-parole de la Majorité Présidentielle a promis de donner la position de sa famille politique dans une conférence qu’il animera ce vendredi 19 février2016. Atundu devrait se concerter avec le Bureau Politique de sa plate-forme politique pour fixer l’opinion. D’ores et déjà, dans les officines de la Majorité, un cacique sous le sceau de l’anonymat a lâché que le dialogue reste une affaire congolaise et doit être convoqué par le Chef de l’Etat.

Position non partagée par l’Union pour la Démocratie et Progrès Social (UDPS) où son Secrétaire général, Bruno Mavungu, a insisté sur le dialogue version Tshisekedi, avec la médiation internationale comme préalable non négociable pour la participation de son parti.

Pour ce proche du sphinx de Limete, c’est le facilitateur à désigner par la communauté internationale qui devrait convoquer le dialogue, conformément à l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Du côté de la Dynamique de l’opposition et du G7, le dialogue continue à être considéré comme une manœuvre de la majorité au pouvoir pour opérer le glissement et ouvrir la voie à une nouvelle transition, en violation de la Constitution en vigueur en RDC.

            Le modérateur de la Dynamique de l’opposition, Joseph Olengankoy, a laissé entendre que sa famille politique n’est pas encore officiellement saisie et ne peut réagir à un communiqué relayé uniquement par les médias.

            Toutefois, il a indiqué que sa plateforme se réunira pour donner sa position dès qu’elle sera notifiée.

            La Secrétaire générale du MLC (Mouvement de Libération du Congo), Eve Bazaiba, a déjà anticipé en prévenant que leur famille politique n’acceptera pas de prendre part à un dialogue politique qui viserait le partage des postes, en violation de la Constitution,  permettant ainsi à la Majorité au pouvoir de glisser. L’unique dialogue acceptable est celui qui traiterait, dans une tripartite CENI-Majorité –Opposition, des questions techniques relatives au processus électoral.

            Dans le camp du G5, on presse le Président de la République de mettre place un comité préparatoire pour relancer le dialogue, même sans l’UDPS.

ERIC WEMBA