DGM : le complot se précise

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En l’espace de deux semaines, l’opinion nationale a été gavée d’informations de toutes sortes sur un service important de la sécurité nationale : la Direction générale des Migrations. Celle-ci  a été lavée, et surtout lessivée par des individus considérés comme des chevaux de Troie.

De l’examen rapide des informations diffusées, il se dégage une volonté de toilettage prétendant s’inscrire dans l’esprit de tolérance zéro prônée par le Président de la République. Malheureusement, cette volonté n’est qu’apparente, car en approfondissant tant soit peu l’analyse, on se rend vite compte que le problème concerne en réalité les intérêts privés des individus et la sécurité nationale.           

            Dans sa livraison de jeudi 29 juillet, le Phare a, comme l’y contraint la loi, mis ses colonnes à la disposition d’un monsieur cité dans un article publié dans ses éditions antérieures. L’homme a saisi l’occasion  non pas pour éclairer l’opinion sur les faits mis à sa charge et qui expliquent qu’il vive aujourd’hui en cavale, mais pour brouiller les pistes en ouvrant plusieurs fronts. 

Objectif : gagner du temps, distraire la justice et profiter de la traditionnelle naïveté collective pour prendre le large. Accusé de détourner les ressources financières de la DGM, il engage une contre-attaque paradoxale en prétendant que ceux qu’il prive de moyens d’action s’enrichiraient dans le vide. C’est la première fois que l’on voit un homme dormir sur un matelas de dollars quand ceux-ci ont préalablement pris la destination des poches des agents véreux ! Plutôt donc que d’être sur un terrain juridique, on s’engage là sur celui du football où, chacun le sait, la meilleure défense demeure l’attaque. Mais le fait de lancer des contre-vérités à la figure du premier responsable de la Dgm ne peut permettre d’occulter les questions de fond, en voie aujourd’hui de prendre une tonalité plus dangereuse avec les effets sécuritaires qu’elles charrient. 

            En effet, au moment même où ces dénonciations sans preuves étaient distillées, plusieurs responsables nationaux des médias recevaient, non sans surprise, des accusations, toujours sans preuves, dans leurs boîtes e-mail. Celles-ci portaient sur les rémunérations et leur étaient adressées avec sollicitation insistante de les diffuser en les amplifiant.

            En auscultant la démarche, on se rend compte que l’objectif poursuivi n’est plus seulement de salir et déstabiliser la direction de la DGM, mais plutôt de réaliser un coup beaucoup plus large : le dérèglement des activités de cette branche importante de la sécurité nationale.  La démarche est empruntée à la Fonction publique dont la dernière grève semble faire des émules. Il s’agit d’injecter un esprit de mécontentement parmi les agents et obtenir de ceux-ci qu’ils laissent tomber les bras aux différents postes d’entrée de la République. Où tout peut ainsi entrer en dehors de tout contrôle : armes et munitions, miliciens, mercenaires, marchandises de contrebande, etc.

            Le moment choisi pour mener cette action de déstabilisation et de démobilisation ne semble pas relever du hasard. Un an avant les élections de 2011, le pays a besoin de se refaire une santé sur le terrain de la sécurité intérieure et aux frontières. La Ceni qui vient d’être officiellement placée sur orbite par le Chef de l’Etat ne peut mener à bien le processus électoral que si le contexte sécuritaire s’y prête bien. En tentant donc d’installer la démobilisation, notamment chez les personnes chargées de veiller sur nos frontières, on sonne la remise en question des actions engagées. Ceux qui s’adonnent à ce vilain jeu ne peuvent prétendre l’ignorer.  Leur initiative n’est donc pas qu’une simple faute. C’est de la haute trahison. Mais au profit de qui ? La question reste posée.

LP

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