Développement et éducation dans une nation en crise : pas de salut sans libération mentale

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J’aimerai commencer mon propos par une question qui peut paraître non sensée dans ce contexte où nous parlons du développement et nous semblons le vouloir par le fait qu’on veut en parler.

En fait, la question qui trottine dans mon esprit se formule précisément comme suit : le développement est-il possible dans des nations pauvres ? En fait, quand on regarde bien l’histoire, il nous semble qu’il est difficile aux pauvres de sortir de la pauvreté, il nous semble que le sous développement se porte toujours bien et conserve son bel avenir. Il nous semble que le sous développement embarque particulièrement notre pays dans la dégradation de notre milieu de vie. On n’a l’impression que rien ne progresse, au contraire, tout se sous développe.

Bien plus quand on fixe bien l’histoire des nations pauvres, il nous semble que celles-ci n’ont pas souvent l’initiative de parler de leur développement. Quand bien même les élites des pays pauvres y pensent dans des salons, elles obéissent souvent aux convenances des discours qui sont à la mode et qui viennent de l’Occident. Que dire ? Nous avons vu par exemple comment nous nous sommes embarqués dans les discours de la démocratie et de la bonne gouvernance. Depuis les années 90, les « maîtres » du monde ont dit et ce qu’ils ont dit est dit : « si vous voulez qu’on vous aide, démocratisez-vous. » Tel un vent qui souffle sur la cité, apportant une sensation de fraîcheur ou de chaleur et commandant un comportement approprié, la démocratie a soufflé et souffle sur l’Afrique en général et la République Démocratique du Congo en particulier depuis 1990. Ce vent qui a bousculé les certitudes et habitudes dans l’Orient européen a éveillé l’attention de nos compatriotes qui, sous le poids de l’histoire et des intérêts capitalistes, ployaient sous une dictature farouche, sanglante et meurtrière. Depuis lors, la démocratie n’est abordée que du point de vue sensationnel. Que dire9 L’Afrique a-t-elle eu l’initiative des discours mondialisants de l’écologie, de la protection de l’environnement ?

            Les pays d’Afrique, dont le nôtre, vivent encore en réaction par rapport aux discours occidentaux qui courent dans le monde. Nous avons dit démocratie, nous pouvons dire encore développement, écologie, environnement, c’est la même chose. Nous sommes encore là dans les objectifs mondialistes du millénaire. Peut-on se permettre de rêver un instant ? Et si l’Afrique, particulièrement notre pays, refusait les discours de l’Occident ? Et si La République démocratique du Congo refusait la démocratie? Et si notre pays refusait le développement ? Questions certes insensées pour plus d’un d’entre nous. Car, on a raison, peut-être de se dire, pourquoi chercher à refuser, et fustiger les évidences des temps actuels qui nous donnent à penser et à espérer le bonheur pour nos peuples.

            Pour nous toutes ces questions recèlent une force, celle qui nous pousse à déconsidérer les discours dans leur caractère obligatoire pour les saisir comme devoir en tant que jaillissant de notre propre conscience. En fait, ce dont nous avons besoin ici et maintenant, c’est d’abord la conscience du développement, la conscience de notre environnement, la conscience de notre terre. En effet, quand on regarde en profondeur la situation des pays pauvres, je me demande combien ont fait et font encore l’expérience de nouvelles exigences du monde actuel comme une volonté interne des populations. A-t-on déjà inventé un discours susceptible de nous mobiliser d’abord et d’arracher l’adhésion du monde ?

            Que faire ? Faut-il parler du développement de notre nation pour être à la mode ; pour montrer notre loyauté aux convenances mondiales en bon élève « des maîtres » du monde ? Pour être bien côtés par ceux qui nous promettent l’argent et l’assistance ? Ou le fait-on parce que la dynamique interne de notre pays l’exige? Le fait-on parce que notre conscience collective nationale nous y pousser ? Nous sommes là ballottés entre l’extériorité mondiale occidentale et notre fort intérieur africain et congolais qui vit tragiquement dans l’écart, récartement et l’évasion.

Ce que je crois

            Je voudrais montrer ici ce que doit être le point de départ de notre réflexion sur le développement de notre nation. 11 se situe dans le mental. Nous devons partir de la conviction selon laquelle le sous développement de notre nation est un phénomène historique. Inscrit à l’école des mentalités, nous apprenons avec le Professeur Kambayi Bwatshia que :

            « L’homme a été créé par la Nature Suprême pour qu’il vive dans ta suffisance et dans l’abondance, dans le bien, le beau, le bon et le vrai ; pour qu’il dompte, féconde et amplifie son habitacle. Il doit donc vivre et se développer normalement selon un processus qui est une fin en soi, pour un mieux être observable- quantitativement et qualitativement. Son développement nécessite un travail tenace et de longue durée sur lui – même, sur la nature, sur sa société. Ainsi, en toute liberté, pour son développement, il innove dans le domaine des institutions politiques, économiques et socio – culturels, dans le but de permettre à sa société d’opérer la croissance et le progrès à la fois mesurable et quantifiable.

            … Le sous-développement de plus de trois quarts de l’humanité est un phénomène historique datable dû au processus de la mondialisation qui a commencé du XVlème siècle à nos jours en passant par (a colonisation. Ainsi, je peux facilement dire que le sous développement des «pauvres» ne s’explique nullement par leur retard, technique ou technologique ou encore économique face aux pays développés, mais par l’avènement de l’événement «mondialisation» en Afrique, en Amérique du sud et en Asie. Les fausses évidences tenaces dans les mentalités des populations sous – développées induisent, ces dernières en erreur pour croire que les réalisations techniques et le savoir technologique des pays occidentaux d’Europe et de l’Amérique du nord sont, non seulement les meilleures, mais elles seules sont, pensables et par conséquent, traduisent des modèles de réussite industrielle et technologique. On pense même qu’il suffit simplement de transférer, d’inculquer, voire imposer « les techniques blanches » aux pays pauvres pour faciliter le « décollage » de ces derniers vers le « développement » ; pour faciliter le « rattrapage. »

            II est aisé aujourd’hui de démontrer que le sous – développement et la pauvreté de plus de trois quarts de la population de la planète ne sont pas des phénomènes dus à la nature… La pauvreté est, au bout de la réflexion, la face cachée du colonialisme néo-libéral qu’on appelle aujourd’hui la mondialisation. »

            C’est clair, la chute de notre pays vers des conditions inhumaines où tout est dégradant, est un phénomène qui a commencé à un moment dans notre histoire. Nous savons tous que notre nation a connu des moments prospères, mais vite notre prospérité s’est transformée en douleur et misère des peuples. Nous savons que notre pays n’a pas toujours été en guerre, nous ne sommes pas une nation guerrière. Les anciens pensent de manière nostalgique à Léopoldville, à Elisabethville… Ah ! Que tout était bien beau dans ce pays où nos villes, nos villages donnaient la joie de vivre et faisaient la fierté d’être même congolais. Malheureusement, il y eut quelque chose, des événements qui sont datables et explicables qui nous ont précipités dans le gouffre où tout semble être livré à l’usure du temps. Les choses vieillissent et se dégradent dans ce pays en apportant des phénomènes nouveaux que nous déplorons presque sans défense en attendant souvent l’intervention et l’aide extérieure. Nous en sommes ainsi arrivés aux phénomènes croissants des enfants soldats, des enfants travaillants dans des carrières, à la pauvreté toujours croissante, à la destruction du tissu économique… Tous ces phénomènes sont datables et doivent nous pousser à regarder notre histoire et tirer des leçons.

            Je pense ainsi je croîs fermement que notre pays doit particulièrement sortir du chemin des obligations et des discours que la mondialisation saupoudre dans nos esprits pour penser en toute liberté nos problèmes et ce que doit être notre développement. Il doit sortir de fausses évidences de la mondialisation qui nous dispersent et nous éloignent de nos préoccupations pressantes qui, si elles sont inscrites dans le schéma mondialiste, nous poussent tel un malin génie à penser qu’elles ne doivent s’appréhender que selon le modèle et schème de pensée de l’Occident. Prendre conscience de cela, c’est emprunter le chemin qui nous conduit à la conscience et au devoir du développement pensé pour nous et par nous sans contrainte extérieure.

Du devoir du développement

            L’indépendance de notre pays et sa gestion correcte passent nécessairement par la formation des consciences au sens du devoir. En effet, on sait qu’il y a une différence nette à percevoir quand on fait des choses par obligation, par contrainte extérieure et quand on agit dans le pays par devoir. Et là, on n’a pas besoin de discours qui attestent et indiquent ce qu’on fait de son pays ; car seules les choses qui nous entourent et les événements qui arrivent dans le pays parlent. Nous savons tous percevoir en voyant la situation politique, économique et sociale de notre pays, en voyant notre environnement, nous savons lire ce que les choses disent : développement ou du sous développement. C’est le devoir qui va faire que les choses et les événements du pays parlent en faveur des populations quand bien même les politiques se mettraient dans une situation où ils se priveraient du discours.

            En fait, il y a une chose qui me tracasse ces jours-ci quand je pense à l’avenir de notre pays. Si on fait un recul jusqu’en 1998, cette année 2008, nous avons dix ans de guerre. En prenant seulement une portion de la population, celle de l’est, la guerre a élu domicile dans son esprit car elle est en permanence en face d’elle depuis dix. Et d’ailleurs tous le pays vit presque à ce rythme d’instabilité. Dans ce contexte, nous savons que beaucoup d’enfants n’ont pas étudié. Ceux qui sont nés depuis 1998, ont dix sans peut-être eu la chance d’aller à l’école. Leurs aînés de quelques années ont pris les armes. Et même ceux qui sont allés à l’école et y vont maintenant par intermittence ne sont pas différents. Tous sont marqués par l’état de guerre qui risque d’être normal faisant ainsi du mal dans notre pays, une banalité. Pour ces enfants, les armes n’évoquent pas la tragédie, mais une banalité. Ils ont vingt ans maintenant ou en auront dans quelques années sans avoir bénéficié réellement des fondamentaux du citoyen.

            Et à côté de cette catégorie d’enfants, il y a aussi ceux qui exercent des activités dans les zones minières. Ils sont nombreux, dans les provinces du Katanga, dans les deux Kasaï dans la province orientale… ils ont abandonné l’école et forment une grande catégorie de la population qui risquent de conduire le pays dans une gestion artisanale sans une vision claire et prospective de notre pays, tout s’arrête au peu qu’ils gagnent et dépensent aussitôt gagné. Que doit-on attendre de ces genres d’enfants qui ont perdu leur enfance en vivant en dehors de toute protection et des normes élémentaires des droits de l’enfant dont l’éducation ?

            Comment ces genres d’enfants peuvent ne pas prendre les armes contre leur pays ? Est-ce simplement parce que la Constitution l’interdit et le considère comme un acte de haute trahison ? Comment peuvent-ils ne pas brader le patrimoine du pays contre des intérêts éphémères ? C’est au sein de ces multiples interrogations que nous tirons la conviction que l’homme du devoir se forme et que si nous voulons un Congo prospère et développé, il convient dès maintenant de prendre au sérieux la formation de tous les enfants congolais. Cet homme qui a conscience du devoir qu’il a envers son pays ne vient pas du ciel comme un messie avec une mission précise de Dieu, 11 n’advient pas dans un pays comme une génération spontanée, mais il devient à travers un travail sérieux sur son esprit. C’est cela l’éducation.

            Former un enfant, c’est l’éduquer pour sa terre, pour sa patrie dans sa gestion comme dans sa conservation et son développement. Il appert ainsi qu’en voyant l’expérience de notre pays plein d’enfants de la génération de la guerre, plein d’enfants livrés au travail périlleux des mines, il est impérieux d’inoculer dans les esprits montants l’antidote de la guerre et la conscience du développement. Nous avons vécu la guerre comme étant une imposition de l’extérieur; nous avons vu en 1998 comment les jeunes se sont levés tous azimuts pour qu’elle rentre d’où elle est venue. Et maintenant encore quand il y a quelques foyers de guerre, nous sommes toujours portés à penser que la guerre vient d’ailleurs. C’est peut-être vrai. Et nous voyons encore comment le pays se transforme en carrière dont les enfants constituent une grande partie de la masse des mines qui offrent un spectacle désolant à nos zones minières. Nous voyons comment ces enfants sont à la merci des expatriés qui les exploitent en achetant carrément leur force physique. Mais l’important, me semble-t-il, ne doit pas être un arrêt sur ce constat en caressant l’idée d’être victime pour arracher le regard et l’attention de la communauté internationale. L’important, c’est de répondre à la question : qu’est-ce qu’on a fait de ce qu’on nous fait subir ? Sinon, nous risquons de donner une longue vie à la génération de la guerre et aux enfants de la guerre qui enfonce le pays dans le sous développement.

            Ainsi, notre pays doit commencer une réforme mentale de l’homme en le formant à la paix pour espérer avoir les fondamentaux du citoyen. Car maintenant que nous avons des générations qui n’ont pas été éduquée à la gestion et la protection du patrimoine laissé par nos aïeux, soit parce qu’ils sont en guerre, soit parce qu’ils travaillent déjà dans les mines, il me semble que l’espoir en l’avènement de la bonne gouvernance et du développement est un rêve toujours lointain. La deuxième République a perverti ses enfants par la dictature et la destruction du système éducatif, la République qui a commencé est plein des enfants de la guerre et d’enfants anormaux, des enfants déjà adultes qui risquent d’ici quelques années, si cela n’a pas déjà commencé, nous faire vivre la banalité du mal : criminalité, viol, vol, exploitation, bradage du patrimoine… qui nous conduisent tout droit vers le sous développement.

            Si on peut dire que les enfants congolais sont pervertis par la guerre et la pauvreté et si on ne peut rien espérer d’eux, il me semble qu’il y a encore parmi eux certains qui gardent encore leur lucidité. En effet, la misère ne nous a pas tous enivrés ; il y a encore des gens qui peuvent penser et inventer l’antidote de la guerre et de la pauvreté pour former des citoyens dont on peut espérer la bonne gouvernance et le développement. C’est le sens du devoir pour son pays qui doit être cultivé pour que les citoyens passent à l’avant plan l’intérêt de la nation et le respect de la dignité des autres.

            Quand on regarde notre système éducatif et nos programmes, il est clair qu’on ne voit pas très bien pourquoi on étudie, pourquoi nos enfants vont à l’école, pour quelle fin, les matières sont enseignées ? Et d’ailleurs pourquoi on peut s’acharner à arracher les enfants de la guerre et des activités minières ? Que doit-on faire d’eux ? Notre éducation est portée, là où c’est sérieux, à répondre à l’appel de l’extérieur occidental dont on pense qu’il est la référence ultime. Nous sommes dans un système qui forme des sentinelles des intérêts des « maîtres » du monde, ce qui nous maintient dans le sous-développement et nous fait souvent penser qu’il est impossible d’en sortir.

            Si à l’ère du boom industrielle en Occident, les enfants se sont retrouvés dans les écoles pour être épargnés du travail des usines et recevoir une formation pour contribuer à la promotion de l’industrie, maintenant, dans notre pays spécialement, les études de nos enfants contribuent à quoi ? Et maintenant que nous voulons démobiliser les enfants des groupes armés et des activités minières, les études vont leur servir à quoi ?

            Depuis des lustres, nous avons un système qui répand non seulement dans les esprits des enfants les préoccupations de l’Occident mais surtout de vieux problèmes. Pour nous qui devons faire le passage de l’obligation au devoir de la bonne gouvernance et du développement, il est plus qu’urgent de tout réformer pour actualiser notre éducation par rapport à la gestion, à la protection et au développement de notre patrimoine. C’est de là que jailliront les fondamentaux du citoyen qui préparent nos enfants à la bonne gouvernance et aux initiatives de développement comme une exigence interne et propre à nous.

            La formation des citoyens ne passe pas seulement par le civisme dans le programme éducatif, mais elle traverse tous les cours en fléchissant leurs préoccupations vers notre terre, notre patrimoine. Certes, elle passe plus fondamentalement par des cours idéologiques dont le plus grand et qui prend beaucoup d’heures dans notre éducation est le français. En effet, si déjà le choix des textes répond à une idéologie, une vision du monde… l’appel qu’elle plante dans les consciences n’y est pas moins très relatif. Pour ma part, je rêve d’une éducation où l’esprit nationaliste et patriotique est inoculé dans les têtes des enfants depuis l’école maternelle jusqu’à la fin de l’université tout simplement en partant des thèmes choisis et préoccupations exprimées dans toutes les filières de l’éducation.

            Pourquoi par exemple étudier «un nègre à Paris» quand il est urgent de scruter la conscience des enfants en guerre dans ce pays où la « guerre est devenue longue et populaire » ? Pourquoi passer trop de temps en analysant Simone de Beauvoir « la maternité n’était pas mon lot», dans les classes terminales des humanités quand il est impérieux de fixer les valeurs de la femme noire, femme africaine dans les esprits de nos adolescents enivrés par le courant mondialiste du gender qui veut noyer l’Afrique dans les valeurs occidentales ? C’est là qu’on voit que, sans peut-être le savoir, nos systèmes éducatifs d’Afrique sont des relais des idéologies occidentales qui pervertissent nos enfants en les détournant des préoccupations brûlantes de nos terres. Cela reste vrai même dans les cours tels que l’histoire, la géographie qui donnent le goût d’aller voir l’Occident parce qu’on en parle beaucoup, alors que nos enfants ignorent complètement notre patrimoine historique et géographique. Que dire de l’histoire de notre indépendance, de nos héros, de nos martyrs ? Que des versions sur des choses sacrées de la nation qui permettent ainsi la dispersion et l’évasion même dans l’ignorance. C’est ainsi finalement que, de nos héros, de nos martyrs, les enfants congolais, voire ceux qui sont devenus autorités, ne connaissent presque rien et demeurent simplement dans l’illusion de connaître. Chacun a sa version.

            Comment peut-on penser au développement de notre pays quand l’éducation pervertit le mental de nos enfants en les orientant complètement vers les préoccupations qui ne sont pas nôtres ? II nous faut une éducation du développement qui consiste principalement en la formation  de  nos   consciences  d’abord  pour  nos  terres,   notre  patrie,   notre  nation,   la République Démocratique du Congo.

Conclusion

 

J’aimerais conclure en prenant appui sur Jean Paul Sartre, qui, dans la critique de la raison dialectique, dit : « l’essentiel n’est pas ce qu’on fait de l’homme, mais ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui. » C’est au sein de cette dialectique du « subir » et de « l’agir » que notre réflexion sur le développement et l’éducation doit se déployer. S’il est vrai que les pays pauvres, dont le nôtre, vivent l’appel à la démocratie, à la bonne gouvernance et au développement comme des impositions extérieures, il n’est pas moins vrai aussi qu’ils peuvent transformer la situation en se faisant une discipline intérieure par rapport à eux mêmes. « Oui dit développement, dit projection et prospective. Et il n’y a pas de terme qui se marie mieux avec le développement que le terme conscience. En effet, on ne développe pas, on se développe. Il n’est de développement réel qu’organique, c’est-à-dire branché sur des racines puisant en soi d’abord, et ailleurs ensuite, les éléments de son propre accomplissement. » (Ki-Zerbo) II est donc impérieux d’inventer l’école dans notre pays, en considérant que les enfants congolais sont soit marqués mentalement par la guerre, soit emportés dans des activités lucratives dans les zones minières ou autres, soit livrés à une éducation qui n’indique pas clairement son sens et sa direction.

Pr Kambayi Bwatshia