Deux faux agents mis hors d’état de nuire

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Le rond-point Victoire, le quartier populeux d’affaires de Matonge où se concluent des marchés de toutes natures, connaît depuis des années et à l’ombre de certains regards, des cas d’interpellations  sanctionnés  par des vagues d’extorsions.

Prisé pour son affluence permanente, ce quartier est le nouveau berceau  de braquages qui se commettent sous les apparences trompeuses de son train-train habituel. Alors que les boutiques d’habillement, de vente des téléphones et autres accessoires, des articles de traite, boulangeries et restaurants en plein air, ne désemplissent pas, les clients affluent et s’approvisionnent. Et à quelques mètres des arrêts de bus, de taxis et des motos, se postent des membres de réseaux de malfaiteurs encadrés par des déserteurs et anciens voleurs qui imposent leur loi.

Mlle Mayimona, 30 ans, vendeuse de mèches habitant Yolo, en a fait la triste expérience, la semaine passée. A peine, elle venait d’acheter quelques fruits devant un étalage des pommes, qu’un jeune garçon lui a signalé qu’on l’appelait par une de ses connaissances. S’étant rapproché de l’inconnu pour savoir les motifs de son interpellation, Mayimona apprendra que le fameux interlocuteur frisant la quarantaine, faisait étrangement partie d’une équipe des agents du «  Bureau 2 », chargés de fouiller les sacs, colis et autres biens transportés par des piétons. Ils sont déployés à travers les marchés, les quartiers d’affaires et autres centres commerciaux de la ville de Kinshasa, pour y effectuer des missions de contrôle.

Elle panique et dévoile le contenu de ses sacs:  des accessoires de maquillage, quelques paquets de mèches, des pommes, deux téléphones et des billets de banque dont 20.000 FC et 75 dollars. Chef, viens contrôler, crie l’inconnu. Un membre de sa bande accourt et s’intéresse aux téléphones et fouille dans les fichiers, les images et autres vidéo. Laissant défiler les photos et les vidéos d’un mariage, il pointe trois individus qu’il désigne comme étant des personnes suspectes recherchées par les services depuis des années et qui avaient disparu dans la ville de Kinshasa.

Subterfuge de contrôle et vagues d’extorsions à Matonge

«Allons au bureau !» tonne l’inconnu décidé à la soumettre à un interrogatoire serré.

Après un semblant d’interrogatoire, ils proposent d’arracher les deux téléphones, ainsi que les 75 dollars pour clore ce dossier et relâcher leur victime. La jeune dame cède aux menaces. Et le groupe disparait aussitôt sans laisser des traces.

Sompa Longi Edouard, planteur à Kasangulu en séjour à Kinshasa, a été lui aussi interpellé par une autre bande des agents. Il était 19 heures au rond-point Victoire. Il avait perdu un téléphone et une somme d’argent destinée à acheter des marchandises à ramener dans le Kongo central.

Après des épisodes de contrôle de ces bandes doublés d’extorsions, le commissariat urbain de la Funa a traqué ces malfaiteurs. Deux seront appréhendés au moment où ils fouillaient les effets d’un quinquagénaire. La victime avait toutes ses pièces d’identité en ordre, tandis que les deux délinquants n’en disposaient pas. Mis aussitôt aux arrêts, ils seront identifiés comme des civils. L’un s’appelait Blanchard Mbamba Ndondele, et était domicilié sur Popokabaka n° 53, à Kasa-Vubu. Son complice José Dilu Mawanga, lui demeurant sur avenue Befale n°47, dans la même commune, a reconnu les forfaits de la bande.

Selon des enquêtes menées par la police, ces deux civils se sont révélés de faux policiers, donc «  faux agents du Bureau 2 ». Leurs victimes ne se comptent plus.

Aujourd’hui, le commissariat urbain de la Funa continue à rechercher les autres bandes opérant à Kalamu dont le secteur de prédilection, est le rond-Point Victoire.

                                                                                                       J.R.T.