Détournement de la redevance logistique terrestre au Département des Ports maritimes de la SCTP : Dikenda contre-attaque et cloue Tito Umba au poteau

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scpt_ocpt_rdc_batiment_bd_30_juin_500px (1)Il s’observe depuis plus d’un mois une vive tension entre d’une part l’Administrateur Directeur Général ai de la SCTP, Tito UMBA-di-MALANDA et le Directeur du Département des Ports Maritimes, Jean-Pierre DIK ENDA, et de l’autre l’ADG précité et le Président du Conseil d’Administration, Me MWENZE NKULU.

 A l’affiche : le détournement de la Redevance Logistique Terrestre au Port de Matadi.  Affaire, du reste, relayée par bon nombre des confrères, incriminant principalement le Chef des Ports Maritimes.

Une solution salutaire pour le Chemin de Fer de la SCTP

En 2012, suite aux énormes difficultés qu’éprouve la SCTP, et aux fins de lui permettre de relancer l’exploitation ferroviaire, le gouvernement avait institué, par l’arrêté interministériel n° 004/CAB/MIN/TVC/2012 et n° 557/CAB/MIN/FINANCES/2012 du 12 septembre 2012 une taxe spéciale,  la Redevance Logistique Terrestre  (RLT) au profit exclusif de la SCTP Sarl (ex ONATRA), et dont les recettes sont affectées à l’acquisition des locomotives et à la réhabilitation de la voie ferrée entre Kinshasa et Matadi. Une mesure salutaire pour ce canard boiteux des transports, au vu du pactole attendu (450 USD pour un container de 40 pieds et la moitié, soit 225 USD pour celui de 20 pieds).

Et en vue d’assurer  son  exécution dans la transparence, il a été mis sur pied un Comité de Suivi de la perception et de l’affectation des recettes de la redevance logistique terrestre, comprenant les délégués de la Primature, des Ministères concernés (Budget, Finances, Transports et Portefeuille) et la SCTP, suivant Arrêté Interministériel n° 112/CAB/MIN/TVC/2012 du 5.12.2012 et 614/CAB/FINANCES/2012. Chacune des structures devant designer son ou ses représentants :  C’est ici que s’est produit le premier couac à la SCTP.

Usurpation des pouvoirs

En effet, unilatéralement et sans jamais consulter le Conseil d’Administration, comme le prévoit l’article 3.10 alinéa 2 de l’acte de délégation des pouvoirs stipulant que «l’engagement et la gestion des cadres de commandement relève de la compétence exclues du Conseil d’Administration qui en apprécie l’opportunité », l’Administrateur Directeur Général va désigner, par les notes n°395/SCTP-TRANSVC/12, n°1763/SCTP-DG/12 et 2296/SCTP-DG/2012, le Directeur de Département MANANGE et MOLISHO ainsi que les Sous-Directeurs DIUMU et LOKOY.

Le Président du Conseil d’Administration ne tardera pas à réagir (lettre n°022/PCA-SCTP/DG/GNM/01/2013 du 22.01.2013) en rappelant à Tito UMBA qu’il était hors de question pour lui de s’arroger les pleins pouvoirs quant à la gestion des cadres dirigeants, domaine réservé au seul Conseil d’Administration, comme le prévoit les textes. Mais, l’ADG ai passera outre ses remarques et observations.

Dans sa lettre, le PCA relèvera aussi le risque des conflits de compétences qu’il y avait car, outre le volet redevance logistique terrestre, l’ADG leur avait également confié des taches supplémentaires (suivi des exploitations et du fonctionnement des Ports Maritimes, le suivi de la mise en conformité des Ports Maritimes au Code ISPS), puisant en cela dans les attributions mêmes tant du Directeur de Département des Ports Maritimes que dans celles des PFSO.

Ces désignations susciteront également une réaction énergique de la part de Mr DIKENDA, Directeur du Département des Ports Maritimes, par la note n°011/61-00/DAF/DPM/2013 du 14.01.2013, lésé du fait qu’on lui eut produit une doublure, de par les attributions.

Découverte d’un réseau maffieux

 Dans cette situation de « monstre à 2 têtes » ce que l’on redoutait le plus est arrivé : la découverte d’un réseau mafieux, par le Directeur du Département des Ports Maritimes, Jean-Pierre DIKENDA, qui, ayant remarqué certaines incohérences dans la perception de la redevance, a diligenté en date du 16/04/2014 un audit sur la redevance logistique terrestre (RLT) auprès de la Banque International de Crédit.

A la même date, et à la suite de la découverte des faux bordereaux de paiement de la redevance logistique terrestre, le Directeur du Département des Ports Maritimes a saisi, dans un rapport verbal l’Administrateur Directeur Général ai, rapport verbal qui sera suivi d’un rapport écrit le 23/04/2014 (lettre n°088/16-10/DG/DPM), après avoir au passage saisi le Parquet Général Prés de la Cour d’Appel de Matadi par le PV d’information n°080/BEK/080-14/DE-SDPBC/2014, qui sera sanctionné par la Réquisition d’information n°394/RMP/3793/PG080/2014/KAM du 22.04.2014. Notons qu’à cette date, l’audit avait décelé plus de 210 faux bordereaux de versement, avec l’implication de quelques Agences en Douanes. De son coté, le Parquet Général avait procède à l’arrestation de certains agents de la SCTP et des déclarants en douane, fruit de la découverte de ce détournement par l’audit diligenté par DIKENDA et exécuté par le Sous-Directeur BOMBO et l’Inspecteur PHOBA.

 Malgré les 2 deux rapports, verbal et écrit, émanant du Département des Ports Maritimes, l’ADG de la SCTP ne saisira le Conseil d’administration que le 20.05.2014, soit 1 mois et 1 jour après la découverte de ce détournement, alors que l’information lui a été transmise le même jour, lettre dans laquelle  il va pointer du doigt le Directeur de Départements des Ports Maritimes, Monsieur DIKENDA comme étant le seul et principal responsable.

Dans ladite correspondance, il incrimine ce dernier en l’accusant d’avoir fait obstruction au travail du Comité de Suivi, ne reconnaissant nullement que c’est le même DIKENDA qui a découvert le « pot aux vers », demandant à demi-mot son remplacement à la tête dudit Département, ainsi que la suspension des cadres et agents concernés par cette affaire. Non sans égratigner au passage le Président du Conseil d’Administration d’avoir pris le parti du Chef du Département des Ports Maritimes, à la suite de la nomination des membres du Comité de Suivi.

« Fuite en avant pour brouiller les cartes »

« Du berger à la bergère »,  la réponse du Président du Conseil d’Administration ne se fera pas attendre, en qualifiant de « fuite en avant » la réaction tardive, 1 mois après jour pour jour, de l’ADG ai Tito UMBA, ce, au travers les observations suivantes :

1) les membres du Comité de Suivi désignés par l’ADG ont bel et bien continué a exercer jusqu’à ce jour les attributions leur confiées, il en avait pour preuve les divers Ordre de Mission, ce qui semblait contradictoire aux affirmations de l’ADG, lequel accusait le Chef du Département des Ports Maritimes de les avoir récusés. De ce point de vue, ils étaient eux  aussi tenus pour responsables de cette situation et dont ils devaient répondre.

2)         pourquoi s’être obstiné  à maintenir la désignation des membres du Comité de Suivi, malgré les observations du Président du Conseil d’Administration ?

3)         Pourquoi avoir attendu pendant 1 mois avant de saisir officiellement le Conseil d’Administration, en demandant la suspension des agents incriminés, en violation flagrante des dispositions de l’article 72 alinéa 4 de la loi n°015/2002 du 16/10/2002 portant Code du Travail, la suspension des fonctions « est notifiée au travailleur dans les 2 jours ouvrables après avoir eu connaissance des faits » ?

            En conclusion, le Président du Conseil d’Administration se demandait si la démarche amorcée par  l’ADG ai Tito UMBA n’était pas destinée d’une part à brouiller les cartes et de l’autre de régler les comptes à certaines personnes (DIKENDA en particulier) pour se disculper. Ainsi, pour le Président du Conseil d’Administration, et il ne s’en cachait pas, l’ADG ai Tito UMBA est tenu pour le seul responsable.

DIKENDA enfonce le clou

Et, comme si cela ne suffisait pas, le principal concerné, le Directeur du Département des Ports Maritimes, Jean-Pierre DIKENDA a enfoncé le clou dans une lettre incendiaire, dans laquelle, non seulement il dégage sa responsabilité, mais fait éclater au grand jour la hargne de l’ADG a.i à son endroit en même temps qu’il incrimine de plus en plus celui-ci, en rapport avec la gestion de la Redevance Logistique Terrestre, en relevant ce qui suit:

1) Ce n’est pas l’ADG a.i qui est à l’origine du déclenchement de l’opération ayant conduit au démantèlement du réseau maffieux usager des faux bordereaux de paiement de la collecte de la Redevance Logistique Terrestre (RLT), comme a semblé le prétendre dans sa lettre au PCG. Et que, c’est plutôt sur l’initiative et sous l’instruction de DIKENDA qu’une enquête a été ouverte par la Police de la SCTP/Bas-Congo, enquête ayant abouti à la confirmation des faits en date du 19 Avril 2014. Donc, de la malhonnêteté intellectuelle de la part de l’ADG a.i

2) Saisi le même jour dans un rapport verbal, avant que celui écrit lui parvienne le 23 Avril 2014, l’ADG a.i ne réagira que bien plus tard dans une démarche en Direction du Conseil d’Administration. Que cache en réalité ce long silence ?

3) Contrairement aux affirmations de l’ADG a.i, l’accusant d’avoir récusé les nombres du Comité de Suivi (MANANGA, DIUMU et LOKOY), le Département des Ports Maritimes avait écrit à l’autorité(lettre n° 11/61-00/DAF/DPM/2013 du 14/01/2013 mentionnée dans celle de l’ADG a.i non pour récuser qui que ce soit, mais plutôt pour lui demander la différence entre les attributions telles que confiées à ce comité et les tâches révolues au département des Pots Maritimes et au PFSO/Port de Matadi. Quoi de plus normal que la recherche des éclaircissements ;

4) Le vocable malversation, employé par l’ADG a.i prête à confusion, dans la mesure où la malversation renvoie spécialement à un détournement des fonds dans l’exercice d’une charge, d’un emploi ou dans l’exécution d’un mandat, alors que dans le cas d’espèce on parlerait plutôt d’une supercherie (tromperie qui implique généralement plutôt la substitution du faux à l’authentique) organisée par un réseau des fraudeurs faisant recours à de faux documents de paiement de la Redevance Logistique Terrestre.

5) L’utilisation de ressources générées par la RLT est subordonnée à l’autorisation préalable des Ministres ayant les Transports et Voies de Communications, ainsi que des Finances dans leurs attributions. Mais, à noter que plus d’une fois des mouvements de comptes bancaires de la RLT étranges ont été observés et après information auprès des banques, il en ressortait que c’était l’ADG a.i le donneur d’ordres (cfr compte RLT CDF n° 36000186421-42 de la BIAC/Matadi de l’ordre de 1.845.000.000 FC et lettre n° 276/61-00/DDF/DPM/2014 du 08/05/2014)

            Dans le même ordre d’idées, il a souligné que les fonds de la RLT sont également versés dans des comptes SCTP ouverts à la BYBLOS BANK, qui est aussi une Banque connectée au Guichet Unique, mais n’ayant pas de Succursale à Matadi. Donc, des fonds échappant à la connaissance et au contrôle du Département des Ports Maritimes. Pour quel dessein ? Sans parler de la perception de la RLT pour les contenus en transferts d’office ou ceux en régime Port à Percevoir (PAP), à se demander si les fonds collectés sous ces deux régimes de paiement prennent la destination correcte !

            Une autre crainte : les fonds générés par la collecte de la Redevance Code ISPS, et dont la responsabilité incombe au siège de la SCTP ! Ne peuvent-ils pas connaître un détournement, du fait de l’opacité dans leurs collectes et gestion. Un audit s’impose !

‘’Un chemin jonché des peaux de bananes et des épines’’

            Pour le Directeur du Département des Ports Maritimes, Jean-Pierre DIKENDA, profitant de cette tribune, l’occasion de rappeler la haine, la hargne de Tito UMBA-di-MALANDA, l’ADG a.i, à son endroit en multipliant les peaux de bananes et épines sur son chemin managérial ce, depuis plusieurs années, et pour cause ? Tenez :

1) L’ADG a.i a toujours cherché à casser l’élan de productivité de DIKENDA afin de l’empêcher à réaliser des performances, notamment :

–           En interdisant dans une lettre le trafic des containers au Port de Boma, alors qu’à l’époque où il était lui-même Directeur Coordonnateur à Boma, il se battait pour que des containers soient traités à Boma ;

– Il a changé la clé de répartition de recettes de transit du Port de Matadi passant de 65 % à 51 % pour le Port de Matadi, afin de l’asphyxier dans son fonctionnement. Mais, paradoxalement, malgré la grosse part transférée à Kinshasa (USD 22.639.853 pour les 4 premiers mois de l’année 2014), l’ADG a.i ne parvient toujours pas à payer régulièrement le personnel (2 mois d’arriérés pour les uns). Ce qui justifie la grogne permanente des agents, situation qui risque de lui coûter cher après ces élections syndicales au cours desquelles ses alliés ont essayé une cuisante déroute !

2) Des missions d’audits à tout rompre qui saignent la trésorerie de l’entreprise. A titre illustratif, une mission d’audit, composée de 10 personnes (dont 4 extérieures) a passé ± 3 mois (pour un coût dépassant 1.000.000 USD au titre des frais de mission logistique et autres, quel gâchis !). Sans rien trouver : Le nombre total de missions d’audit s’élève à ± 20 pour la seule année 2013.

            Jusqu’à diligenter une mission pour auditer la gestion de DIKENDA pour la période allant de 2007 à 2012, du temps où il l’avait remplacé au Port de Boma : inimaginable ! Quand on réalise que, pour lui, ayant géré tour à tour le Chantier Naval/Boma et le Port de Boma pendant plus de 10 ans, aucun audit n’a été diligenté.

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